Et qu’en pensent les actionnaires  ?

Par Marc Decorte  - 2 décembre 2019 à 16:12 | 64 vues

D.R.

Décembre est traditionnellement le mois des bons vœux, des rétrospectives et des messages tournés vers l’avenir. La conjoncture politique, économique, sociale et financière paraît instable et incertaine : Brexit, guerres commerciales, tensions internationales, taux négatifs, croissance en berne, difficultés budgétaires, réchauffement climatique, difficultés de dégager des majorités dans nos démocraties européennes… 

Cela dit, la résilience des entreprises, leur esprit de créativité et d’innovation, leur volonté d’apporter des solutions sont autant de signes encourageants pour l’année qui s’annonce. 

Qu’en est-il de notre situation politique ? Former un gouvernement qui repose sur une majorité parlementaire stable est devenu un exercice compliqué dans de nombreux pays européens. La Belgique ne fait pas exception. Au niveau des Régions, l’on peut saluer la relative rapidité avec laquelle Bruxelles s’est dotée d’un exécutif. 

Au niveau fédéral, faisons un exercice. Tout théorique, bien entendu, en sachant que comparaison n’est pas raison.

« Qu’en serait-il si la Belgique était une société anonyme et qu’en penseraient ses actionnaires  ? Assurément, les actionnaires s’inquièteraient d’une société sans direction, d’une société mise hors d’état de prendre des décisions stratégiques. »

Certes, la gestion quotidienne est assurée, mais cette gestion ne suffit pas.  

Les urgences tout d’abord. Celles des obligations à assumer. Par exemple, celle de soumettre à l’Europe un budget 2020. Un État fondateur de l’Union Européenne, qui abrite de surcroît la capitale de l’UE, se doit d’être exemplaire. Le marché serait fébrile, et la cotation de la SA en prendrait un coup. Dans la réalité, l’absence d’une direction de plein exercice coûte déjà très cher au pays. 

Comment la SA Belgique sera-t-elle en mesure d’assurer son approvisionnement énergétique, en maîtrisant ses coûts et ses obligations ? Comment la SA Belgique fera-t-elle face aux coûts engendrés par le vieillissement de sa population, tout en conservant ses capacités d’investissement ?  Comment répondre aux défis de l’emploi et de la formation, dans un contexte de métiers en pénurie ? Comment préserver et stimuler nos exportations ? Voilà, parmi beaucoup d’autres, quelques préoccupations des actionnaires qui restent sans réponses satisfaisantes à l’heure actuelle. 

En tout cas, les actionnaires auraient convoqué une assemblée, auraient doté la société d’une direction capable de prendre des décisions importantes. Pour une SA, un ou deux mois de retard peuvent s’avérer une éternité. Que dire de six mois ! Voilà donc le souhait, largement partagé par le monde économique et la société civile : il nous faut un gouvernement fédéral de plein exercice. Le plus tôt sera le mieux.  

 

 Marc Decorte, 

Président de Beci 

 

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