Julie Foulon : Icône de la tech’ bruxelloise, fondatrice de Girleek et Molengeek

Par Elisa Brevet (Fondatrice de Generation Makers) - 2 mai 2019 à 12:05 | 162 vues

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De la France à la Belgique, de la finance à la tech, de Girleek à Molengeek, Julie Foulon présente un parcours des plus atypiques. Destinée à une carrière de trader, cette geekette a décidé de tout envoyer balader pour s’installer en Belgique. Elle a fondé le site Girleek, un blog 100 % féminin dédié aux nouvelles technologies et au code. Elle est aussi cofondatrice de l’incubateur Molengeek 

 

Tu es aujourd’hui une véritable icône de la tech bruxelloise ; comment es-tu parvenue à faire ta place – il y a maintenant une dizaine d’années – dans un secteur si masculin ?  

Il y a maintenant plusieurs années, j’ai eu l’opportunité avec un ami de monter une boîte d’informatique. Petit à petit, je me suis professionnalisée et j’ai pris conscience que ce monde était intégralement drivé par des hommes. Tout le contenu que je pouvais trouver sur le net pour pouvoir parfaire mes connaissances et évoluer, c’était du contenu essentiellement orienté « homme » ; écrit par des hommes pour des hommes.  

 

C’est à ce moment-là que tu décides de lancer Girleek ? 

Oui. C’est parti d’un constat simple que l’on peut comparer à l’analogie de la voiture : en général, un homme s’intéresse plutôt à la puissance d’un moteur et la femme plutôt au confort de l’habitacle. Les nouvelles technologies et le code, c’est à peu près la même chose : nous les femmes, nous allons utiliser les outils à notre disposition comme un moyen pour arriver à une fin. À l’inverse, un homme va plutôt avoir tendance à les utiliser comme une performance. On n’est donc pas du tout dans la même approche. Je me suis dit que cette découverte était plutôt positive : il y avait la moitié de l’humanité qui n’était pas dans le coup et qui pourrait apporter une valeur extrêmement intéressante à la société. 

 

Lorsque tu as créé ton blog, tu t’es sentie soutenue ? 

Bien sûr ! Ce qui est très drôle, c’est que la moitié de nos lecteurs sont des hommes. Ce n’est pas tellement étrange, ils aiment bien voir la manière dont les femmes parlent des nouvelles technologies. Finalement, je pense que les hommes ont été plutôt contents de nous voir débarquer. À l’époque, à la création du site, on a pris le parti de faire un site tout rose. L’idée, c’était de dire : « Nous aussi on a une place et on a un rôle à jouer dans ce secteur ». 

 

Ce site a été un véritable vecteur d’émancipation pour toi et ta carrière ?  

Grâce à Girleek, j’ai pu faire de la radio et j’ai commencé à écrire dans La Nouvelle Gazette. J’avais enfin trouvé mon fil conducteur : les femmes, les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat. De là, j’ai repris la tête du BetaGroup qui était à l’époque la plus grande communauté de startups. Son fondateur, Jean Derely, m’avait repérée et il aimait ce que je faisais. Pour le BetaGroup, j’organisais des événements tous les mois qui rassemblaient plus de 500 personnes. C’est comme ça que j’ai rencontré Ibrahim, qui deviendra quelques années plus tard mon associé avec Molengeek 

 

 

Une rencontre à écouter en intégralité dans le podcast Next Step : https://www.beci.be/podcast.  

Le podcast à écouter  

« Salade Tout », c’est le podcast 100 % natif et belge qui allie food et société. Les deux présentatrices « taillent un bout de gras sur ce qui se trouve dans nos assiettes, et tout autour » et abordent toutes les nouvelles tendances alimentaires. Une coproduction de la RTBF et du Centre de l’Audiovisuel et du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles 

 

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