Reprise d’entreprise : et pourquoi pas une entreprise en difficulté ?

Par Gaëlle Hoogsteyn  - 25 janvier 2019 à 16:01 | 762 vues

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Pour se lancer comme entrepreneur, diversifier ses activités ou agrandir sa société, reprendre une société est une solution de plus en plus plébiscitée. D’autant que l’offre est large : en Belgique, avec le vieillissement des entrepreneurs, de nombreuses entreprises doivent changer de main. Parmi elles, des entreprises en difficulté en quête d’un nouveau souffle…

Problème de trésorerie, concurrence, accès au crédit bancaire difficile, épuisement… de nombreux facteurs peuvent amener une entreprise à se trouver en difficulté. Pour éviter la faillite, une solution est de transmettre l’entreprise à un nouveau propriétaire désireux de la faire redémarrer. « Beaucoup d’entreprises en difficulté regorgent de savoir-faire et de potentiel », explique Olivier Kahn, coordinateur du Centre pour entreprises en difficulté (CEd) au sein de Beci. « L’idée d’une reprise d’activités par un tiers est porteuse. » S’il est difficile d’évaluer le nombre d’entreprises en difficulté qui pourraient être transmises, Olivier Kahn estime toutefois qu’environ 15% d’entre elles pourraient faire l’objet d’une cession ou d’une transmission de bon intérêt.

 

Quels intérêts pour le repreneur ?

Reprendre une entreprise en difficulté ne semble pas, de prime abord, être l’affaire la plus intéressante qui soit. Pourtant, pour le repreneur potentiel, des avantages existent. « Il y a bien sûr tout d’abord le prix », explique Olivier Kahn. Quand on prend le risque de reprendre une entreprise en difficulté, le prix est forcément (beaucoup) moins élevé. « C’est un peu comme acheter une maison : vous pouvez mettre le prix pour acheter une maison neuve ou payer moins cher une maison dans laquelle il y a des rénovations à prévoir. Dans le monde de l’entrepreneuriat, il y a aussi des entrepreneurs qui n’ont pas peur de faire des investissements pour relancer la machine. »

Pour le repreneur, l’intérêt peut aussi être commercial. Certaines entreprises en difficulté représentent un vrai intérêt stratégique, par exemple parce qu’elles sont très présentes sur une zone géographique et qu’elles bloquent des concurrents. Cela peut ouvrir au repreneur un marché auquel il n’avait pas accès jusqu’à présent. « Enfin, certains repreneurs ont aussi une volonté sociale de sauvegarder de l’emploi », ajoute Olivier Kahn.

 

Le défi : croiser l’offre et la demande

Si sur papier l’idée est belle, le défi est de pouvoir croiser l’offre et la demande dans des temps très courts. Pour y arriver, plusieurs moyens existent. Des bases de données régionales ont été mises en place pour aider cédants et repreneurs à se rencontrer. La loi organise aussi des cessions d’activité sous l’autorité du juge qui est alors chargé de trouver un repreneur adéquat. « Mais la procédure est très longue et très formelle. Trouver le bon repreneur au bon moment n’est pas facile. D’autant que les repreneurs potentiels ont tendance à attendre la faillite de l’entreprise de façon à pouvoir la racheter moins cher et à pouvoir repartir directement de zéro », explique Olivier Kahn.

Pour lui, la meilleure façon de trouver un repreneur pour une entreprise en difficulté est d’en parler. Via son réseau, l’entreprise peut faire savoir qu’elle est à reprendre. Dans le cas d’un restaurant, par exemple, le fournisseur de vin qui fait le tour de 100 autres établissements pourra diffuser le message de manière pertinente. « Une bonne reprise se fera avec une personne proche de l’entreprise. Les partenaires (fournisseurs, distributeurs,…) sont souvent très conciliants car les intérêts sont partagés », commente-t-il.

 

Les conditions de la réussite

Last but not least, pour que la reprise d’une entreprise en difficulté soit une réussite, certaines étapes sont incontournables. Olivier Kahn : « Il faut en premier lieu faire un diagnostic transversal pour détecter les vrais problèmes de la société. Des soucis de trésorerie, par exemple, peuvent avoir des origines très diverses. Prendre le temps de déterminer la cause et les solutions potentielles est indispensable. »

Ensuite il faut évaluer ce que vaut l’entreprise en difficulté en regardant au-delà du bilan. « Avant, on évaluait la santé d’une entreprise sur la base de son bilan », explique Olivier Kahn. Aujourd’hui, la donne a changé. Le potentiel d’une société ne se limite pas à l’évaluation de son bilan. Il y a des entreprises qui vont très bien tout en ayant un bilan vierge (ex : Uber, Air B&B). « Même si le bilan est mauvais, il peut y avoir de beaux développements potentiels pour le futur et donc un intérêt à la reprise. » Enfin, une reprise est un procédé complexe. Se faire assister par des spécialistes est donc vivement conseillé.

 

Intéressé(e) ?

Différentes actions seront menées par le CEd en partenariat avec le Hub Transmission et le programme Starter de Beci. Les entrepreneurs en difficulté pourront être mis en contact avec le Hub Transmission qui les accompagnera dans la cession, tandis que des repreneurs potentiels seront informés de la possibilité de reprise de l’entreprise concernée via le programme Starter. Un accompagnement du repreneur serait alors assuré tant par le Hub Transimission que par le programme Starter. Plus d’infos sur notre site www.beci.be

 

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