Pour ou contre les MOOC dans l’enseignement secondaire ?

Par Gaëlle Hoogsteyn  - 22 février 2019 à 17:02 | 725 vues

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Les MOOC (Massive Open Online Course ; des contenus de formation en ligne, librement accessibles) sont de plus en plus utilisés dans l’enseignement supérieur et les entreprises. Pourrait-on aussi les mettre en œuvre dans l’enseignement secondaire ? 

 

Pour

Françoise Docq, chef de projet MOOC à l’UCLouvain

Le principe du MOOC est d’être ouvert à tous. Il n’y a pas de barrière à l’entrée ni de sélection sur l’âge ou les prérequis. Les enseignants du secondaire, avec leurs élèves, peuvent donc tout à fait suivre un MOOC. Actuellement, l’offre de MOOC est essentiellement axée sur l’enseignement supérieur et adaptée au niveau de parcours des étudiants (bachelier ou master). Il est donc possible que tout ne soit pas compréhensible pour un élève plus jeune. L’intermédiaire de l’enseignant sera donc important pour trouver des cours accessibles pour ses élèves. Car si le niveau de connaissances exigé par le MOOC et trop éloigné de celui de l’élève, il y a peu de chance qu’il puisse en tirer quelque chose d’intéressant.  

Les MOOC peuvent aussi être utilisés comme des ressources d’apprentissage. Rien n’oblige en effet un élève ou une classe à suivre un MOOC de bout en bout. On en sort quand on veut aussi. L’enseignant peut donc choisir de ne présenter en classe qu’une vidéo, une étude de cas ou une série d’exercices en support ou en complément d’une matière, pour une activité précise d’apprentissage. Les vidéos des MOOC durant généralement 5 à 10 minutes, elles peuvent parfaitement trouver une place dans un cours de 50 minutes en secondaire. 

En fin de secondaire, un autre usage intéressant des MOOC est de familiariser les élèves à la méthodologie des études supérieures. Regarder ensemble des vidéos d’un professeur du supérieur, faire un exercice de prise de notes et décortiquer ensemble comment se déroule un cours est un bon outil pour favoriser la transition du secondaire vers le supérieur. Par ailleurs, c’est aussi un bon moyen de découvrir des disciplines pour les élèves qui seraient encore hésitants quant à leur orientation.

 

Contre

Olivier Remels, Administrateur délégué de la Fondation pour l’enseignement

Un MOOC fonctionne selon le principe de la classe inversée. Or, un élève de 14 ans n’a pas les mêmes capacités de réflexion et d’autonomie qu’un étudiant de 18 ans. La gestion d’une classe de secondaire comporte toute une série d’éléments disciplinaires, émotionnels, contextuels… qui ne sont pas du tout les mêmes que dans le supérieur. Remplacer le face à face pédagogique par un MOOC et laisser un groupe-classe livré à lui-même face à un cours en ligne n’est sans doute actuellement pas généralisable. Par ailleurs, travailler avec des MOOC suppose l’équipement des écoles, mais aussi des jeunes à leur domicile.

Les MOOC doivent trouver leur place dans un cadre pédagogique plus large. Il faut les envisager comme une option possible une fois que l’on aura revisité les contenus et les supports pédagogiques souhaitables, formé les enseignants et évalué la place de ces outils dans l’enseignement obligatoire. Ils pourraient par exemple être un bon outil de remédiation. Mais je ne mettrais pas la charrue avant les bœufs. Car, si les compétences numériques font partie des priorités à développer dans le cadre de la réforme de l’enseignement, il y a toute une série de réflexions stratégiques à mener en amont. 

À ce niveau, le Pacte d’Excellence comprend des points d’ancrage très forts. Il y a, d’une part, l’intégration des contenus numériques dans les référentiels de compétences et, d’autre part, l’accompagnement et la formation des enseignants aux nouvelles technologies. Enfin, l’équipement ICT des écoles, l’utilisation de plateformes pour gérer et échanger des informations sont aussi importants. Le Pacte soutient l’intégration du numérique dans les pratiques pédagogiques mais il faudra voir comment cela pourra se concrétiser et comment les acteurs s’en empareront. 

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