Le secteur technologique tourne à 75%

12 mai 2020 à 12:05 | 198 vues

©GettyImages

Dans les entreprises technologique, on travaille de plus en plus. Alors qu’il ne s’élevait plus qu’à 52,8 pour cent début avril, le taux d’activité moyen a fortement augmenté depuis lors pour atteindre 75 pour cent. Une personne sur cinq est en chômage temporaire. C’est ce qu’a rapporté Agoria ce mardi. Selon Marc Lambotte, CEO d’Agoria, une étape importante est ainsi franchie : « Le travail constitue la base de notre prospérité. Retourner au travail en toute sécurité est donc une bonne chose pour nous tous. »

L’enquête a été réalisée par téléphone entre le 5 et le 8 mai auprès d’un échantillon représentatif de 335 entreprises technologiques, occupant ensemble quelque 92.000 travailleurs. Ces entreprises représentent ensemble 30 pour cent de l’emploi et du chiffre d’affaires du secteur technologique en Belgique. Agoria répétera cette enquête début juin.

75 % des entreprises technologiques en activité

La reprise des activités des entreprises appartenant aux secteurs non cruciaux et aux services non essentiels entraîne une forte augmentation du niveau d’activité par rapport à un moins plus tôt.

  • Pour l’ensemble de l’industrie technologique, le niveau d’activité est maintenant de 75%, contre 56% début avril et 50% durant la seconde moitié de mars.
  • Dans le secteur des TIC, le niveau d’activité approche les 90 %, après être tombé à 75 % le mois précédent. Le télétravail y occupe une grande place.
  • Pour les activités industrielles, la reprise est la plus prononcée dans le secteur automobile, où l’activité se situe aujourd’hui à environ 67% contre à peine 7% début avril. Volvo Cars tourne désormais à 100%. DAF, Audi, Van Hool, Volvo Group … relancent la production progressivement.
  • Les entreprises de technologie de la construction ont également relancé sensiblement leurs activités jusqu’à 72 %.
  • La reprise s’effectue plus progressivement dans les entreprises actives dans les produits, techniques et services pour l’installation, l’entretien et l’exploitation de bâtiments, infrastructures et industries. Cela est dû aux restrictions appliquées à l’accès aux sites et aux chantiers, à la disponibilité des travailleurs et au report des travaux de maintenance chez les clients.
  • Dans le secteur de l’aéronautique et de l’aérospatiale, la reprise est moins prononcée et le niveau d’activité reste bloqué à 40 %. Cela est également dû à des facteurs structurels.

Au cours de cette semaine, le niveau d’activité va certainement encore augmenter de quelques pour cent. De nombreuses entreprises s’y préparaient la semaine dernière. Cependant, tout porte à croire qu’à court terme, ces entreprises tendront vers un niveau de plus de 90% (voir ci-dessous).

Les principaux facteurs limitant le niveau d’activité sont les suivants :

  • 72% des entreprises mentionnent une demande insuffisante, au lieu de 67 % en avril.
  • Le respect de la distanciation sociale continue de peser sur l’activité, mais un peu moins : 35% au lieu de 39%.
  • L’approvisionnement en matières premières et en pièces s’améliore, passant de 40% à 33%, mais demeure donc un problème. Une relance mieux coordonnée au niveau européen pourrait remédier à ce problème.
  • La disponibilité des travailleurs s’est considérablement améliorée : la limitation de cette disponibilité passe de 38 % à 23 %.
  • La disponibilité des équipements de protection pose problème à 20 % des entreprises.

 

Plus d’activité dans les entreprises technologiques, mais pas de reprise complète en 2020

Le niveau d’activité a fortement augmenté en mai, mais reste quand même en deçà de la normale et sous le niveau nécessaire à une situation durable. L’enquête s’est également intéressée aux perspectives pour le 2e semestre. Dans l’ensemble, les entrepreneurs de l’industrie technologique voient leur activité augmenter progressivement à 86 % au troisième trimestre (juillet – septembre) et à 90 % au quatrième trimestre (octobre- décembre). Une reprise complète dans tous les sous-secteurs n’est pas prévue d’ici la fin de 2020 :

  • Les secteurs des télécoms et des TIC s’attendent à une reprise quasi totale de leur activité au second semestre. Les entreprises e-health continuent de rencontrer d’importantes difficultés parce que le financement des activités de santé normales subit une très forte pression en raison de la crise du coronavirus.
  • Les entreprises de technologie de la construction enregistrent également une reprise rapide et une nouvelle percée des technologies innovantes. La Commission européenne s’attend également à une reprise complète des investissements en 2021 après une forte baisse des investissements dans la construction en 2020.
  • Les activités industrielles de l’industrie technologique, qui étaient déjà confrontées à des défis avant la crise du coronavirus, comme l’automobile et l’aérospatiale, vont connaître une reprise plus lente ainsi qu’un niveau d’activité plus faible.

Le fait que l’activité ne se redressera pas complètement au second semestre, les entrepreneurs de l’industrie technologique l’impute en premier lieu à une évolution défavorable de la demande sur les marchés (66%). En outre, il faut s’attendre à ce que le coronavirus complique l’accès aux clients et perturbe les relations commerciales tant en Belgique qu’à l’étranger. Selon 30% de ces entreprises, la disponibilité et la flexibilité des travailleurs continuent de poser problème.

