« Nous ne créons pas de nouveau budget : on le réoriente «

Par Emmanuel Robert  - 7 avril 2020 à 21:04 | 486 vues

Stéphane Obeid (D.R.)

Relancer l’économie à Ganshoren : interview de l’échevin Stéphane Obeid

Ganshoren n’est pas la plus grande commune bruxelloise ; c’est même l’une des plus petites et des moins peuplées. C’est aussi l’une des moins denses en commerces : environ 260 à peine, selon l’Atlas économique et commercial bruxellois. Mais on y a des idées. Celle du chèque-commerces locaux, lancée par l’échevin de l’Économie locale et durable, Stéphane Obeid (MR), pour donner un coup de pouce au budget, fait aujourd’hui beaucoup parler d’elle. Dans la perspective de l’après-coronavirus, plusieurs communes bruxelloises, dont Uccle, s’y intéressent comme outil de relance de l’économie locale : « Une dizaine de mes collègues m’ont déjà demandé mon règlement », témoigne l’échevin.

Ironiquement, le projet avait été conçu bien avant l’épidémie et sa mise en œuvre aurait dû débuter au mois de mars : « Nous étions prêts fin février, avec une trentaine de commerces. L’idée, c’est d’offrir aux Ganshorenois un chèque à dépenser dans les commerces locaux partenaires. Toutefois, nous ne créons pas de nouveau budget : on réoriente un certain nombre de primes communales existantes : primes de naissance, de mariage, mérite sportif… pour les convertir en chèques. » Une manière de soutenir l’économie locale, mais aussi durable : « Tout commerçant peut adhérer, pour autant qu’il s’inscrive dans une démarche de durabilité, par exemple souscrire au Pack Énergie de la Région bruxelloise, ou bien à notre récolte cyclo-organique pour les restaurants. Ce n’est pas très contraignant. En outre, nous sommes ouverts aux suggestions des commerçants, qui peuvent proposer d’autres initiatives. »

Le petit nombre de commerces à Ganshoren ? Stéphane Obeid ne le voit pas comme un obstacle, au contraire : « Cela évitera de diluer la mesure. On va pouvoir injecter nos moyens sur peu de commerces. Nous disposons actuellement de 40.000 € ; en politique de relance, j’aimerais atteindre 150.000 €. »

L’intérêt est tel aujourd’hui que l’on peut imaginer étendre le système à plusieurs communes. « C’est un projet. On pourrait conclure des accords de reconnaissance mutuelle des chèques locaux. » Jusqu’à franchir l’étape d’une monnaie locale, sur le modèle de la Zinne à Bruxelles ? « Le problème, c’est la lenteur dans la mise en place d’un tel système au niveau de la Région. Souvenez-vous de l’échec des éco-iris. Commençons au niveau local. »

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