Réinvention radicale de nos mobilités

Par Stéphane Baudry  - 15 avril 2020 à 13:04 | 407 vues

©GettyImages

Il est aujourdhui incontestable que la crise du Covid-19 a réduit à la portion congrue nos trajets.  C’est à mes yeux de citoyen lambda un moment historique en temps de paix.

Cela doit aussi nous alerter sur la façon de repenser nos déplacements tels que nous les désirons pour notre quotidien intégrant bien entendu dans cette réflexion tant l’aspect social que climatique.
En 2016, le géographe anglais Tim Cresswell considérait la mobilité comme « le sang vital de la modernité et le virus qui menace de la détruire ». Je ne sais pas si cela était prémonitoire, mais ce qui est certain c’est bien en ce moment où la mobilité est entravée que l’on prend conscience de la place centrale qu’elle occupe dans nos modes de vie, nos territoires et nos économies. D’ailleurs, au regard de la rapidité à laquelle s’est déplacé ce virus venu de Chine, il est bien le fruit de cette mobilité vénérée qui nous permet en quelques clics de prendre l’avion et d’aller à l’autre bout de la planète. Mais voilà cette crise a fait apparaître au grand jour la vraie valeur que nous devons accorder aux déplacements en commençant par les hiérarchiser du plus utile au moins important.
« Le confinement est certainement une occasion de prendre de vraies mesures afin ne pas répéter les mêmes erreurs et que cette crise dite COVID-19 serve à quelque chose. »
Il importe de comprendre et donc d’accepter que définir notre mobilité est définir aussi notre rythme de vie et cela que l’on soit actif ou non, nous sommes tous concernés. C’est donc l’occasion de nous interroger sur le cadre de vie que nous souhaitons avoir. Alors que des dizaines de milliers de navetteurs ont désertés (contraints et forcés) Bruxelles depuis le début du confinement, en y réfléchissant, je ne suis pas certain que beaucoup regrettent la promiscuité des trajets ferroviaires ou le KO des embouteillages menant ou sortant de la capitale belge. Nous sommes bien face à une incroyable opportunité à saisir pour construire une mobilité responsable et intelligente.

Enfin, si nous voulons que ce que nous venons de vivre serve à quelque chose pour les générations futures, agissons ensemble pour que cette crise soit aussi le déclencheur d’une politique forte de gestion moderne de la mobilité et, qui sait, l’occasion de penser les déplacements polluants en réfléchissant sérieusement, comme par exemple, sur une mesure égalitaire pour lutter contre le réchauffement climatique.

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