L’export sous l’œil de l’Agence pour le commerce extérieur

Par Didier Dekeyser  - 19 novembre 2019 à 09:11 | 145 vues

La mission économique organisée en février dernier au Mexique, en collaboration avec les agences régionales du commerce extérieur, peut être qualifiée de grand succès. @Belga

L’Agence pour le commerce extérieur a été créée par un accord de coopération conclu entre l’autorité fédérale et les régions : s’y rencontrent donc les compétences fédérales en matière de politique internationale et les compétences régionales en matière de commerce international, ce qui en fait un bel outil pour tous les entrepreneurs belges. Nous avons rencontré son Directeur Général, Fabienne L’Hoost. 

 

Comment se porte notre balance commerciale en 2019 ? 

Au cours du premier semestre 2019, le surplus global de la balance commerciale belge s’élevait à un peu moins de 6,7 milliards1, soit 1,8 milliard de moins par rapport à la même période l’an dernier. Cette baisse s’explique par la forte augmentation des importations de biens en provenance des États-Unis, du Japon et de Suisse. De manière générale, la balance commerciale de la Belgique est surtout positive avec les pays de l’UE. L’Asie reste, hors Europe, le principal partenaire de Belgique avec 9 % de nos exportations et 14,7 % de nos importations.  

 

On parle peu de l’Inde qui a pourtant une population aussi importante que celle de la Chine, même si le pouvoir d’achat n’y est pas semblable. Ce pays ne présente-t-il pas d’opportunités majeures ?  

Ces dernières années, l’économie indienne connaît, en effet, une vraie mutation. Afin de bénéficier des nombreuses opportunités offertes par ce pays, deux missions économiques conjointes belges ont été organisées : l’une en 2010 (170 entreprises, 255 hommes d’affaires et 27 accords conclus) et la plus récente en 2013 (340 participants).  En 2017, nos souverains s’y sont également rendus afin de célébrer 70 ans de relations diplomatiques entre les deux pays.  Trente-huit contrats ont été signés à cette occasion ! 

En 2018, la Belgique était, au sein de l’Union Européenne, le deuxième plus grand exportateur de marchandises vers l’Inde avec un montant de 7,9 milliards, soit 17,3 % du total des exportations européennes. Bien que le diamant reste un des éléments centraux du commerce bilatéral, de nombreux secteurs offrent des perspectives prometteuses. Il en est ainsi des « Machines et appareils », dont les exportations se sont chiffrées à 590 millions en 2018, soit 312,9 millions de plus par rapport à 2013. Ces cinq dernières années, les produits chimiques, principal secteur d’exportation belge, ont également enregistré une belle croissance. Poussées par les ventes importantes de vaccins, les exportations de cette catégorie se sont élevées à 680,9 millions en 2018, en progression de 248,1 millions par rapport à 2014. 

Pour le commerce de services, on constate entre autres une forte croissance des ventes de services de télécommunication, d’information et informatiques.  Leurs exportations sont passées de 31 millions il y a cinq ans à 104 millions fin 2018.  

 

Les missions économiques que vous organisez, qui ont l’avantage indéniable d’être appuyée par le Roi ou l’un de ses représentants, connaissent souvent un grand succès, ce qui se traduit concrètement en signature de contrats. L’année 2019 sera-t-elle un bon cru ? 

Fin 2019, nous aurons organisé deux missions économiques conjointes présidées par SAR la Princesse Astrid, en étroite collaboration avec les trois instances régionales de promotion du commerce extérieur : hub.brussels, l’Awex, le FIT et le SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement. 

La mission au Mexique de février 2019, avec une délégation d’affaires forte de 202 participants, représentait pas moins de 130 entreprises, était près de 2,5 fois plus importante que la dernière mission économique au Mexique de 2009. Au total, 283 personnes y ont pris part. Parmi les entreprises participantes, les secteurs les plus représentés étaient ceux de l’industrie agro-alimentaire, l’industrie des TIC et des télécommunications, l’industrie pharmaceutique, de la biotechnologique et parapharmaceutique, les industries de l’énergie, des énergies renouvelables et cleantech, de la santé et des sciences de la vie.  

Cette mission au Mexique, quinzième économie mondiale et payscharnière entre les États-Unis et l’Amérique latine, a d’ailleurs coïncidé avec l’élection d’un nouveau président, Andrés Manuel López Obrador, qui a reçu la délégation officielle belge. Au total, 15 contrats et accords ont été signés.  

La prochaine mission économique aura lieu en République populaire de Chine, du 17 au 22 novembre. Elle doit être le point d’orgue de l’année 2019, avec une délégation qui doit compter 630 participants représentant 311 entreprises. La Princesse Astrid et les ministres doivent être reçus au plus haut niveau de l’État. Le programme permettra aux entreprises de nouer ou renforcer des liens avec des partenaires locaux. Deux réceptions officielles de grande envergure, avec 1.100 participants prévus, auront lieu à Pékin et Shanghai. Parmi les entreprises participantes, les cinq secteurs les plus représentés seront ceux de l’industrie agro-alimentaire, les entreprises fournissant des services commerciaux, l’industrie chimique, pharmaceutique et des sciences de la vie, l’industrie du luxe, de la mode et du textile, l’industrie de l’énergie, l’environnement et du cleantech.  

 

En matière de traités de libre-échange, quels sont ceux qui nous ouvrent le plus de portes et pour quels secteurs en particuliers  ?  

Fabienne L’Hoost, Directeur Général de l’Agence fédérale belge pour le commerce extérieur.

La Commission Européenne négocie des accords commerciaux ayant notamment comme objectif la baisse des tarifs douaniers, afin de faciliter les échanges commerciaux.  Depuis 2017, les effets de ces accords sont consignés dans un rapport public adressé aux institutions européennes, le Trade Agreement Implementation Report. Les chiffres disponibles, qui portent sur l’année 2017, montrent qu’environ un tiers des exportations des États membres de l’Union Européenne vers des pays tiers sont encadrées par ces accords. Les principaux partenaires de l’UE pour ces accords sont la Suisse (7 % des échanges avec l’Union européenne), la Turquie, la Norvège et la Corée du Sud. 

Ces accords de libre-échange ont généré une augmentation des flux commerciaux. Depuis la conclusion de l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud en 2011, les exportations vers ce pays ont cru de plus de 55 %.  Un an après l’implémentation de l’accord avec l’Équateur, on y enregistre une hausse de plus de 20 % de nos exportations. Les exportations européennes vers le Canada ont, elles, augmenté de 7 % après l’implémentation partielle du Ceta, il y a deux ans.  Il importe de noter que les plus fortes progressions ont, très logiquement, été réalisées dans les secteurs pour lesquels une diminution des tarifs avait été conclue. La Belgique est particulièrement gagnante car elle a augmenté sa part de marché au sein de l’Union Européenne pour les exportations vers le Canada : alors que les exportations belges représentaient 5,5 % du total européen fin juin 2016, cette part a augmenté à 7,8 % fin juin 2019, avec un pic à 8,7 % fin juin 2018. 

Selon la Commission Européenne, 81,6 % des entreprises belges ont bénéficié de ces tarifs préférentiels ; cette information provient d’une analyse de données émanant de 20 pays ayant conclu des accords avec l’UE.  Les exportations belges vers ces pays représentaient plus de 15 milliards d’euros. Les tarifs préférentiels ont permis d’économiser 400 millions de frais douaniers.  Ces montants devraient encore augmenter : des accords de libre-échange avec le Japon, Singapour et le Vietnam sont en négociation ; d’autres pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande figurent également sur la liste de potentiels partenaires pour ces accords. 

 

 

 

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