Sébastien Deletaille : « Je trouve mon inspiration dans l’art »

5 mars 2019 à 15:03 | 319 vues

Kroll - Sebastien Deletaille ©Kroll

Dans le cadre du numéro de mars de votre magazine Bruxelles Métropole, 14 dirigeants d’entreprises ont accepté de se prêter au questionnaire de Giles Daoust (ainsi qu’au coup de crayon de Pierre Kroll !).

Sébastien Deletaille Ex-CEO et cofondateur de Riaktr  

 

Quel a été le ‘defining moment’ de votre vie professionnelle ? 

Je travaillais chez McKinsey. Le jour où j’ai reçu une promotion, j’ai décidé de démissionner. Avec mon meilleur ami Jacob, on a tous les deux quitté nos jobs respectifs en même temps. On avait 24 ans et on ne savait pas quoi faire. Alors, on a créé trois entreprises. Riakrt est la seule qui a vraiment fonctionné. 

 

Votre plus gros échec professionnel ? 

En 2009, quand on a décidé de lancer nos trois entreprises, c’était en pleine épidémie de grippe AH1N1. Les ventes de gel hydroalcoolique explosaient en France ! On s’est dit que ça viendrait en Belgique. On n’a pas réussi à mettre une proposition de valeur sur le marché ; les Allemands ont débarqué et les Français aussi. Bien sûr, leurs prix de vente était bien inférieur à notre prix de production…  

 

Quel est votre superpouvoir ? 

Le plus beau compliment qu’un développeur codeur ait pu me faire, c’est de me dire que j’étais « le plus geek des entrepreneurs tech ». 

 

Quel est votre plus grand défaut ?

Je manque de patience pour des profils qui ne souhaitent pas apprendre et pour ceux qui ne vont pas partager les valeurs d’un projet. Pour certains, cette impatience peut se traduire par un leadership perçu comme assez strict. 

 

L’élément-clé du succès de votre entreprise ? 

Je fais partie des entrepreneurs qui considèrent qu’il est impossible de réussir une boîte sans cofondateur. Maintenant que j’ai quitté Riaktr, je m’oriente vers la technologie appliquée à la santé. Nous allons nous concentrer sur la création de logiciels pour médecins généralistes. S’il est encore trop tôt pour donner un nom à la boîte, mon cofondateur est déjà trouvé !  

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? 

L’art. Quand j’ai remis ma démission du CA de Riaktr, c’était à la fois la décision la plus dure, la plus triste et la plus libératrice que j’ai connu. Une fois sorti de la salle, j’ai pris un vol pour New York. Dès mon arrivée, j’ai passé la journée au Metropolitan Museum. Pendant des heures, j’ai déambulé et je me suis ressourcé parmi les plus grands chefs d’œuvres de l’humanité.  

 

Quels sont vos hobbys ? 

L’entomologie : je collectionne les insectes depuis mon adolescence. En nous voyant grandir avec mon frère, nos parents se lamentaient de notre passion pour les cartes Dragon Ball Z. Tous les deux étaient antiquaires ; on vivait entourés de beaux objets. Ils ont essayé de nous intéresser à autre chose. On a vraiment créé un projet familial autour de cette collection d’insectes. Tout cela m’a ouvert aux motifs, aux couleurs, à la géographie et aux voyages. Plus conventionnellement, je suis passionné d’art et de course à pied. 

 

Votre livre préféré ? 

« Lettres à un jeune poète », de Rilke. Tous les deux ou trois ans, je le relis. Il recèle des secrets et des niveaux variés de lectures. Selon les épreuves que je traverse, je le redécouvre et je me redécouvre.  

 

Quel conseil donneriez-vous à votre « vous » du début de votre carrière ?

Je me conseillerai de soigner davantage mon « focus », c’est la clé de la réussite !  

 

Votre maxime, votre citation favorite ? 

« Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail, répondez : bien sûr, je peux ! Puis débrouillez-vous pour y arriver » (Franklin Roosevelt).

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