Fondation pour l’Enseignement : cinq années de rencontres école-entreprise

Par Cédric Lobelle  - 16 mai 2019 à 12:05 | 138 vues

De gauche à droite : le secrétaire général de la Fondation Olivier Remels, le nouveau président Thierry Castagne et son prédécesseur Luc Willame.

Le 28 avril, pour ses cinq ans d’existence, la Fondation pour l’Enseignement organisait à Flagey une séance académique intitulée « SEntreprendre à l’École ». Tous ses partenaires y étaient présents :  pouvoirs organisateurs de l’enseignement en Communauté Wallonie-Bruxelles, enseignants, fondations amies, association et bien entendu des représentants des entreprises (dont Beci, membre fondateur). 

 On y a notamment abordé le Pacte d’Excellence avec le Laurent de Briey, chef de cabinet de la Ministre de l’Education Marie-Martine Schyns, les bonnes pratiques et parcours de formation écoles-entreprises, avec les points de vue académiques, d’entrepreneurs et d’acteurs dans les projets soutenus par la Fondation.  

 

Pacte d’Excellence 

 « La Fondation pour l’Enseignement, c’est la rencontre des employeurs et des écoles », nous a confié en aparté Olivier Remels, secrétaire général de la Fondation, pour qui le Pacte d’Excellence fut l’un des plus gros dossiers des dernières années. « Si les PO, les parents et syndicats se mettent d’accord sur une feuille de route, alors la Fondation se rend disponible pour faire avancer les travaux, apporter son expertise là où c’est nécessaire. Elle ne soutient pas forcément tous les aspects du Pacte, mais bien ce qu’ont décidé les acteurs comme un équilibre global. Par exemple, elle ne s’exprime pas sur la durée du tronc commun jusqu’à 15 ans, qui fait polémique. » 

La Fondation a également apporté un certain nombre d’éléments concrets, souligne Olivier Remels : « Notamment en termes de renfort des savoirs de base, d’esprit d’entreprendre, de formation continue des enseignants... L’objectif est aussi de permettre une meilleure employabilité des jeunes. Attention, nous ne faisons pas de l’adéquationnisme. Nous ne voulons pas former de bons petits soldats pour remplir les usines, au détriment de la formation et de la culture générales. Au contraire, nous voulons que chaque jeune puisse s’épanouir durablement. Les compétences transversales sont celles qui permettent de se réaliser au travail, avec les collègues, autour d’un projet commun. » 

 

La révolution numérique à l’école 

Il faut donc renforcer ces compétences transversales, notamment la culture générale des métiers et du numérique. « Le recours au numérique a de multiple facettes : comme sujet pédagogique, comme accès à l’information, comme support pédagogique (tableaux numériques, tablettes, smartphones…) ; et enfin, c’est un support à la gouvernance et à la simplification administrative dans l’enseignement. À l’instar des plans de pilotage qui autonomisent et responsabilisent les écoles. » 

Car dans le monde du travail, on n’échappe plus au digital, y compris au-delà des métiers qui lui sont propres. « De plus en plus, les autres métiers sont transformés par le numérique : menuisier, cariste, conducteur de chantier, etc.  La Fondation insiste beaucoup sur ce point et s’est ainsi associée avec l’ASBL EducIT, pour former des pédagogues, des professeurs et impliquer les élèves. C’est l’objet du projet Rentrée Numérique‘, qui sera lancé en septembre dans une demi-dizaine d’écoles. » 

 

Former et informer 

Autre angle d’attaque : informer les élèves sur les possibilités de carrières et de formations. « Le futur tronc commun est pluridisciplinaire et doit permettre aux élèves de se construire un parcours personnel positivement orientant. Il faut donc investir dans l’information pertinente sur les filières et métiers. Le passage du général vers le qualifiant ne doit plus être ressenti comme une relégation. Les enfants auront l’occasion de maturer leur choix après avoir touché aux formations techniques, technologiques, numériques... » 

