Projet 303030 : réduire l’impact CO2 d’ici 2030

Par Géry Brusselmans  - 2 septembre 2019 à 10:09 | 1049 vues

Une dizaine de responsables d’entreprises bruxelloises ont jeté les bases d’un projet baptisé 303030. D’ici 2030, 30 initiatives inédites pour la capitale auront pour objectif de réduire de 30 % les émissions de CO2. 

 

Fin juin au Cercle de Lorraine, une dizaine de responsables d’entreprises et hauts managers jetaient les bases d’un projet imaginé et piloté par Beci. Son nom ? 303030. Ce titre résume les trois défis que tenteront de remplir divers acteurs bruxellois : réduire de 30 % les émissions de CO2 d’ici 2030 grâce à 30 projets inédits.  

« Lors des élections communales et plus récemment régionales et fédérales, nous avons rencontré de nombreux élus », explique Olivier Willocx, CEO de Beci. « Nombre d’entre eux nous ont fait part de leur souhait d’agir sur le changement climatique, plus directement sur les émissions de CO2 au niveau régional et communal. Or, ils n’ont pas toujours les solutions adéquates. Nous avons pris l’initiative de rassembler autour d’une table de nombreux décideurs du secteur privé, afin de concrétiser des idées, sans que le pouvoir politique ne vienne s’immiscer dans la discussion, en tout cas pas avant que les projets n’aient pris forme. »  

Certes, de nombreuses entreprises, en interne ou pour leurs clients, ont déjà mis en place une forme de transition durable : économies d’énergie via des panneaux photovoltaïques, promotion de la mobilité douce ou encore développement d’espaces verts sur le toit. Le projet 30/30/30 entend surtout apporter sa pierre à l’édifice en développant des actions inédites à Bruxelles, pourquoi pas inspirées de projets étrangers, grâce à des synergies entre les différents acteurs. C’est la raison d’être de cette première réunion au Cercle de Lorraine : connaître les diverses positions, actions et volontés des acteurs bruxellois réunis. Parmi les entreprises présentes, citons Interparking, Vinci Facilities, Vivaqua, Tractebel, Engie, Sibelga ou encore Proximus. Des personnalités comme Laurent Willaert (Febiac), Martine Tempels (Telenet), Patrick Vandenhoeke (Solvay), Bruno Colmant (Degroof Petercam) ou encore de Sven Hebbelinck (UZ Brussels) ont également manifesté leur soutien et participeront d’une manière ou d’une autre aux étapes de concrétisation du projet. 

 

Une approche collaborative 

Le défi de ces prochains mois sera surtout de faire collaborer des entreprises qui n’ont pas forcément les mêmes conceptions, les mêmes types de services, la même taille ou la même vision de la durabilité. « La mise en commun des idées, en l’occurrence les synergies, sera un point fort du projet 303030 », estime Olivier Willocx. « L’idée est surtout de penser out of the box, hors des sentiers battus, et de collaborer plutôt que de penser en termes de compétition. »  

Lors de cette première réunion, les responsables des entreprises ont tracé quelques pistes de réflexion, tels les enjeux de la mobilité électrique, amenée à se développer ces prochains mois à Bruxelles. On évoque beaucoup ses avantages en termes de réduction des émissions de CO2 mais peu conçoivent les adaptations nécessaires au niveau des infrastructures. Il faudrait dès aujourd’hui envisager la manière d’amener l’électricité dans les parkings et développer des normes de sécurité en cas d’incendie lié à une batterie. L’un des autres enjeux évoqués concerne la formation : « Si on ne forme pas des personnes à cette transition, le risque sera de passer à côté », explique un responsable autour de la table. Citons également le télétravail qui, s’il est positif en termes de mobilité, n’en est pas moins énergivore : la consommation de chauffage d’une journée d’hiver, dans la maison d’un particulier, entraîne indéniablement un impact CO2 supérieur au déplacement d’une voiture d’un point A à un point B pour se rendre au bureau. Rappelons d’ailleurs qu’à Bruxelles, c’est le chauffage des bâtiments dans son ensemble qui est le plus grand émetteur de CO2 (61 %), loin devant le transport (29 %). 

 

Fin de la première phase en décembre 2019 

Par ailleurs, la durabilité doit passer par un investissement technologique et par la récolte de données, inexistantes dans certains domaines, pour analyser les besoins. Une longue liste d’idées a déjà pu être bouclée, qui permettra de sélectionner des projets porteurs. Les idées dont l’impact est inférieur à une réduction de 0,3 % des émissions ne seront pas prises en considération dans le projet 30/30/30.  

La première phase, dont le budget total est estimé à 100 000 euros, sera bouclée en décembre 2019. Elle permettra d’établir la « short list » des 30 idées portées par les différentes entreprises bruxelloises impliquées. Une seconde phase, planifiée pour l’année 2020, doit permettre de concrétiser les idées retenues en partenariat avec les entreprises et les politiques. Une communication ainsi qu’une sensibilisation auprès du grand public seront également mises en place lors de la dernière phase du projet. « L’idée première, même si les projets doivent apporter un profit, est surtout de mettre en commun des idées et pouvoir situer Bruxelles sur une carte », conclut Olivier Willocx. Les entreprises qui pensent pouvoir encore apporter leur pierre à l’édifice peuvent grimper dans le train en marche et contacter Beci. Il n’est jamais trop tard pour embarquer dans la durabilité !  

 

 En savoir plus

Site web : https://www.303030.eu/

Contact : Cécile Huylebroeck – ch@beci.be

 

[À NE PAS MANQUER]

Chaque année, Beci rassemble les acteurs bruxellois autour d’un enjeu majeur. Cette année, c’est le thème du changement climatique qui est à l’agenda.

Venez échanger avec les décideurs politiques et économiques le 16 octobre prochain sur les initiatives que peuvent prendre les entreprises face au défi climatique !

INSCRIPTION : https://lnkd.in/gZXmnNC

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