« Mes amis me disent que je suis une éponge »

Par Elisa Brevet (Fondatrice de Generation Makers) - 21 mars 2019 à 13:03 | 689 vues

Kroll - Eric Everard ©kroll

Interview avec Eric Everard, CEO d’Easyfairs, organisateur de salons et gestionnaire de halls d’exposition

 

Quel a été votre premier job rémunéré (hors job d’étudiant) ?

J’ai lancé les magazines et le salon de l’Étudiant en 1986, pendant ma dernière année de master à la Louvain School of Management. J’ai touché mon premier salaire lorsque ma start-up avait enfin les moyens de me rémunérer, c’est-à-dire…. quatre ans plus tard. 

 

Le ‘defining moment’ de votre vie professionnelle ?

Mes amis me disent que je suis une éponge. Cette curiosité est toujours présente aujourd’hui, c’est un état d’esprit. Je suis un mélange de ma personnalité et de mes rencontres. 

 

Votre plus belle réussite professionnelle ?

C’est incontestablement Easyfairs et son équipe de management ! Partir d’une feuille blanche, avec un euro, et parvenir à construire en vingt ans un groupe de 750 personnes organisant plus de 200 salons par an dans vingt pays, et surtout, dirigé par un management qui n’a quasiment pas changé depuis le début. 

 

Votre plus gros échec professionnel ?

J’entreprends tous les mois et donc j’ai connu des dizaines d’échecs ! Par exemple, le rachat de « Best of Group » le 16 août 2001. Trois semaines avant le 11 septembre, le timing ne pouvait pas être plus mauvais. De plus, j’ai fait deux erreurs lors de ce rachat. Je n’ai pas fait d’audit approfondi et je me suis lourdement trompé sur l’éthique et la qualité du management. Nous avons systématiquement encouragé la prise de risque par nos collaborateurs, allant jusqu’à donner un « award » pour l’échec de l’année.

 

Quel est votre super-pouvoir ?

Je délègue absolument tout ! Je ne travaille donc que huit mois par an. Ça laisse du temps pour réfléchir à de nouveaux projets…

 

Si vous n’aviez pas fait ce que vous avez réalisé, quel job auriez-vous souhaité exercer ?

J’ai toujours eu deux fantasmes à côté de ma vie professionnelle actuelle. J’aurais voulu être un grand promoteur immobilier. J’adore partir du néant ou du laid et construire du beau dans la durée. Mon autre rêve aurait été de créer la meilleure chaîne de boulangerie-pâtisserie au monde. 

 

Quels sont vos hobbies ?

J’en ai plusieurs, mais mon préféré c’est la randonnée à pied : en hiver à la montagne, en peau de phoque, ou en été, sac au dos et nuit en refuge. J’ai pris toutes mes décisions importantes en marchant à la montagne ou en forêt.

 

Votre livre préféré ?

« La Grève », dAyn Rand. À lire et à relire. Tous les hommes politiques devraient avoir lu ce livre. Il exprime magnifiquement l’apport des entrepreneurs à l’évolution de la société.

 

Quel est votre endroit préféré à Bruxelles ?

La forêt de Soignes : 5000 hectares de nature, de calme et de liberté à quelques mètres de notre ville. C’est absolument unique au monde.

 

Quel conseil donneriez-vous à votre « vous » du début de votre carrière ?

Je me suis trop dispersé, j’ai trop hésité. Je me conseillerais donc d’aller plus vite à la recherche de ce concept unique sur lequel fonder ma croissance et de me concentrer davantage sur ce concept. À l’obsession !

 

Votre maxime, votre citation favorite ?

« À force de croire en ses rêves, l’homme en fait une réalité » (Hergé).   

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