Et l’esprit d’entreprendre dans tout cela ? C’est avant tout apprendre à apprendre, un précepte validé dans des initiatives comme Cokleeco et Story-me, soutenues par la Fondation. « Les enseignants et les élèves seront acteurs de leurs compétences : créativité, travail en équipe. Sans oublier les plans de formation continue en entreprise pour les enseignants, tel le projet-pilote Entr’Apprendre (voir encadré, ndlr). »  

 

Les entreprises : plus que des partenaires 

La Fondation pour l’Enseignement ne travaille pas en vase clos : elle est avant tout un lieu d’échange entre employeurs, écoles, associations et experts, dont les initiatives sont soutenues financièrement par des acteurs philanthropiques. 

« En cinq ans, nous avons bien travaillé », conclut le secrétaire général de la Fondation. « Mais cela reste un défi de faire correspondre offres et manières d’enseigner avec les besoins des employeurs et l’épanouissement des élèves… et futurs salariés. Nous insistons tout particulièrement sur l’importance de l’implication des entreprises dans nos travaux. Nous comptons sur elles pour continuer à soutenir ces initiatives citoyennes. » 

 

Thierry Castagne succédera à Luc Willame 

À l’occasion de cette journée académique, le président de la Fondation pour l’Enseignement, Luc Willame, a dressé un discours inaugural en forme de bilan de ces cinq ans d’activités. Mais c’était aussi un discours d’adieu : il a annoncé que Thierry Castagne, ex-président d’Agoria et CEO de Technifutur, lui succédait. Luc Willame continuera toutefois à siéger au CA. 

Trois projets-pilotes soutenus par la Fondation 

1. Entr’Apprendre : les enseignants en stage en entreprise. Entr’Appprendre est un programme de formation continue lancé en 2015, coordonné avec l’IFC (Institut de la Formation en Cours de Carrière) et les instituts de formation continue des différents réseaux d’enseignement francophone. Il permet aux enseignants du secondaire qualifiant d’effectuer des stages en entreprise afin de mieux appréhender le métier et le milieu professionnel auxquels ils préparent leurs élèves. Ces derniers pourraient d’ailleurs y effectuer eux-mêmes un stage. Plus de 300 enseignants y ont déjà participé ; 25 entreprises de l’industrie technologique, de l’économie, des sciences appliquées, de la construction et de l’hôtellerie-alimentation font partie du programme.  

Info : www.entrapprendre.be 

2. Story-me : développer ses compétences entrepreneuriales. Projet-pilote de trois ans destiné aux élèves de l’enseignement technique et professionnel de la Région bruxelloise, Story-me a été lancé en septembre 2017 par huit acteurs philanthropiques et onze associations. Il propose de développer les compétences entrepreneuriales des élèves (prise d’initiatives, créativité, persévérance, esprit d’équipe) en les faisant travailler sur un projet selon les méthodes de pédagogie active. Dix écoles bruxelloises y participent en 2018-2019, pour 2.000 élèves impliqués, ainsi que 120 directeurs et enseignants qui ont déjà été spécialement formés. 

Info : www.story-me.be. 

3. Cokleeco : repérer les meilleures pratiques école-entreprise. Sous le nom très champêtre Cokleeco (building Common KnowLEdge between Education and COmpany) se déploie un programme européen Erasmus+ qui vise à repérer les bonnes pratiques régissant les relations entre écoles qualifiantes et entreprises. Créé à Lyon en 2016, il doit notamment aider à améliorer l’employabilité et l’esprit d’entreprendre des futurs diplômés. La Belgique y participe avec l’Espagne, l’Italie, la France et la Pologne. La Fondation pour l’Enseignement est un des partenaires. En mai 2018, plus de 45 « bonnes pratiques » avaient déjà été mises en commun. Et en novembre 2018, un parcours de formation pour enseignants a aussi été co-construit, activant des initiatives locales dans les pays participants. 

Infos : www.fondation-enseignement.be/node/262 

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