Babetida Sadjo : « Personne ne peut m’enlever ce métier ! »

6 avril 2019 à 08:04 | 272 vues

Babetida Sadjo

Babetida Sadjo est l’une des révélations cinéma du moment. On ne voit qu’elle : des planches des théâtres bruxellois au film Netflix « And Breathe Normally » d’Isold Uggadottir, où elle tient le premier rôle. Un seul dénominateur commun à tous ces rôles : des personnages poignants, une niaque sans pareil et un investissement sans failles.  

 

Comment le métier de comédienne est-il arrivé dans votre vie ? Je suis montée sur les planches pour la première fois lorsque j’étais à Hanoi, au Vietnam. J’étudiais à l’école française et je m’étais inscrite au club de théâtre de mon école. Quand j’ai croisé le regard des spectateurs sur moi, ce fut tout de suite une révélation : je n’étais plus dans mon rôle, je les observais m’observer. Quelques années plus tard, je suis entrée au conservatoire de Bruxelles.  

 

La grande première en tant que comédienne ? Je jouais « Le Masque du Dragon » de Philippe Blasband au théâtre des Martyrs, mon premier rôle au théâtre. C’était une journée particulièrement forte et symbolique puisque c’est aussi le jour où le président Obama a été élu !  

 

Un rôle marquant ? J’ai la chance d’avoir porté des rôles très forts et intenses. J’ai été particulièrement marquée par le rôle d’Adama, que j’ai joué dans la pièce « L’Initiatrice » de Pietro Pizzuti. C’était la première fois qu’un rôle me confrontait à autant d’émotions ; et puis j’étais enceinte. C’est une pièce que j’ai moi-même commandée à Pietro. Je voulais aborder le sujet délicat et sensible qu’est l’excision. S’il s’agit du sujet principal, j’y aborde également le corps des femmes, la sensualité, le mystère, la jouissance, l’érotisme et le plaisir !  

 

Une anecdote ? J’étais dans le tramway, je me rendais au casting du film « Waste Land » de Pieter Van Hees. Au dernier moment, je me suis dit que je n’incarnais pas assez mon personnage. Je suis rentrée chez moi, je me suis changée et j’ai conduit jusqu’à Matonge pour acheter une perruque. Je suis retournée passer le casting et quand le réalisateur m’a vu, il m’a dit qu’il avait vu le personnage. J’ai obtenu le rôle aux côtés de Jérémie Reigner. Je suis toujours très exigeante et jusqu’au-boutiste à chaque casting, c’est ma façon d’aborder les rôles. 

« Girl », un succès partagé à Bruxelles  

Comment faire un dossier sur les petits choux de Bruxelles du cinéma bruxellois sans évoquer l’équipe du film « Girl » ? À seulement 27 ans, son réalisateur Lukas Dhondt a remporté la Caméra d’Or et le prix Fipresci au Festival de Cannes 2018. Le film fait un carton dans les cinémas bruxellois et parisiens pendant plusieurs semaines. « Girl » retrace l’histoire de Lara (Victor Polster, jeune acteur bruxellois), 15 ans, qui rêve de faire carrière en tant que danseuse étoile. Le problème, c’est que Lara est née dans un corps de garçon. Le film est basé sur l’histoire vraie de la danseuse flamande Nora Monsecour qui s’est plusieurs fois confiée à Lukas Dhont avant qu’il se décide à écrire le scénario, en collaboration avec Angelo Tijssens. Depuis sa sortie, « Girl » a reçu plus d’une quinzaine de distinctions internationales et devient un bel ambassadeur pour le cinéma flamand. 

 

 

 

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