Garantir des prix énergétiques abordables

Par Vincent Delannoy  - 4 mai 2019 à 12:05 | 210 vues

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En 2014, la norme énergétique figurait dans la déclaration du nouveau gouvernement fédéral. Comparable à la norme salariale, elle a pour vocation de réduire l’écart de prix entre la Belgique et ses voisins. Cinq ans plus tard, cette demande reste d’actualité : l’électricité dans notre pays reste trop chère en comparaison des pays voisins. Et il reste à savoir si notre nouveau Pacte énergétique est crédible et réaliste.

Certes, l’énergie ne peut être réduite à une question de prix, mais cet aspect fondamental doit davantage être pris en compte, en lien avec la mise en place d’un système énergétique capable d’assurer un approvisionnement sûr, durable et abordable. Ces aspects sont liés : l’indisponibilité de plusieurs réacteurs nucléaires l’hiver dernier a provoqué une hausse des prix de l’électricité. Le chantier de l’établissement d’une norme énergétique doit donc être remis sur l’ouvrage, de même que le suivi et la réalisation du Pacte énergétique entre l’État fédéral et les Régions.

La mise en oeuvre de ce pacte doit répondre à quatre critères : la sécurité de l’approvisionnement énergétique, le respect des accords de Paris sur le climat, le maintien d’un prix abordable pour les ménages et les entreprises et, enfin, la sécurité des installations. La stratégie de mise en oeuvre se focalise sur 6 aspects : une future norme énergétique, le mécanisme de rémunération de la capacité, le monitoring, l’élaboration d’un plan national énergie-climat, le ‘burden sharing’, et l’éolien offshore.

Si le Pacte et la stratégie qui en découle semblent aller dans la bonne direction – celle de la transition énergétique – certains points restent problématiques, notamment la sortie du nucléaire. Ainsi, le Pacte énergétique ainsi que la stratégie confirment la sortie du nucléaire pour 2025. Pourtant, un rapport récent, réalisé à la demande du gouvernement fédéral, montre que l’abandon du nucléaire aura un impact négatif non seulement en termes de coûts énergétiques, mais aussi en termes d’émissions de CO2. Selon ce rapport, qui analyse différents scénarios, une sortie complète du nucléaire coûterait entre 150 et 900 millions d’euros de plus que le maintien de deux réacteurs jusqu’en 2030.

Le rapport montre également qu’une sortie complète du nucléaire en 2025 nécessiterait une capacité de gaz stable de 7.500 MW entre 2025 et 2050. Une prolongation des centrales ne ferait pas disparaître la nécessité d’investir dans les centrales à gaz, mais la reporterait. Par ailleurs, une sortie du nucléaire ferait grimper de 76 % les émissions de CO2 du secteur énergique belge d’ici 2025. Si deux centrales demeurent, les émissions n’augmenteraient que de 30 %.

Pour Beci et les entreprises bruxelloises, trois principes doivent être respectés pour ne pas hypothéquer le développement économique ni la transition énergétique. Il s’agit d’assurer la sécurité d’approvisionnement, garantir des prix abordables et compétitifs pour les entreprises et les citoyens, et réduire les émissions de CO2 en accord avec les obligations internationales de la Belgique. Le maintien d’une capacité nucléaire limitée et temporaire après 2025, ainsi que le développement accéléré de capacités gazières supplémentaires font partie de l’équilibre entre ces trois critères. L’exercice de monitoring doit être réalisé sérieusement et rapidement afin que les gouvernements puissent prendre les bonnes décisions sur la base de toutes les informations pertinentes.

 

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