Sign for my Future : les entreprises font aussi entendre leur voix

Par Johan Debière  - 26 février 2019 à 17:02 | 447 vues

©Jérémy Barande

Les révolutions peuvent parfois avoir ceci de bon qu’elles renversent les modèles établis. C’est le cas de Sign for my Future. Initiée par un mouvement citoyen, SFMF a également réussi à réunir autour de cette urgente thématique climatique une belle brochette d’entreprises.

Il n’est malheureusement plus utile de revenir sur les conséquences du réchauffement climatique, désormais bien visibles : augmentation des épisodes de pluies et des sécheresses intenses, des vagues de chaleur et même des épisodes caniculaires, etc. C’est pour faire face à cette urgence que plusieurs patrons ont décidé de s’associer publiquement à l’initiative SFMF et de plaider pour l’introduction d’une politique climatique conséquente en Belgique.

De quoi parlons-nous ? Premièrement, d’un cadre juridique qui entrerait en vigueur au plus tard fin 2020 et qui amènerait la Belgique à devenir climatiquement neutre d’ici 2050. Bien sûr, cette évolution serait phasée. Et la réduction des émissions émanant du secteur industriel et des producteurs d’électricité coordonnée au niveau européen à travers le marché européen des émissions de gaz à effet de serre (SEQE-UE). Ensuite, un plan d’investissement doit être engagé au plus tard pour la fin 2022 avec des impacts positifs qui puissent profiter à chacun. Enfin, le politique doit se reposer sur un conseil climatique neutre, constitué d’experts chargés de suivre, évaluer et réorienter la politique en cas de nécessité.

 

Faire d’une urgence une opportunité

Ingénieur des ponts, des eaux et forêts, le PDG du groupe international Veolia (également bien présent en Belgique) Antoine Frérot sait lui aussi ce que l’urgence climatique veut dire. En 2014 déjà, il affirmait sa volonté de positionner Veolia comme un groupe qui « innoverait et créerait de nouvelles technologies pour l’économie circulaire, en transformant le modèle linéaire traditionnel en boucles de recyclage ». Antoine Frérot était alors également convaincu par le modèle des smart cities qui permettent de réaliser de belles économies d’énergie, voire de transformer des consommateurs d’énergie en auto-producteurs et ainsi de faire tendre les consommations et les factures d’énergie vers zéro. En s’engageant résolument dans ce paradigme, Antoine Frérot ne fait pas que sauver la planète. Il donne aussi à son groupe l’occasion de proposer des technologies innovantes, utiles pour contrer le réchauffement climatique de manière directe (avec des chaufferies collectives alimentées à la biomasse) ou indirecte (par la digitalisation).

Dans le registre des patrons de même gabarit, on pourrait également évoquer Thomas Leysen. Son groupe, Umicore, contribue à l’émergence de nouvelles technologies pour la mise au point des matériaux nécessaires à la fabrication de batteries de nouvelle génération pour les véhicules électriques. Tout comme Veolia qui a signé SFMF, Umicore s’est engagé formellement dans la mobilisation. Un engagement qui n’a guère surpris les gens qui le connaissent : Thomas Leysen est en effet un promoteur assumé du développement durable. Il est président de l’association The Shift et, tout comme le PDG de Veolia, Thomas Leysen a définitivement compris qu’il n’est plus utopique de relier développement économique et engagement climatique.

Nous ne doutons pas un instant que la sortie de ces deux grands patrons poussera les patrons de PME à rendre enfin publiques les nombreuses initiatives qu’ils prennent dans ce domaine. Certaines nous sont d’ailleurs parvenues au moment d’écrire ces lignes, à l’exemple de la société de production Orange Clignotant, qui compense chaque vidéo produite. Nous ne manquerons pas de relayer ces initiatives.

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