Brexit dur : quel impact sur la Belgique et Bruxelles ?

Par Vincent Delannoy  - 12 février 2020 à 09:02 | 465 vues

Carnets ATA brexit ©GettyImages

Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne sans accord. Si au terme de la période de transition, fixée à la fin 2020, les deux partenaires ne concluent pas d’accords commerciaux, leurs relations commerciales seront celles de pays tiers, avec l’application de tarifs d’échanges plus élevés. Le Royaume-Uni est le quatrième partenaire commercial de la Belgique. C’est aussi le quatrième partenaire commercial de la Région bruxelloise. Si le scénario du no deal se vérifie, il entraînerait pour la Belgique une perte de 42.000 emplois.

Avec l’Irlande et les Pays-Bas, la Belgique fait partie des pays qui seraient le plus touchés en cas de Brexit dur. Toutefois, cet impact diffère grandement d’un secteur à l’autre et d’une Région à l’autre. En ce sens, l’impact sur la Région bruxelloise, même s’il ne doit pas être minimisé, y serait « limité ». Selon les estimations, les pertes d’emploi s’y chiffreraient entre 4.000 et 5.700 sur un total de 700.000 postes de travail.

À l’échelon national, le secteur le plus touché serait celui de l’alimentation et des boissons, avec des pertes d’emploi estimées à 4.523 unités (soit 4,8 % de l’effectif total du secteur), selon une étude de la KULeuven. En termes d’effectifs, les services administratifs seraient le deuxième secteur négativement impacté avec une perte de 4.334 emplois (soit 1,1 % de l’effectif total). Le textile vient en troisième lieu avec 3.440 pertes d’emploi. Cela dit, en termes relatifs, avec une perte de 14,3 % de ses effectifs totaux, le secteur du textile est celui qui sera le plus durement touché.

500 millions

Quant à la Région bruxelloise, ses exportations vers le Royaume-Uni représentent environ 500 millions d’euros, soit quelque 7 % des exportations totales de la Région. Le premier secteur impacté serait celui de l’automobile (premium électrique), qui représente avec 328 millions d’euros, 65 % des exportations bruxelloises vers le Royaume-Uni. Le deuxième secteur impacté serait celui des produits chimiques (42 millions d’euros), devant l’alimentaire (26 millions d’euros).

Les chiffres (BNB 2017) des exportations belges de biens vers le Royaume-Uni illustrent une situation contrastée au niveau régional : 3,12 % pour Bruxelles, 83,27 % pour la Flandre, 13,62 % pour la Wallonie. Même si la Flandre est nettement plus exposée au scénario du Brexit dur, il ne faut toutefois pas minimiser l’impact sur les deux autres régions du pays. En effet, il faut aussi tenir compte, notamment, des flux intrarégionaux.

Partager

Jean-Philippe Mergen

Director Export - Enterprise Europe Brussels