Les dépenses de sécurité sociale doivent être en concordance avec les performances de l’économie

Par  - 28 janvier 2020 à 14:01 | 618 vues

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Une nouvelle année, une nouvelle manifestation des syndicats socialistes, une nouvelle action couverte par une indemnité de grève pour laquelle on ne verse pas de cotisations sociales en fonction du financement de notre sécurité sociale. Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) réagit étonné : « Pourquoi manifester et mettre les entreprises en difficulté alors qu’elles assurent la majeure partie des recettes de la sécurité sociale ? Par ailleurs, nous avons signé à la fin de l’année dernière une déclaration commune avec tous les partenaires sociaux. Pour moi, ce n’est pas un chiffon de papier. »

La FEB considère que notre sécurité sociale doit être durable, en ce sens qu’il faut toujours trouver un équilibre entre la solidarité et l’assurance. En 2020, cet équilibre est compromis, particulièrement pour nos pensions : les pensions légales représentent le plus gros poste (41%) des dépenses totales de la sécurité sociale. Et pourtant la contrepartie est trop faible. Le ratio de remplacement (c’est-à-dire le rapport entre la pension nette et le salaire net gagné par le travail) est particulièrement faible : 50,1%. La Belgique investit 28,9% de son PIB dans les dépenses sociales ; elle se situe ainsi dans le peloton de tête de l’OCDE derrière la France.

Une pension de 1.500 EUR

Presque tous les partis politiques se sont prononcés pour une pension de 1.500 EUR. La FEB reconnaît que le relèvement des pensions les plus basses doit être une priorité pour la prochaine législature. Lors de la répartition de l’enveloppe bien-être dans le cadre de l’AIP 2019-2020, les partenaires sociaux en ont affecté une part significative à ces pensions.

On note toutefois une grande imprécision autour de ce chiffre de 1.500 EUR. Ainsi les fonctionnaires ont une pension plus élevée et les indépendants une pension plus basse. Considère-t-on que ce montant est alloué après une carrière de 45 ans, sachant qu’en 2020, le Belge moyen a une carrière de 33 ans (40 ans si on y ajoute les périodes assimilées) ?

Ce montant est-il financé par le premier pilier (via des impôts supplémentaires) ou s’agit-il de la somme des premier, deuxième et troisième piliers ? La FEB estime qu’il serait bien de clarifier rapidement ces questions, mais il est incontestable que nos carrières doivent être allongées et non raccourcies. C’est en effet la seule manière d’obtenir une pension plus élevée.

Comment pouvons-nous continuer à garantir la stabilité de notre sécurité sociale ?

Pour la FEB, plusieurs mesures peuvent être prises pour rendre notre sécurité sociale durable, performante, moderne et simple.

– Prévention des risques : la prévention ne concerne pas que la santé, elle est aussi un moyen de combattre le chômage de longue durée.

– Par ailleurs, l’enveloppe bien-être doit être affectée prioritairement à la lutte contre la pauvreté en réduisant l’écart entre le seuil de pauvreté et les allocations minimums. Dans ce cadre, l’accent sera mis sur les familles monoparentales.

– Une sécurité sociale performante doit stimuler le ‘travail’ qui doit toujours être plus avantageux que ‘l’inactivité’.

Les partenaires sociaux ont également repris ces lignes directrices dans leur déclaration commune : « Une sécurité sociale durable exige que l’on envisage en même temps les rentrées et les dépenses. Nous devons examiner comment rendre la base de financement de la sécurité sociale suffisamment durable pour pouvoir faire face aux différents défis tant à court qu’à long terme. De plus, il est important que les différentes recettes soient structurelles et prévisibles. Il faut également examiner comment maîtriser les dépenses de manière à ce qu’elles soient en concordance avec les performances de notre économie. Il est essentiel de viser ensemble une plus grande efficacité. » La FEB peut-elle considérer que les syndicats socialistes continuent à soutenir cette formulation ?

Pieter Timmermans conclut : « Au lieu de manifester en rue, il me semble plus constructif de formuler des propositions politiques constructives. Si nous parvenons à relever notre taux d’emploi, nous augmentons les recettes et nous diminuons les dépenses de la sécurité sociale et nous les mettons mieux en concordance avec les performances de notre économie. Qui peut s’opposer à cette idée ? »’

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