Un chasseur de tendances devenu artisan cirier

Par Elisa Brevet  - 30 décembre 2019 à 11:12 | 676 vues

Jean Manuel Farcy

Longtemps actif dans le domaine des tendances culinaires, Jean Manuel Farcy a décidé de changer de vie. Cap de la cinquantaine passé, volonté de retour aux sources : ce serial entrepreneur nous raconte pourquoi et comment il a décidé de tout quitter pour travailler de ses mains. 

 

Tu es un autodidacte et un serial entrepreneur. Comment ta carrière a-t-elle commencé ? 

C’est vrai que je suis allé à l’école pendant très longtemps, mais pas très souvent… À 16 ans, j’ai commencé une école hôtelière et travaillé en restauration pendant une dizaine d’années. À 26 ans, j’ai créé ma première société : Grain Noir. On était un peu le « Uber » de la nourriture : on vendait des sandwichs et des zakouskis aux hôtels. J’ai vendu cette société et j’ai relancé Blue Pepper, une entreprise « chasseuse de tendances food ». On distribuait des produits prêts-à-manger innovants. Puis, en juin 2019, j’ai décidé de changer radicalement de vie et de me reconvertir dans l’artisanat. 

 

Avant d’amorcer cette reconversion, tu as connu une grande aventure entrepreneuriale. Tu as géré plus d’une centaine de personnes ; comment es-tu parvenu à gérer cette croissance ? 

Je crois que la frustration crée l’ambition. La frustration de ne pas avoir été reconnu à l’école. Je crois que le fait de ne pas avoir vraiment réussi a suscité chez moi un grand besoin de reconnaissance. J’ai dirigé jusqu’à six entreprises, une centaine de collaborateurs, et il est vrai qu’à la fin, je gérais certainement moins les choses qu’au début. 

 

Qu’est-ce qui t’as décidé à te reconvertir ? 

C’est clairement un passage difficile dans ma vie personnelle qui a déclenché ce besoin de changement. J’ai fait un burn-out il y a un peu plus d’un an. Le point de basculement est arrivé quand j’ai pris conscience que l’ambition prenait le pas sur l’individu que j’étais. Le plus compliqué, c’était d’oser l’accepter. Je me suis dit : « J’ai 53 ans, qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? ». Avec ma femme qui est à la fois la mère de mes enfants et mon associée, on a décidé de vendre, par choix personnel plutôt que financier.  

 

Comment la cire est-elle arrivée dans votre vie ? 

Après un processus de vente compliqué et émotionnellement intense, on est partis se ressourcer à Paris chez des amis. Lors d’une soirée, j’ai fait une rencontre incroyable. Cette personne m’a demandé ce qu’on allait faire : on ne savait pas ; on n’avait pas de projet, on voulait prendre six mois pour réfléchir. Elle m’a alors parlé d’un copain artisan cirier à Meudon qui voulait arrêter son activité, mais qui ne trouvait pas de repreneur. À 10 heures le lendemain matin, nous étions chez lui. Après 10 minutes de discussion, ma femme a dit : « On est intéressés » !   

 

 

Vous pouvez écouter en intégralité cette rencontre notre podcast Next Step: https://www.beci.be/podcast.  

 

L’inspiration podcast :  

Plan culinaire. Le saviez-vous ? Notre alimentation raconte notre société, et mieux encore, elle dit beaucoup de choses de vous. Eh oui, c’est fou ce que nos comportements à table et aux restaurants peuvent signifier ! Chaque premier vendredi, retrouvez Nora Bouazzouni et Mélissa Bounoua pour des épisodes aussi gourmands qu’intéressants.

 

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