 

7,3% des travailleurs sont absents

L’absentéisme est passé de 9,6 à 7,3 %. Cela est dû en partie à une diminution du nombre d’absences pour maladie de 7 à 6 %.

 

Le chômage temporaire tombe à 19%, mais demeure une mesure de soutien importante

L’augmentation du niveau d’activité entraîne une forte baisse du nombre de travailleurs en chômage temporaire. Ce nombre tombe à 19%.  Comme nous sommes cependant encore loin des 100%, le chômage temporaire demeure une mesure de soutien importante pour faire face aux conséquences financières et sociales de la crise coronavirus.

 

Seule 1 entreprise sur 10 compte rompre des contrats fixes

Si la crise du coronavirus devait s’éterniser, les entreprises risquent d’être obligées de réduire leur effectif. Jusqu’ici, seule une petite minorité (9%) envisage de licencier des collaborateurs fixes. Outre la perspective d’une poursuite de la reprise, la possibilité de recourir au chômage temporaire joue également un rôle dans ce cadre. Les entreprises de l’industrie technologique se sentent dès lors bien soutenues sur ce plan. 97% trouvent que les mesures de flexibilité permettant de faire face à la crise sont suffisantes.

 

Distanciation sociale : seulement 13% des entreprises ne trouvent aucune solution

La reprise n’est possible que si les règles en matière de sécurité sont respectées. Le flou qui existait encore en avril concernant ces règles a presque complètement disparu. 94 % des entreprises se disent suffisamment informées des obligations. L’applicabilité des règles a elle aussi été améliorée. Alors que lors de la précédente enquête, 42% des entreprises interrogées avaient répondu ne pas pouvoir trouver de solution à court terme, elles ne sont maintenant plus que 13 %. Les entreprises qui connaissent encore des difficultés sont souvent des entreprises de services qui recourent largement au télétravail et qui n’ont pas encore réglé le retour à l’environnement de bureau classique.

Les travaux relatifs à l’élaboration d’un guide générique et à la traduction sectorielle de celui-ci ont donc déjà porté leurs fruits.

 

4 entreprises sur 10 redoutent des problèmes financiers

La crise du coronavirus met les finances des entreprises technologiques sous pression. Le fait que de nombreuses entreprises technologiques aient pu poursuivre partiellement leurs activités et que les règles de distanciation sociale aient été améliorées fait en sorte que la situation de trésorerie est moins dramatique que dans certains secteurs qui ont été obligés d’arrêter leurs activités. Cependant, 14 % des entreprises technologiques disent déjà connaître de graves difficultés financières. Ce pourcentage n’a pas augmenté depuis l’enquête d’avril parce que les activités reprennent et que des liquidités sont à nouveau générées. Les mesures financières et fiscales du gouvernement y contribuent également, ainsi que, bien entendu, le chômage temporaire pour force majeure.

Cependant, 37 % des entreprises technologiques prévoient des problèmes financiers à terme. Cela est lié à la perspective d’une période plus longue de faible activité. De manière générale, les entreprises ne s’attendent pas à ce que l’activité revienne à sa vitesse de croisière d’ici la fin de l’année, mais bien à 90% du niveau d’activité normal. Ce sont surtout les plus grandes entreprises qui s’attendent à des difficultés financières au second semestre de cette année. Ces entreprises occupent quelque 50.000 travailleurs.

Le recours aux mesures de soutien de nature financière et fiscale augmente nettement. À noter toutefois que le Plan bancaire ne démarre que lentement, surtout le volet des crédits-ponts. Les entreprises interrogées ne sont que 7,5 % à en faire usage pour le moment, contre 3,6 % en avril.

 

La moitié des entreprises mentionnent un impact négatif sur les investissements et seulement 5% prévoient de nouveaux investissements

L’incertitude économique et financière que la crise du coronavirus entraîne exerce un impact sur les investissements. La Commission européenne prévoit une baisse de 15 % des investissements en Belgique en 2020. 46 % des entreprises technologiques affirment que la crise du coronavirus exerce un impact négatif sur leurs projets d’investissement. Pour les grandes entreprises, ce pourcentage atteint 51 %.  Le secteur des télécommunications constitue sur ce point une exception majeure. Les entreprises de ce secteur ne s’attendent pas à un impact négatif et certaines entreprises s’attendent même à une augmentation.

L’impact négatif se traduit jusqu’ici essentiellement par un report de certains projets d’investissement. Des investissements supplémentaires ne sont prévus que dans 5 % des cas.

 

Peu d’impact sur les activités de recherche et d’innovation

Contrairement aux investissements, les activités de recherche et d’innovation ont peu souffert jusqu’ici de la crise du coronavirus. Deux tiers des entreprises technologiques estiment l’impact de façon neutre et 20% de façon négative. En revanche, 13% parlent d’un impact positif. Parmi les plus petites entreprises et les entreprises numériques, 1 sur 5 s’attend à des projets d’innovation supplémentaires.

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