Robert et Alice Fontaine : « Se donner jusqu’à 2030 pour agir, c’est trop tard »

Par Johan Debière  - 2 juin 2019 à 12:06 | 308 vues

Alice & Robert Fontaine (MIVB)

Le père, sensible aux évolutions technologiques qui font bouger le monde dans le bon sens, est impatient du rythme trop lent des changements. Sa fille est encore dix fois plus impatiente : voici le portrait de Robert Fontaine, Manager Strategic Planning et CSR à la Stib, et de sa fille Alice. 

 

« Je vois davantage de mobilisation de certains publics, l’adoption de certaines technologies comme la voiture et les vélos électriques, et de pratiques comme la diminution de la viande ou le bio, mais le rythme s’est-il vraiment accéléré ? », s’interroge Robert Fontaine. « On freine certes certaines pratiques nuisibles à l’environnement (voitures diesel, huile de palme), mais on est loin des mesures drastiques nécessaires. » À ses yeux, se donner jusqu’à 2030 voire 2050 pour les échéances les plus urgentes est clairement insatisfaisant. 

Pour Robert, il est capital d’accompagner le citoyen dans les changements, sans quoi « nous prenons le risque de ne pas pouvoir atteindre les objectifs ». Quant à savoir sur quelle cible se fixer en priorité, sa fille Alice (16 ans) évoque les grandes multinationales qui « doivent changer les premières, car elles ont à la rigueur plus d’impact que les politiques » 

Les marches pour le climat ont-elles permis de faire bouger les choses ? Robert ne le pense pas, même si elles ont pu contribuer à « faire remonter le sujet de quelques places ». De son côté, Alice estime qu’elles ont au moins permis de prouver que les jeunes sont massivement sensibilisés à la thématique climatique, avec un effet ricochet sur la politique : « Comme ce sont les électeurs de demain, je pense que cela a un impact ». Comme son papa, Alice pense que cela s’est constaté dans la campagne électorale.  

S’il est un acteur économique à mettre en évidence, Robert cite l’exemple de Colruyt, « qui innove pas mal avec ses éoliennes, ses panneaux photovoltaïques et ses tests de propulsion à hydrogène ». Bien placé pour parler des évolutions dans les transports publics, il évoque aussi l’électrification des bus, qui est à ses yeux un changement majeur. Mais les évolutions les plus fortes, c’est du côté des start-up et des petites entreprises qu’il les observe, chez les fabricants et les opérateurs de trottinettes ou de vélos électriques par exemple : « Ils n’ont pas un business à défendre, donc ils peuvent aller franchement vers des business models novateurs. » 

Concrètement, que font Robert et Alice pour apporter leur pierre à l’édifice ? « Je me rends au bureau à vélo ; j’équipe ma maison de vannes intelligentes afin d’optimiser le chauffage ; j’évite les produits qui ne sont pas de saison et/ou qui viennent de loin ; je recycle aussi l’eau de pluie ; je privilégie le train et je bannis l’avion des voyages effectués en Europe ». Robert évoque ainsi ce périple que lui et sa famille voulaient effectuer jusqu’à Venise en train de nuit : « La veille, nous avons appris que les grèves SNCF nous priveraient de ce voyage. En dernière minute nous avons, à regret, pris des billets d’avion ». Pas si facile de voyager durable... Robert tend aussi à limiter sa consommation de viande. Sans l’avoir complètement bannie, il a pris le pli d’en manger moins souvent, mais de meilleure qualité. « J’achète bio systématiquement et fair trade quand c’est possible. »  

Alice se déplace elle aussi à pied et en transports en commun. Avec un papa qui a des responsabilités à la Stib, ça tombe sous le sens. Alice pousse plus loin son effort puisqu’elle ne mange plus du tout de viande. Son prochain camp guide sera « zéro déchet », avec des achats en vrac, la fabrication de t-shirts avec de la deuxième main, du savon et du shampooing écologiquesEt puis, Alice a aussi participé à plusieurs marches pour le climat, mais ça, vous vous en doutiez un peu… 

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