Pour ou contre les trottinettes électriques en free floating ?

Par Gaëlle Hoogsteyn  - 14 août 2019 à 15:08 | 446 vues

@Belga

Les trottinettes électriques envahissent la capitale. Rapidement adoptée par un large public, cette solution de mobilité semble répondre à une véritable attente.Elle pose aussi son lot de problèmes. Alors, une solution de mobilité pas si douce? 

 

Pour  

Lorenzo Stefani, Public Relations Manager & Spokesman chez Touring 

La micromobilité existe de longue date aux États-Unis et est progressivement arrivée en Europe, en particulier dans les villes où l’indice de mobilité est mauvais, comme Bruxelles. Cette micromobilité douce est essentielle pour diminuer le bruit, la pollution, etc. Le problème est qu’en raison de la lourdeur administrative et de la fragmentation des compétences, elle s’est installée de façon sauvage, sans cadres légaux, infrastructures etc. On se trouve dans une situation où le secteur privé, sans même faire appel au public, met en place des solutions. Il y a une véritable incompétence à gérer la mobilité à Bruxelles. Selon Touring, il faudrait créer une commission fédérale qui prenne en main tout ce qui touche à la mobilité. 

La micromobilité existe déjà pour les livraisons (alimentation, poste, DHL…) et cela marche très bien. Pourquoi pas pour les particuliers ? S’il y avait une vraie réflexion stratégique en amont, ces trottinettes électriques pourraient faire partie de la solution mobilité. Il faudrait par exemple créer des plateformes multimodales regroupant tous les transports publics, partagés et privés, avec un système de paiement unique et une assurance unique. Ces plateformes pourraient guider l’automobiliste vers le parking de délestage le plus proche, le transport en commun le plus rapide et enfin la trottinette électrique pour les derniers kilomètres.  

Le cadre légal doit s’adapter, et rapidement. Les trottinettes sont là, de plus en plus nombreuses. D’après les derniers chiffres, pas moins de 4 000 sont déjà en circulation. Dans des villes comme Lyon, Bordeaux ou Copenhague, qui disposent d’une commission fédérale de la mobilité, ces modes de transport sont un succès, car ils sont intégrés dans une stratégie. Pourquoi pas à Bruxelles ?  

 

 

Contre  

Boris Dilliès, Bourgmestre d’Uccle 

Actuellement, à Uccle, notre bilan concernant les trottinettes électriques est plutôt mitigé, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que, contrairement au vélo, elles ne constituent pas une alternative à la voiture. Elles sont majoritairement utilisées par des piétons qui faisaient auparavant les mêmes trajets à pied. Seuls 3% des utilisateurs emploient les trottinettes comme alternative à leur voiture. Si elles peuvent faire partie d’une solution mobilité globale, elles ne vont pas à elles seules résoudre le problème de l’engorgement bruxellois.  

La désorganisation et le désordre complet au niveau de l’espace public sont un autre problème. On retrouve ces trottinettes un peu n’importe. Elles peuvent constituer des obstacles dangereux pour les piétons et les personnes à mobilité réduite. Dans ce cadre, nous avons eu plusieurs réunions avec les différentes sociétés pour les inviter à bien stationner elles-mêmes leur flotte et donner ainsi le bon exemple aux usagers. On leur a aussi indiqué des zones de dépôt et cela va déjà mieux, il faut le reconnaître.  

Il faut aussi que la Région définisse des règles de circulation. Actuellement, nos agents de police ne sont pas habilités à verbaliser les utilisateurs qui ne respectent pas les règles, tout simplement parce qu’il n’y en a pas. Il y a un vrai problème de sécurité. Les services d’urgence des hôpitaux soignent de plus en plus de victimes d’accidents de trottinette.  

Ce système de trottinettes, aussi sympathique soit-il, est selon moi une fausse bonne idée. Il ne faut pas l’interdire, mais l’encadrer, pour une organisation harmonieuse des différents moyens de transport.  

 

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