Bien-être au travail ? Une co-responsabilité employeur-collaborateur

Par Nikos Kouremetis (Break-Box) - 11 octobre 2019 à 10:10 | 759 vues

©GettyImages

[Coproduction] Les chiffres de la santé au travail sont alarmants. Bon nombre de travailleurs peinent à venir à bout de la semaine : fatigue chronique,  problèmes de concentration et pertes de mémoire sont au rendez-vous.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Le contexte économique et social est de plus en plus tendu : les fusions, délocalisations et restructurations se multiplient et la concurrence est féroce. Sur le plan professionnel, les objectifs irréalistes, la réduction d’effectifs, les contraintes budgétaires, les nombreuses demandes et informations à traiter toujours plus vite, génèrent un état psychique aggravé par la prise de conscience du caractère insensé de la situation. La souffrance est physique et morale. Comme l’indique M. David Vandenbosch, Psychologue et Coordinateur de la clinique du stress au Domaine – ULB ERASME : « Nous assistons à une augmentation de la charge administrative et une diminution des collaborateurs administratifs, ce qui rajoute de la lourdeur et de la pression. »

Le Dr Nicolas Clumeck, Psychiatre, Directeur Médical au Domaine, confirme que les consultations à la clinique de la gestion du stress ont augmenté de 40 % par rapport à l’an dernier et la tendance reste à la hausse en 2019. Nous sommes confrontés à de multiples sources de stress d’origine affective, familiale, professionnelle. Ajoutez à cela l’usage intensif des nouvelles technologies, la sollicitation extrême du système nerveux, un temps de sommeil trop court, une activité physique insuffisante, voire inexistante et une alimentation peu équilibrée…  C’est la descente aux enfers qui commence.

Le Dr Nicolas Clumeck ajoute : « Le stress chronique impacte très négativement notre santé au niveau psychique. Outre le burn-out, il peut amener certaines personnes à développer des dépressions sévères pouvant mener au suicide. Il peut également avoir un impact très important au niveau physique : risque plus élevé de problèmes cardiaques, troubles du sommeil, perte de concentration et troubles musculo-squelettiques. »

 

Alors comment agir en cinq points ?

D’après le Dr Nicolas Clumeck et David Vandenbosch

  • Par la conscience de la présence des symptômes et de la nécessité d’agir pour diminuer son stress
  • Par la compréhension des mécanismes du stress et des zones de fragilité
  • Par la prise de recul cognitif et l’apaisement émotionnel
  • Par la récupération physique
  • Par l’investissement et l’implication d’activités extra-professionnelles et familiales

 

Quelles solutions ?

Outre les dispositions réglementaires prévues dans le Code du bien-être au travail publié au Moniteur belge du 2 juin 2017, il paraît essentiel d’implémenter les points suivants :

Parmi les actions de prévention possibles au sein de l’entreprise, une solution win-win employeur/travailleur consiste à intégrer une culture de performance humaniste. Il s’agit, par exemple, d’installer des espaces ‘temps de déconnexion’. Ils servent à revitaliser l’organisme et à relâcher la pression avec les techniques du power-napping, de mindfullness et des exercices respiratoires qui ne prennent que 10 à 15 minutes. Les responsables RH peuvent organiser des ateliers, prévoir des matériels adaptés dans des zones de repos. Ils peuvent aussi veiller à dissoudre le sentiment de culpabilité généralement ressenti lorsque l’on se sent ‘non productif’ durant ce temps de pause. Cette pause permet de mieux redémarrer et augmente le niveau d’énergie, de concentration, la mémoire, la créativité, etc. Ces mesures simples sont en fait d’une efficacité redoutable. Elles ont été étudiées de longue date par des universités mondialement reconnues telles Harvard et le MIT.

Le message est très clair : nous ne sommes pas des robots, ni de supers logiciels. Nous sommes des êtres humains, qui avons besoin de ce temps de recharge pour notre système nerveux et, à ce titre, nous organisons les choses pour que chacun puisse se sentir respecté dans ses besoins individuels. La pause ‘en cachette’ appartient au passé. Le XXIème est dans une toute autre dynamique.

Pour le travailleur, la prise de conscience de la situation de stress au travail constitue un premier pas. Il est nécessaire pour amorcer le changement, sortir du déni, abandonner le sentiment de honte lié à l’état de fatigue chronique, être capable de relativiser en prenant le recul suffisant. Le travailleur peut également renforcer l’estime de soi afin de ne plus rechercher la valorisation auprès de la hiérarchie. Il peut en outre acquérir diverses techniques de gestion du stress, dont la stratégie de copying, comme souligne David Vandenbosch. Il devient ainsi expert en récupération mentale, physique et émotionnelle et évitera de ‘toucher le mur’.

En conclusion, le bien-être au travail est une responsabilité partagée entre l‘employeur et le travailleur, compte tenu des mutations incontestables que connaît le monde du travail et les nombreux défis auxquels sont confrontés les entreprises et leurs effectifs. Les entreprises de demain auront un service RH capable de porter « l’humain » au cœur de la culture de gestion. Elles mettront en place des outils concrets pour faire face aux défis futurs avec une équipe forte et prémunie. Il importe que l’entreprise s’interroge sur son fonctionnement interne. Il faut qu’elle propose des outils de récupération physique et d’apaisement émotionnel pour préserver le bien-être au travail.

 

Nikos Kouremetis

Concepteur de la Break-Box

 

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