L’occupation temporaire : une solution win-win pour vos projets

Par Martine Gossuin  - 20 avril 2019 à 07:04 | 509 vues

© Entrakt sprl-bvba

[Coproduction] Parmi les projets qui façonnent la ville de demain, l’occupation temporaire ouvre de nouvelles perspectives pour Bruxelles. Alors que les grands développements urbains s’inscrivent dans la longue durée, durant laquelle des espaces sont laissés vacants, une occupation éphémère répond aux besoins immédiats d’acteurs souhaitant dynamiser ces lieux. Focus sur les opportunités de ce mode d’activation, et sur les défis que rencontre le développeur public citydev.brussels[1], un des initiateurs en la matière.

Activer une friche, c’est favoriser une transition, positionner et préfigurer le projet futur, assurer la maintenance et la sécurité du bien, diminuer les frais d’inoccupation. Cela permet surtout de répondre à des besoins, ceux de porteurs de projets innovants qui cherchent des espaces à faible coût et ceux des habitants qui se révèlent friands de ces initiatives. Les premières expériences relevaient presque du squat. Celles d’aujourd’hui sont structurées. Les collectifs qui les gèrent sont les interlocuteurs choisis par le propriétaire pour coordonner et fédérer sous leur responsabilité tous les sous-occupants d’un site qu’ils entretiennent pendant quelques années en attendant les travaux. Le plus grand exemple pour le développeur public citydev.brussels à ce jour est Studio CityGate, à Anderlecht.

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À l’intérieur d’un espace de grande dimension, les occupations temporaires[2] se caractérisent par une grande diversité où chaque occupant mène son projet personnel. Néanmoins, tous favorisent les rencontres mutuelles et avec le quartier où ils sont implantés.

Entre ateliers, skateparks, salles de bloc escalade, terrains de foot indoor, écrivains, bijoutiers, artisans, entrepreneurs, concerts, buvettes, foodtrucks, animations, jardins partagés et autres manifestations, l’ambiance est assurée et se dégage une énergie communicative qui crée de la valeur ajoutée. Une ambition qui dépasse donc largement l’animation d’un bâtiment en attente de travaux.

L’occupation temporaire est à la fois très vertueuse et très ingrate. Après l’enthousiasme du précaire déboulent toutes les questions posées par ce nouveau créneau. Elle n’est actuellement couverte par aucune législation, urbanistique notamment. Il existe par ailleurs un fragile équilibre entre l’idée du bien commun mis à disposition d’une collectivité et la réalité des responsabilités du propriétaire, qui, sans objectif lucratif, vise également à réduire ses frais d’inoccupation.

Faut-il un permis d’urbanisme pour les mini-travaux programmés sur un site à l’abandon ou pour changer l’affectation d’une industrie en équipements collectifs ou culturels ? Faut-il inviter les pompiers à valider la sécurité de l’endroit ? Qui est responsable en cas de problème ? À qui la responsabilité des assurances, des charges, etc.

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Pour partie, ces questionnements trouvent leur réponse dans les conventions d’occupation précaire signées entre le propriétaire et les occupants ou le gestionnaire du site. L’implication de la commune joue également un rôle important.

Pour le surplus, la Région a décidé de fixer les règles légales et de créer un permis d’occupation temporaire, avec des procédures simplifiées,

plus courtes qui impliqueront les riverains surtout si le projet préfigure la suite ou s’il est situé dans un des quartiers prioritaires de développement de la Région.

Gardons à l’esprit que, si trop professionnaliser tue l’occupation temporaire, ne pas l’organiser la tue également, par déni des responsabilités impliquées. L’adaptation de la réglementation sera à cet égard une étape importante permettant de se rapprocher au plus de la philosophie transitoire et expérimentale de l’occupation.

 

Pour aller plus loin :

  • Découvrez les occupations temporaires de citydev.brussels sur le site web
  • Participez au festival Open the Gate organisé par la communauté précaire Studio CityGate les 3, 4 et 5 mai dans le bâtiment CityGate II, rue des Goujons à Anderlecht ;

 

[1] Citydev.Brussels . Anciennement dénommée  Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB), citydev.brussels, organisme de droit public, crée des espaces pour entreprises, pour soutenir le développement économique et l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale, produit des logements neufs subsidiés par la Région, pour permettre à des ménages à revenus moyens de devenir propriétaires et réalise des projets complexes alliant logements conventionnés, surfaces économiques, et autres affectations au sein d’un même îlot multifonctionnel pour remailler ou redynamiser un quartier.

[2] Occupations précaires, urbanisme transitoire, éphémère urbain, plusieurs dénominations pour signifier un même principe : l’activation par des usages hybrides et multiformes d’une friche que les développeurs publics ou privés livrent à l’innovation et l’expérimentation socio-culturelle pendant la période souvent longue entre son acquisition et la construction du programme qui a justifié cet achat.

 

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Lise Nakhlé

Conseillère Urbanisme/Immobilier