Plan cafétéria : Acerta ne veut pas tout régenter

Par Peter Van Dyck  - 18 septembre 2019 à 17:09 | 327 vues

D.R. Chris Wuytens

Pour les employeurs, le temps de la formule mobilité unique est révolu. Acerta trouve la solution dans le plan cafétéria. « Chacun a son propre incitant. » 

 

L’individualisation et la flexibilisation gagnent désormais la mobilité : voilà une des conclusions des recherches menées par Acerta en tant que prestataire de services RH. « Davantage de gens vont au boulot à vélo : 26 % en 2018, soit 9 % de plus que l’année précédente », explique Chris Wuytens, managing director d’Acerta Consult. « La voiture de société se maintient, mais 11 % des gens combinent auto et vélo. » 

La flexibilité du plan cafétéria permet aux entreprises de s’aligner sur cette tendance. « Les complexités juridiques ont longtemps freiné l’instauration d’un plan cafétéria », se souvient Chris Wuytens. « Mais les réticences diminuent. Les préjugés contre les paperasseries administratives reculent devant le nombre croissant d’organisations qui prennent le risque. Les plans cafétéria vont sans doute se multiplier. » 

 

Individualisation 

Acerta a son propre plan cafétéria par lequel les collaborateurs peuvent choisir entre diverses options de mobilité : voiture, vélo, abonnement de train… « Nous nous préoccupions déjà de la mobilité avant ce plan », raconte Raf Gilles, director reward chez Acerta. « La proximité des transports en commun influence depuis longtemps nos choix quand nous cherchons de nouveaux bureaux. » Un petit plan cafétéria existait déjà chez Acerta en 2014, pour offrir des alternatives à la voiture de société. « Celui qui acceptait une voiture plus modeste recevait en plus un abonnement de train. Du donnant-donnant : échanger un avantage contre un autre. » 

Acerta a pris deux décisions. Primo : la voiture de société, à usage privé ou professionnel, doit être fiable, économique et écologique. Secundo : pas de carte carburant pour le véhicule. « Quatre ans plus tard, nous avons 147 collaborateurs avec une voiture ‘cafétéria’ », dit M. Gilles. « 92 viennent au boulot en voiture, 27 prennent le train, 4 le bus et 24 le vélo en dépit de leur contribution pour une voiture privée. »  

Acerta a produit des brochures informatives sur le plan cafétéria, la mobilité et le télétravail. « L’employeur doit communiquer clairement à ce sujet et laisser au personnel le temps de s’habituer aux nouvelles formules », affirme Raf Gilles. « Un bon plan mobilité génère toujours du bouche-à-oreille. » 

Chris Wuytens confirme : « L’individualisation augmente les chances de réussite. Plus personne ne veut de mesures généralisées. Lorsqu’un pont défectueux m’a obligé à faire un grand détour en voiture pour arriver au boulot, j’ai opté pour le vélo. Chacun a son propre incitant. Les gens changent de comportement lorsque les circonstances les y obligent. » Acerta présente donc une grande diversité en termes de leasing vélo : des vélos électriques, mais aussi des vélos de course ou pliants. « Privilégiez une gestion hétérogène plutôt qu’homogène. Trop d’organisations veulent encore tout régenter. Il vaut mieux proposer une diversité de choix. »  

Acerta y voit une situation win-win, qui facilite par ailleurs le recrutement de nouvelles compétences. Comme le dit M. Wuytens : « Nous sommes une grande entreprise, mais nous démocratisons le plan cafétéria pour des entreprises plus petites qui sont clientes chez nous. Les PME aussi peuvent se différencier avec ce type d’avantages. »  

60 % des employeurs envisagent un budget mobilité, mais sans démarches concrètes à ce stade. Acerta souhaite intégrer le système dans le plan cafétéria, mais patiente pour le moment. « La charge administrative est lourde pour le département RH », estime Raf Gilles. « J’attends des prestataires pour soutenir les organisations dans ce domaine. Ils vont sûrement émerger. Je pense qu’à terme, le budget mobilité deviendra la norme. » 

 

 

 

 

 

 

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