L’Afrique : croissance et opportunités

Par Vinciane Pigarella  -  - 14 novembre 2019 à 11:11 | 279 vues

@Getty

La plupart des pays africains connaissent aujourd’hui des taux de croissance économique qui feraient pâlir d’envie bien des pays européens.  Pas étonnant que le continent soit décrit par beaucoup d’analystes comme une terre d’opportunités.  Vous êtes une entreprise bruxelloise qui souhaite développer des relations d’affaires en Afrique ? Le Club Afrique de Beci vous ouvre la voie.  

 L’Afrique est sans aucun doute le continent de demain.  Les possibilités de développement ne vont cesser de croître d’ici les 30 à 40 prochaines années.  Beci l’a très bien compris.  C’est pourquoi depuis sa création en 2007, le Club Afrique poursuit un double objectif, comme l’explique son responsable, Jean-Philippe Mergen.  « On a créé le Club Afrique pour d’une part aider les entreprises actives dans le domaine des infrastructures, qu’il s’agisse de grands groupes de construction ou des plus petites PME, à se connaître, échanger et éventuellement collaborer pour répondre à un appel d’offre sur le continent africain.  Ensuite, le second objectif, c’est d’être le relais entre ces entreprises, ces PME bruxelloises et les entreprises locales africaines pour permettre au secteur privé local et à la main d’œuvre, à l’emploi local de se développer. » 

 

Des opportunités à saisir 

Deux objectifs pour une même finalité : répondre à un besoin croissant d’infrastructures, qui va bien au-delà du domaine du génie civil ou de la construction. « Les télécommunications, la gestion des déchets, le tourisme, l’agriculture ou encore la formation et l’éducation, sont autant de nouvelles possibilités d’investissements. » Régulièrement, des réunions thématiques sont organisées afin de présenter les opportunités à saisir sur le continent africain.  Des moments de networking ouverts à tous, membres ou non de Beci. « Nous essayons d’avoir un calendrier avec environ six réunions par an », précise Jean-Philippe Mergen. « À cela s’ajoutent les opportunités qui se présentent lors de visites officielles de délégations africaines dans notre pays, comme ce fut le cas en 2019 avec une délégation du Sénégal puis, en marge d’une visite officielle du président Félix Tshisekedi, lorsque nous avons accueilli une délégation d’entrepreneurs congolais. » 

 

Un réseau d’experts à disposition des entreprises bruxelloises 

En plus de ces réunions informatives, le Club, qui est aussi un réseau d’experts, fonctionne sur base de demandes plus individuelles de sociétés qui cherchent une information particulière sur un pays africain. « Dans ce cas, nous pouvons mettre la société en lien direct avec l’un de nos experts ou il arrive que nous organisions des séances d’informations pour un plus grand nombre. »  Le Club Afrique a par exemple invité un bureau d’avocats bruxellois spécialisés dans les relations avec l’Afrique pour parler du droit OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).  Ce droit pratiqué dans une partie de l’Afrique de l’Ouest facilite les échanges et les investissements et garantit la sécurité juridique et judiciaire des activités des entreprises africaines. « L’idée est de développer un réseau d’experts du continent africain, qui soit à disposition des entreprises bruxelloises.  C’est important qu’elles sachent où trouver la bonne information », poursuit M. Mergen. « Dans le même ordre d’idées nous avons organisé une rencontre avec Credendo, qui évalue les risques d’investissement, notamment en Afrique. » 

 

Le soutien de bailleurs de fonds 

Pour financer ces projets transversaux, le Club Afrique peut compter sur le soutien de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne ou encore de la Banque Africaine de Développement, pour ne citer que les principaux. Des bailleurs internationaux, garants de toute une série de critère pour faciliter et protéger l’investissement. Si investir comporte toujours une part de risque, quand cela se passe sur le continent africain, d’autres critères sont à prendre en compte. « Il faut surveiller le risque financier en priorité, bien sûr, mais en Afrique, il faut également être attentif à la stabilité du pouvoir en place ou à l’ouverture par rapport aux entreprises étrangères. Nous avons remarqué que les entreprises bruxelloises, et belges de manière générale, sont intéressées par l’Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal sont des pays qui attirent les investisseurs. » 

Si de grandes sociétés investissent sur le continent, il existe des opportunités à saisir pour les plus petites PME. Risque de corruption, politique en place instable, méfiance vis-àvis des autorités locales… sont autant de barrière à faire sauter pour que les plus petites entreprises osent investir sur le continent africain. « Nous remarquons que ce sont ces plus petites entreprises qui ont le plus grand besoin de garanties. Ce sont elles qui posent le plus de questions quant aux risques.  Elles préfèrent développer de bonnes relations commerciales, trouver des distributeurs ou participer à des projets de développement à petite échelle, avant d’investir dans une filiale locale qui a un coût et qui n’est pas facile de gérer à distance. »   

Heureusement, il y a fort à parier que le nouveau plan d’investissement extérieur de l’Union Européenne jouera un rôle important dans la promotion d’une croissance inclusive et dans la création d’emplois en Afrique. De quoi offrir de nouvelles opportunités de rencontres et de partenariat entre les entreprises bruxelloises et africaines. 

 

 

 

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Jean-Philippe Mergen

Director Export - Enterprise Europe Brussels