PME : quand et comment faire appel à un interprète 

Par 18 novembre 2018 à 13:11 | 200 vues

©Getty

« J’ai abandonné les États-Unis », déclarait le président américain Jimmy Carter lors d’un voyage officiel en Pologne, en 1977. C’est du moins ce que lui fit dire un interprète peu compétent. Traduire instantanément, par exemple lors d’une négociation commerciale, n’est pas donné à tout le monde et peut même mener au fiasco. Autant se tourner vers des gens dont c’est le métier.

 

L’interprétation simultanée : un vrai métier

 

Tout d’abord, savez-vous ce qui différencie le traducteur de l’interprète ? C’est simple : les agences de traductions travaillent essentiellement par texte écrit tandis que le second traduit oralement les propos. On peut donc dire que l’interprète est aussi un « traducteur » (au sens où il traduit), tandis que les traducteurs ne sont pas tous des interprètes. Loin de là.

 

L’interprétation est un métier très spécialisé, reposant sur un savoir-faire spécifique et une vaste culture générale. Dans notre pays, on devient interprète au bout de cinq années d’un parcours exigeant, bien nécessaire pour acquérir des automatismes, une capacité d’anticipation, une forte résistance au stress et l’aptitude consistant à écouter et parler en même temps.

 

L’ interprétariat, aussi pour les PME !

 

L’interprétation est-elle pour autant réservée aux grandes organisations internationales, telles que l’OTAN ou l’Union européenne ? Certes non : négociations commerciales, accueil de fournisseurs, conférences de presse, différends juridiques… Les interprètes professionnels servent aussi de traits d’union entre des entreprises et leurs partenaires étrangers lors d’échanges qui requièrent une communication sans faille.

 

Une large gamme de formules

 

On recense quatre types de prestations d’interprétation, dont la plus courante est l’interprétation simultanée. Dès qu’elle s’adresse à plusieurs personnes, elle requiert une installation audio appropriée. L’interprète traduit en temps réel dans un micro, tandis que l’assistance écoute au moyen d’un casque individuel, où chacun choisit son canal. Pour plus de confort, l’interprète est installé en cabine, où il peut travailler à l’abri des nuisances sonores.

Forme particulière de l’interprétation simultanée, l’interprétation chuchotée se prête aux dialogues impliquant un nombre réduit de personnes. L’interprète prend place aux côtés d’un participant et lui chuchote la traduction à l’oreille.

L’interprétation consécutive, quant à elle, consiste à restituer a posteriori les propos d’un locuteur. Bien souvent, l’interprète note et prend la parole quand l’intervenant a fini de parler.

Enfin, dans le cas de l’interprétation de liaison, l’interprète se tient au milieu du groupe et traduit, phrase après phrase, les propos des uns et des autres. Un exercice particulièrement adapté aux négociations commerciales.

Au-delà de l’interprétation elle-même, il ne faut pas négliger la dimension logistique de l’événement. Surtout dans le cas de la traduction simultanée, il y a du matériel technique à prévoir. Et la question peut se révéler assez complexe, au point de requérir la présence d’un ou de plusieurs techniciens.

En fonction du déroulement de l’événement, du nombre de participants et du type d’interactions entre eux, on prévoira ainsi des micros pour tous ou seulement pour l’orateur principal. S’il s’agit d’une visite guidée, par exemple, il faudra prévoir du matériel portatif.

Quelques conseils pour terminer :
  • S’y prendre à l’avance afin de réserver les interprètes et le matériel le plus tôt possible ;
  • Prendre tous les renseignements utiles auprès des organisateurs de l’événement : horaire et durée exacts, déroulement, sujet, superficie de la salle, nombre de participants, langues étrangères et, si possible, le budget disponible ;
  • Fournir des documents préparatoires aux interprètes : un dossier sur le sujet traité, les éventuelles présentations PowerPoint, un site web de référence, un glossaire, la biographie des intervenants, etc. ;
  • Installer correctement les interprètes, avec une vue sur les intervenants et, à défaut, un bon retour vidéo. En l’absence de cabine, on leur prévoira une place à l’abri des nuisances sonores ;
  • Choisir le matériel adapté à l’événement : faut-il casquer le public ou prévoir une retransmission de l’interprétation dans la salle ? L’orateur doit-il s’exprimer dans un micro-main, à un pupitre ou lui faut-il un micro-cravate ?

 

Prendre contact avec l’auteur :

Ania Barbé, CEO Ubiqus Belgium

Tél.: +32 2 725 23 70 – abarbe@ubiqus.com

 

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