Juicy : « On paye tout ; ça nous permet de garder la main mise sur le projet »

3 avril 2019 à 17:04 | 378 vues

Juicy ©A$IANROCKY

Le duo féminin R’n’B Juicy est l’un des cocktails musicaux bruxellois les plus vitaminés du moment. Elles n’ont peur de rien, s’appellent Julie et Sacha et incarnent avec brio le mouvement Girl Power. Après avoir enflammé la scène lors d’une centaine de concerts, elles s’apprêtent à sortir un second EP en mars prochain.  

 

Comment est né votre duo ? On s’est rencontrées au Conservatoire royal de Bruxelles dans la section chantjazz. Déjà à cette époque, on jouait ensemble dans des projets jazz ou gospel. Il y a cinq ans, une amie nous a demandé de faire un concert lors d’une exposition sur l’inconfort. On a décidé de reprendre des tubes hip hop et R’n’B des années 90.  Si les morceaux pouvaient être crus, on essayait de mettre de l’autodérision et, sorti de nos bouches, c’était complètement différent. Le projet de cover a cartonné, si bien qu’on a tourné pendant trois ans avec lui. 

 

Comme beaucoup d’autres artistes et musiciens millennials, vous travaillez exclusivement en autoproduction.  Est-ce un choix délibéré ? Pour l’instant oui, puisqu’on n’a pas encore fait LA rencontre qui nous permet de travailler autrement. Concrètement, on paye tout et ça nous permet de garder la main mise sur le projet. On fait vraiment ce qu’on veut. Après, on doit reconnaître que cette liberté à un prix…  

 

Ce prix justement, comment se manifeste-t-il ? On est obligé de travailler à côté. Juicy nous permettrait de vivre confortablement, mais ne nous permettrait pas de financer le projet et de subvenir à la fois à nos propres besoins. Du coup, en parallèle, on a toutes les deux un job dans l’horeca. Le mois prochain, on lance un nouvel EP (format musical plus long que le single et plus court qu’un album). Pour l’instant, on n’a pas encore le budget pour s’offrir un album. 

 

Quel est l’ADN de votre groupe ? Quand on a arrêté le projet de cover pour se dédier à l’écriture et à la réalisation de notre EP, on a dû garder cette patte hip-hop un peu old school pour ne pas perdre notre  public. Aujourd’hui, notre musique est un mélange de plein de choses : il y a des influences jazz dans les harmonies, des influences R’n’B dans les mélodies et même parfois des influences classiques.  

 

Tous vos instruments sont électroniques, ça doit vous changer de votre formation acoustique ? Oui, tous les éléments qu’on utilise pour faire de la musique sont des instruments électroniques. D’ailleurs, c’était un vrai challenge de parvenir à travailler avec un ordinateur, un pad et le logiciel Ableton. Nous, on vient de l’univers acoustique du jazz, donc c’était une sacrée aventure ! On a beaucoup d’amis musiciens qui nous ont aidé, notamment pour les arrangements.  

 

Vous voyez-vous ailleurs qu’à Bruxelles ? Non, on est trop bien à Bruxelles ! C’est une ville incroyable où beaucoup de choses sont possibles. Il y a une véritable énergie, on peut vite emmener des gens dans des projets un peu fous.  Et puis, le milieu est assez petit, on connaît facilement tout le monde, tout va vite et tout est accessible ! 

 

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