SDG : la boussole des entreprises pour un développement soutenable

Par Johan Debière  - 21 janvier 2019 à 08:01 | 487 vues

Lutter contre le réchauffement climatique, les inégalités sociales, les discriminations de genre ou de race ou la faim : les entreprises répondent désormais « présent ». Une évolution qui semble inscrite dans une belle dynamique depuis la publication par l’ONU des Sustainaible Development Goals (ou SDG).

Ces SDG, dont on a beaucoup parlé cette année dans le monde entrepreneurial, consistent en 17 chantiers que chacun s’attache à faire progresser, à son niveau et selon ses moyens, là où l’on est le plus efficace. « Qu’il s’agisse de poursuivre la ‘faim zéro’, l’égalité entre les sexes ou la production et la consommation responsables, tous ces objectifs ont du sens pour nos membres. Ils permettent d’orienter leurs actions de manière proactive », indique Gaëlle Janssens, chargée de relations au sein de The Shift, une plateforme résultant de la fusion en 2015 de plusieurs associations actives dans le développement durable (dont Business & Society, Kauri et Argus). En quelque sorte, on dépasse enfin le simple ‘reporting’ qui caractérisait les rapports de responsabilité sociale pour se projeter dans l »acting’. « Bref, on ne se regarde plus le nombril, mais on prend en compte l’intérêt commun en appliquant le triple principe cher à The Shift : connect, commit, change. »

Pour les entreprises, ces enjeux sont d’un intérêt vital. Plus aucun acteur économique ne peut espérer se développer de manière fluide sans tenir à l’œil au moins une partie de ces 17 points. De manière positive, l’entreprise peut ainsi établir des relations harmonieuses avec les autorités, avec l’administration, avec les riverains qui sont parfois ses premiers clients, avec ses ressources humaines, mais aussi, bien au-delà de son pré carré, avec le vaste monde qui l’entoure.

Ce n’est pas par hasard si les mondes syndical et patronal se sont intéressés aux SDG, comme ils l’avaient fait avec l’ISO 14001 ou l’EMAS (deux systèmes de management environnemental). Comme au sein du syndicat libéral CGSLB où Jan Moens s’attache à répertorier les initiatives prises au sein des entreprises pour orienter davantage l’action économique vers l’entrepreneuriat durable. Pour ce faire, la CGSLB s’appuie sur Sustatools, une méthode mise au point sur le principe PDCA (Plan Do Check Act). Ou comme Beci qui a été partie prenante, au même titre que la FEB et l’UWE, du SDG Forum organisé pour la première fois à Bruxelles en octobre dernier.

 

Management juste

Dès le lancement de la charte SDG au niveau fédéral, le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération de Développement, Alexander De Croo, en avait identifié les enjeux. Il avait aussi parfaitement senti l’adhésion que ce processus nécessitait dans l’ensemble de la société civile, entreprises incluses, en indiquant que « sans coopération avec le secteur privé, une politique de développement international ne peut jamais être durable », ajoutant que la signature de cette charte marquait le début d’échanges « fructueux », avec un accent placé précisément sur l’entrepreneuriat durable, mais aussi sur les thèmes de la santé, des énergies renouvelables, de la numérisation, de l’agriculture et de l’alimentation. À l’image d’un Sodexo, qui fidélise sa clientèle en intégrant une offre juste de produits un peu plus chers, mais labellisés Fairtrade, les entreprises ne jouent pas la carte de l’honest marketing. Elles prennent simplement le pari de fonctionner de manière profitable, mais juste et donc honnête. Leur maintien est à ce prix. Thierry Nadisic ne dit rien d’autre dans le livre « Le management juste », publié tout récemment aux Presses Universitaires de Grenoble : « De même que les peuples anciens avaient besoin, avant toute chose, d’une foi commune pour vivre ensemble, nous avons de nos jours un besoin primordial de justice ».

 

Plus d’info sur: SDG Charter

 

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Laura Rebreanu

Sustainable Development Coordinator