L’I.A. va-t-elle vous remplacer ? Pas si vous êtes (un manager) humain

Par Pierre Collowald (Robertson Associates) - 4 avril 2019 à 10:04 | 172 vues

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[Coproduction] Aujourd’hui, tout le monde l’admet, l’avenir de l’entreprise est numérique. Robotique. Activé par la voix. Piloté par l’Intelligence Artificielle. Mais l’avenir a besoin que nous soyons très humains.

C’est l’enseignement que l’on peut retirer d’une récente conférence donnée par un sociologue qui brossait un tableau plutôt déprimant de l’avenir des affaires, à l’heure de l’intelligence artificielle.

L’orateur a commencé par expliquer que Walmart s’est mis à remplacer sa main-d’œuvre par des robots semblables à ceux que l’on trouve dans les entrepôts d’Amazon – ce qui pourrait entraîner une réduction de 15 % des effectifs, soit 500 000 emplois ! Autre exemple : Deloitte Management Consulting met en œuvre l’intelligence vocale pour répondre aux questions de ses clients sur la TVA, et pourrait réduire de 25 % son département d’audit, rempli de jeunes consultants brillants mais bientôt non pertinents. Si vous ne voyez pas où nous voulons en venir, lisez Yuval Noah Harari ou Peter Hinssen.

Et les dirigeants d’entreprise ? Les cadres supérieurs seront-ils bientôt remplacés par des algorithmes de ‘deep learning’ ? Probablement pas… Tant qu’ils se concentreront sur leurs compétences irremplaçables, trop souvent sous-estimées, sur leur humanité, leur capacité de compassion, de bonté, de créativité, plutôt que d’être des robots.

Face à l’accélération des changements en milieu de travail, notre réussite tient d’abord au fait que l’entreprise est une entreprise humaine : les gens veulent avoir affaire à des gens. Les transactions sont toujours conclues par une poignée de main… ou, en Belgique, par un bon repas ! Et quand nous célébrons nos succès ou que nous voulons oublier nos déboires, c’est en équipe.

Avez-vous remarqué que la montée en puissance de l’intelligence artificielle va de pair avec la popularité croissante de la pleine conscience chez les cadres dirigeants ? Peut-être cherchons-nous de nouvelles façons d’avoir de l’impact, maintenant que la connaissance et la rapidité du traitement mental sont moins pertinentes au regard de l’I.A. ? La pleine conscience devient pour les managers un moyen d’être davantage présents à leurs amis, à leur famille – et même à leurs collaborateurs.

Et maintenant, allons battre l’I.A. !

Voici quelques conseils recueillis auprès de dirigeants qui se caractérisent par leur sérénité et leur optimisme face à la numérisation rapide du business.

  1. L’intuition vient souvent lorsque vous laissez votre cerveau prendre des vacances: les grandes décisions exigent une réflexion. Les parties autonomes de votre cerveau se mettent au travail lorsque vous laissez en pause votre cerveau analytique conscient. Ne négligez pas votre moment sport, le verre de vin avec vos amis, et lisez ce livre qui n’a rien à voir avec votre travail. Bref, ne négligez pas vos loisirs.
  2. Envisagez la pratique de la méditation. Dix jours dans la position du lotus et à la diète, ce n’est pas votre truc ? Alors, essayez de vous asseoir dix minutes par jour pour calmer votre cerveau de primate. La méditation assainit votre tête et votre cœur. Si vous avez besoin d’une application pour vous aider à démarrer, citons Headspace, Calm ou Petit Bambou en français.
  3. Prenez au sérieux le développement de vos ‘soft skills’. Si la psychologie et l’intelligence émotionnelle n’ont jamais été vos points forts, changez ! Dans le monde de l’I.A., votre expertise technique aura moins d’importance que la compréhension de votre personnel.

En passant, à propos de la recherche de cadres, on annonce depuis une décennie la fin des consultants en recrutement, balayés par Monster, Linkedin et Facebook. Cela ne s’est pas produit et ne se produira pas non plus avec l’intelligence artificielle. Au contraire…. La même réflexion vaut pour la plupart des fournisseurs de services à valeur ajoutée.

Un algorithme peut vous trouver une centaine de candidats, mais il ne vous trouvera pas les deux meilleurs, ceux qui correspondent à la culture de votre entreprise, à son ambition, son moteur, sa passion…

Le ‘deep learning’ peut prédire quelle entreprise produira le directeur le plus efficace dans un secteur spécifique. Il n’aidera pas à convaincre le directeur d’unité dont vous avez réellement besoin qu’un mouvement stratégique sera le bon pour son organisation. Seul un humain pourra le faire. Et aucune I.A. ne peut partager une bière au pub avec son équipe, lorsqu’un nouveau recrutement apporte espoir et rajeunissement à une équipe !

 

Robertson Associates

 

Pierre Collowald est Senior Partner chez Robertson Associates, une organisation européenne de solutions de recrutement de cadres et de leadership. Pierre travaille à Bruxelles, Stuttgart et Zurich. pierre.collowald@robertson-associates.eu.

 

Pour aller plus loin :

Asimo le précurseur, Sophia et son visage humain qui apprend en continu, les robots sont de plus en plus avancés et capables d’interaction, donc de travail. L’intelligence artificielle a quant à elle évolué en 2018 à tel point que le dernier rapport de McKinsey sur le sujet en novembre 2018 mentionne près de 47% d’entreprises utilisant déjà une IA dans un domaine par rapport à 20% en 2017. La question est de savoir quel impact la mise en œuvre de robots et/ou d’une IA peut avoir pour l’employeur.

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Robotisation et développement de l’intelligence artificielle – quels enjeux pour les employeurs ?

 

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Anne Schmit

Business Relations Advisor

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