Plus verte et plus numérique : l’Europe vue par la commission von der Leyen

Par  - 31 décembre 2019 à 11:12 | 685 vues

Ursula von der Leyen

La nouvelle commission européenne, dirigée par Ursula von der Leyen, a été installée le 1er décembre dernier, pour cinq ans. Quel sera l’impact de sa politique économique pour les entreprises belges ? Nous passons en revue quelques points de son programme.  

Il est certes encore tôt pour évaluer la politique économique de la nouvelle commission européenne, à peine entrée en fonction. Si l’on analyse le programme porté par sa présidente, Ursula von der Leyen, on peut toutefois retenir quatre points forts qui indiquent le cap des prochaines années : durabilité, soutien aux PME, numérisation et commerce international.   

 

1. Un « Green Deal » pour l’Europe : L’urgence climatique – mais aussi la croissance durable – a été placée en tête des priorités par Ursula von der Leyen, qui a présenté son « Pacte vert » dix jours à peine après sa prise de fonction. « Faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone à l’horizon 2050 »: l’engagement, affirmé par la nouvelle présidente et repris par le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton, ne manque pas d’ambition, et l’on peut se demander s’il est réaliste à l’aune des développements actuels sur le front climatique. Quoi qu’il en soit, l’Europe de la commission von der Leyen se voit en leader mondial de l’économie circulaire et des technologies propres, et s’engage dans ce but à investir « des montants records » dans la recherche de pointe et dans l’innovation. Quant au financement privé, il faudra lui aussi le « verduriser » pour participer à l’effort. Tous les secteurs sont concernés : transports, énergie, économie circulaire, agriculture, etc. Un accélérateur pour le « green business » européen ?  

 

2. Soutien aux PME : C’est entendu, les petites et moyennes entreprises constituent l’épine dorsale de l’économie européenne ; ce sont elles qui créent la plupart des nouveaux emplois et qui innovent le plus. Les soutenir est, de longue date, un axe fort des politiques économiques européennes et la nouvelle commission n’y déroge pas. Plus que jamais, l’accent sera mis sur le financement de la croissance et de l’innovation, notamment « grâce au parachèvement de l’union des marchés des capitaux ». La commission promet plus particulièrement de travailler à l’allégement des formalités administratives et d’améliorer l’accès des PME aux marchés, mais aussi de créer un fonds public-privé spécialisé dans les introductions en bourse de PME 

 

3. Transition numérique : La commission von der Leyen le reconnaît implicitement, l’Europe a pris du retard. Les « géants » du numérique sont aujourd’hui américains ou chinois, guère européens (si l’on excepte Spotify ou Deezer). Dans un monde changeant, il reste cependant de l’espace pour reprendre ce destin numérique en main : 5G, blockchain, calcul hautes performances, informatique quantique, exploitation des données… L’ambition est de participer à la définition des normes applicables à cette nouvelle génération de technologies, à l’échelle mondiale. À l’échelon de l’UE, la priorité est de parfaire le « marché unique numérique ». Les chantiers législatifs en cours, sur la vie privée (ePrivacy) et la réforme du droit d’auteur, doivent compléter le GDPR.  

 

4. Un commerce libre et équitable : À l’international, en tant que deuxième puissance économique mondiale (après les États-Unis), l’Europe réaffirme son engagement en faveur d’un commerce « libre et équitable ».  Après les accords de « nouvelle génération » signés avec le Canada, le Japon, le Vietnam ou Singapour, la commission affirme sa volonté de conclure rapidement les négociations entamées avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, en attendant d’autres partenariats. La relation désormais délicate avec les États-Unis, passée de la perspective d’un traité à l’application de sanctions, sera forcément au centre des attentions dans les prochains mois.    

 

 

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