Les mesures de relance pour l’Horeca doivent être réalisables et bien pensées !

20 mai 2020 à 12:05 | 263 vues

(c) Belga Photo Nicolas Maeterlinck

Jusqu’il y a peu, la première des priorités était d’aider les secteurs, les entreprises et les commerçants en souffrance à amortir la crise du Covid-19 via des mesures de soutien, des primes forfaitaires, la suspension des loyers commerciaux, des prêts, voire même la suppression de taxes.

Dès lors que la vie économique peut redémarrer, moyennant la stricte observation des mesures sanitaires et de prévention pour les employés, clients et visiteurs – car nous devons éviter à tout prix une nouvelle phase de confinement ! –, il faut avant tout nous concentrer sur les mesures de relance à court, moyen et long terme.

De toute évidence, en Région bruxelloise et particulièrement pour la Ville de Bruxelles, la situation de l’Horeca est alarmante. Aujourd’hui, il n’est plus question de donner aux propriétaires d’hôtels, restaurants et cafés un « kit de survie » pour traverser quelques semaines ou quelques mois de crise.  Quelques chiffres : rien qu’à Bruxelles 1000, on compte actuellement 2.937 exploitations Horeca avec un total de 8.639 emplois déclarés, qui réalisent un chiffre d’affaire de 633 millions d’euros (544 millions de valeur ajoutée).

Pour le bourgmestre Philippe Close, cela ne fait aucun doute : « La situation est extrêmement grave. Des milliers de travailleurs et donc de familles sont menacés d’une grande précarité. Des centaines d’entreprises risquent de faire faillite. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi que les secteurs de l’événementiel et du tourisme méritent le plus rapidement possible un Plan Relance de l’industrie hôtelière et restauratrice bruxelloise réalisable et bien pensé. La Ville collaborera bien entendu avec la Région et le Fédéral pour relancer le secteur ».

Finance&invest.brussels a été chargé par le gouvernement bruxellois de soutenir les demandes de crédit de l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration de plus de 50 ETP, ainsi que de leurs fournisseurs touchés par la crise provoquée par le coronavirus. L’objectif est d’aider les entreprises de restauration en manque de capital par des prêts à taux d’intérêt réduit, sans demande de garantie (en quasi-fonds propres).

Olivier Willocx, CEO de Beci, salue les efforts de finance&invest.brussels, particulièrement pour aider les entreprises de plus de 50 ETP un peu oubliées pendant la crise. Mais il exprime des doutes sur les taux d’intérêt de 2 à 6 % maximum et plaide plutôt pour un taux zéro : « Les hôtels, restaurants et cafés n’ont aucun avantage à contracter des prêts qui les obligeront à présenter, à court terme, des chiffres d’affaires irréalisables. N’oublions pas que les touristes ne feront pas la queue devant leurs portes cet été ! Des prêts de 2 à 6 % ne feront qu’augmenter leur endettement. »

Beci et la Ville de Bruxelles demandent aux gouvernements fédéral et régional, mais aussi à toutes les forces politiques, de ne pas ignorer la réalité de terrain : un certain nombre de travailleurs de l’Horeca n’apparaissent pas dans les chiffres ; ils sont aujourd’hui les plus fragilisés. Il faut un plan de relance conçu avec le courage nécessaire pour lutter contre le travail au noir, tout en aidant durablement les hôteliers, restaurateurs et cafetiers.

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