La réduction du temps de travail : une fausse bonne idée

29 janvier 2019 à 11:01 | 376 vues

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Ce mardi 29/1, Jan De Brabanter, Secrétaire Général de l’Union des Entreprises Bruxelloises (UEB) – Beci, aura l’occasion de débattre avec le ministre Gosuin du principe de réduction collective du temps de travail (RTT) avec maintien du salaire, pour les agents de l’administration régionale à Bruxelles. Une idée que le ministre défend dans le but de créer 10.000 postes en Région de Bruxelles-Capitale. Le débat aura lieu durant l’émission « Débats Première » en direct de 12h30 à 13h, à la RTBF radio.

 

Pour Beci, une telle mesure nécessiterait d’être davantage analysée si l’on souhaite que notre région, et plus largement notre pays, puissent réduire le chômage de manière plus structurelle.

L’exemple de l’Agence Bruxelles-Propreté (ABP), avancé par le ministre, n’illustre pas réellement cette mesure et ne permet pas d’en démontrer les éventuels bienfaits. Notamment en raison du régime de travail particulier des agents de l’ABP. « Le ministre s’est-il renseigné sur l’horaire de travail effectif des agents ? », interroge Jan De Brabanter. « Les travailleurs peu qualifiés de l’ABP bénéficient de facto d’un temps de travail réduit selon le principe de la tournée : une fois celle-ci terminée, leur journée de travail est finie – ce qui est sans doute justifié par l’intensité physique de leur tâche. De deux choses l’une : soit ils prestent en réalité moins de 32 h/semaine, et dans ce cas, l’alignement à 32 h entraînera en réalité une augmentation de leur temps de travail – au passage, sans créer d’emploi – ; soit ils prestent plus de 32 h/semaine et la réduction du temps de travail, à salaire égal, devra être financée par le contribuable. »

« Si une telle mesure devait être appliquée au secteur privé, où la compétitivité et la productivité s’imposent, elle ne serait pas tenable », observe M. De Brabanter. « L’instauration d’une semaine de quatre jours avec maintien du salaire résulte automatiquement en une augmentation du coût de la main-d’œuvre de 20 %. Si l’on considère que le coût salarial en Belgique est déjà, en moyenne, 11 % supérieur à celui des pays voisins (Pays-Bas, France et Allemagne), on comprend très vite que cette mesure détruit l’emploi. M. Gosuin aurait d’ailleurs intérêt à s’interroger sur la compétitivité de Bruxelles-Propreté, elle-même soumise à la concurrence d’acteurs privés dans certaines de ses activités. Ce qui pourrait être une bonne chose pour certains travailleurs, à titre individuel, risque de leur nuire à titre collectif. » 

Selon Beci, la question du taux de chômage en Région bruxelloise doit s’analyser selon une autre grille de lecture : celle de la qualification. À cet égard, Beci partage d’ailleurs l’analyse du ministre Gosuin sur l’état du marché de l’emploi et le problème de ‘matching’ entre l’offre et la demande. La question est donc celle de la formation.

Jan De Brabanter revient sur le cas de l’ABP : « Si la réduction du temps de travail est conçue pour permettre aux moins qualifiés de se former et d’acquérir des compétences, très bien. Mais on peut supposer qu’un certain nombre d’agents de l’ABP, dont le travail s’achève tôt dans la journée, exercent ensuite un deuxième métier. Préféreront-ils se former ou accroître cette activité annexe ? »

« L’offre de postes vacants existe, tandis que des chercheurs d’emploi restent sans travail dans notre région, où le taux d’activité doit augmenter de manière significative si l’on veut préserver notre modèle de sécurité sociale », dit Cécile Huylebroeck, Conseillère en Emploi chez Beci. « À Bruxelles, les formations qualifiantes pour les métiers en pénurie organisées en lien direct avec le monde économique offrent de très bons résultats. Ces derniers sont encore meilleurs lorsque les formations sont organisées en partenariat avec les entreprises. Je cite comme exemple le taux d’insertion de 93 % pour les formations organisées avec les entreprises du secteur de la sécurité », conclut-elle.

Écoutez le débat en direct ici : https://www.rtbf.be/lapremiere/emissions/detail_debats-premiere?programId=11173 

 

Pour plus d’informations :

Jan De Brabanter

Secrétaire Général UEB-Beci

+32 499 588 845

jdb@beci.be

 

Cécile Huylebroeck

Conseillère en Emploi

+32 473 89 49 33

ch@beci.be

 

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