Good Move : citoyens et parties prenantes ont été entendus

Par Peter Van Dyck  - 14 août 2019 à 22:08 | 319 vues

Jean-Rodolphe Dussart

Good Move, le nouveau plan de mobilité régional, est actuellement à l’enquête publique. Un plan de plus, concocté dans une tour d’ivoire, loin de la réalité ? Pas question ! Jean-Rodolphe Dussart, responsable de la planification chez Bruxelles Mobilité, nous en raconte la gestation inédite. 

 

« Good Move ne pouvait pas être une élucubration de l’administration, imposée aux usagers et aux parties prenantes », déclare Jean-Rodolphe Dussart. « La Région de Bruxelles-Capitale a demandé l’aide des habitants et des opérateurs responsables de la mise en œuvre du plan. Que de bonnes volontés ! Nous organisons depuis octobre 2016 de nombreux ateliers bilatéraux en petits comités, ainsi que de grands colloques. Tout cela pour identifier les problèmes de mobilité, les objectifs et les pistes possibles. » 

 

M. Dussart évoque les trois atouts de la procédure. Tout d’abord, le panel citoyen : « Nous avons invité 40 citoyens, un bon mix d’âges, de genres et de diversité socio-économique. Ces personnes sont venues au Parlement bruxellois trois week-ends d’affilée. Des experts en mobilité les ont encadrées pour mieux comprendre la situation. Le panel de citoyens a rédigé, avec beaucoup de bon sens, une résolution en cinq pages, qui a ensuite été examinée par le Parlement bruxellois. Gros avantage : l’intérêt personnel n’y avait pas sa place. Le panel était tenu d’adopter une approche globale. »

 

Deuxième atout : l’excellente coopération avec les parties prenantes, parmi lesquelles des opérateurs importants tels que la Stib et Bruxelles Environnement (pour évaluer des aspects tels que la pollution atmosphérique et sonore), sans oublier les bourgmestres qui s’étaient impliqués. Tous se sont rassemblés pour réfléchir. « Le troisième atout était une prise de conscience : la mobilité est plus qu’un problème ou la congestion dans le tunnel Léopold II. Elle comporte aussi de nombreux éléments positifs. Nous avons énuméré une cinquantaine d’initiatives utiles aux piétons, aux cyclistes et aux transports publics. » 

 

Des quartiers attrayants 

Malgré les discussions, le travail fluide a rapidement abouti à un accord sur les objectifs. Toutes les propositions ont été consignées dans un document unique. « Tant les associations de défense de l’environnement que les entreprises ont qualifié le texte de cohérent et d’ambitieux. Le gouvernement bruxellois n’a pas voulu le modifier, ce qui témoigne de la légitimité et de la crédibilité du document. Contrairement à l’ancien plan de mobilité Iris 2, Good Move est une co-création. Les gens ont vraiment été entendus et leurs souhaits se retrouvent dans le plan. Et l’implication des opérateurs ouvre des perspectives de concrétisation du plan. » 

 

Pour Jean-Rodolphe Dussart, Good Move repose sur deux principes fondamentaux. « Primo, la qualité de vie, pour rendre la ville plus attrayante pour ses habitants et ses entrepreneurs. L’idée consiste à diviser la zone urbaine en 50 quartiers dont nous réduisons considérablement le trafic de transit au moyen d’un plan de circulation. Nous y créons de nouveaux espaces publics, avec des zones de promenade, au cœur des quartiers. Le quartier autour de la chaussée d’Ixelles, de la Porte de Namur à la place Fernand Cocq, a déjà été repensé de cette manière, et avec succès. Le deuxième fondement de Good Move est la mobilité en tant que service (MaaS), pour laquelle la Région doit définir un cadre. Des entreprises comme Uber et Google préparent déjà une telle MaaS, mais elles privilégient leurs propres intérêts : elles veulent évidemment tirer d’abord profit de leurs services. Uber, par exemple, est plutôt orienté voiture, alors que nous voudrions que l’auto disparaisse du paysage urbain autant que possible. Aujourd’hui, les opérateurs sont toujours en concurrence et incompatibles. Or, la MaaS devrait assurer l’intégration de tous les modes de transport. » 

 

 

Partager