Frédéric Rouvez : « Savoir dire stop alors qu’on a envie de dire encore »

6 mars 2019 à 15:03 | 893 vues

Kroll - Frédéric Rouvez ©Kroll

Dans le cadre du numéro de mars de votre magazine Bruxelles Métropole, 14 dirigeants d’entreprises ont accepté de se prêter au questionnaire de Giles Daoust (ainsi qu’au coup de crayon de Pierre Kroll !).

 

Frédéric Rouvez – Co-fondateur de la chaîne de restauration rapide de qualité Exki.

 

Quel a été le defining moment de votre vie professionnelle ? 

Le 9 janvier 2001, le jour de l’ouverture de mon premier magasin, Porte de Namur. À l’époque, je venais de quitter un job en or pour lancer Exki. Je me souviens d’un directeur financier qui m’a dit : « Tu es fou de tout laisser pour un sandwich, achètes-toi un tablier et cuisine chez toi ». 

 

Votre plus belle réussite professionnelle 

Le succès de l’ouverture du premier restaurant ; il y avait énormément d’angoisse. On a fait 114 000 francs belges de recette, c’était au-delà de ce qu’on avait pu imaginer. 

 

Votre plus gros échec professionnel ?

Ouvrir aux États-Unis. Le challenge, c’était de prendre la décision de dire « stop » alors qu’on a envie de dire « encore ». L’échec était majoritairement dû à la différence de culture du marché américain : un fournisseur qui augmente ses prix du jour au lendemain, des employés volatils, un propriétaire qui nous demande de déposer 1 million de dollars sur le compte d’une banque américaine, les prix exorbitants du marché, le manque de confiance et de loyauté… C’était trop. 

 

Quel est votre super-pouvoir ? 

La capacité de travailler en équipe : on est l’une des rares entreprises qui perdure avec deux cofondateurs à sa tête.  

 

Quel est votre plus grand défaut ? 

C’est d’être deux. Ça peut être assez paradoxal, mais notre force est également notre faiblesse. Le binôme peut être un frein, car il crée de la difficulté et de la complexité. Nous sommes tous les deux très différents, souvent d’accord, parfois pas d’accord… 

 

Si vous n’aviez pas fait ce que vous avez réalisé, quel job auriez-vous souhaité exercer ? 

Enfant, je voulais devenir philosophe des sciences. Et puis, à l’âge de 17 ans, je me suis dit que je créerais mon entreprise. J’ai tout fait pour y arriver.  

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ? 

L’art m’inspire. Je suis fasciné par la capacité de créer et d’innover. La plupart des artistes que j’admire, comme David Hockney, sont eux-mêmes de grands connaisseurs de l’histoire de l’art. Aujourd’hui, on parle constamment de rupture : rupture dans le monde de l’entreprise, rupture des artistes contemporains, rupture générationnelle… Je n’y crois pas. Le monde a toujours été en rupture. 

 

Votre livre préféré ? 

L’œuvre de Balzac ; je lui trouve une vigueur incroyable. Je lis beaucoup : toujours des livres de philosophie ou de littérature. Les livres portés sur le business et les entreprises, ça ne m’intéresse pas vraiment. 

 

Quel est votre endroit préféré à Bruxelles ? 

Vini Divini, un petit restaurant avec 27 places assises. Je me mets au comptoir en face du chef et on réinvente des recettes. 

 

Votre maxime, votre citation favorite ? 

« Ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve » (William Shakespeare). 

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