Mobilité : le gouvernement bruxellois en mode conflictuel

15 octobre 2020 à 21:10 | 314 vues

Le 5 mars 2020, Good Move, le nouveau Plan mobilité de Bruxelles, était approuvé officiellement, au terme d’un processus de participation qui a duré trois ans. Sans faire l’unanimité et en récoltant quelques critiques justifiées, Good Move a pourtant le mérite d’être un plan qui bénéficie d’un large consensus. Le professionnalisme avec lequel tous les acteurs ont contribué à élaborer ce plan contraste avec lamateurisme du gouvernement bruxellois dans sa mise en œuvre. Le résultat : « nous revoilà quatre ans en arrière. » déclare Jan De Brabanter, Secrétaire-Générale Beci 

« À Bruxelles, depuis le mois de mars, on oppose à nouveau l’automobiliste au cycliste, le navetteur au Bruxellois, les communes à la Région, la Région bruxelloise à la Flandre et à la Wallonie. » explique Jan De Brabanter. C’est la conséquence directe des mesures de « mobilité » qui ont été introduites. Certes, la crise sanitaire a nécessité à juste titre quelques interventions dans l’espace public pour permettre la distanciation physique. Cela s’est fait dans la précipitation et l’amateurisme. Les communes bruxelloises s’opposent les unes aux autres, Uccle intente un procès contre la fermeture du Bois de La Cambre, les automobilistes attaquent la Région en justice sur les pistes cyclables, les commerçants et les entreprises suivent la même voie concernant des mesures prises au nom de la mobilité.  

Quant à la nouvelle proposition de péage urbainelle présente un risque de conflit immédiat avec la Flandre et la Wallonie. 

 

La mise en œuvre de la politique de mobilité bruxelloise est un échec

 

Il est évident que la mise en œuvre de la politique de mobilité bruxelloise est un échecIl ne suffit pas d’élaborer une vision de manière participative et consensuelle. Sa réalisation doit l’être tout autant. Un plan de mobilité est un grand projet sociétal qui ne peut réussir qu’avec le bénéfice d’un large soutien. Les initiatives unilatérales en matière de mobilité contrastent fortement avec les valeurs de participation et de consultation que certains dirigeants bruxellois mettent en avant, du moins dans leurs discours.  

La réalité est différente. L’attitude du gouvernement est de nature à saper la confiance envers les décideurs politiques. 

Le manque de concertation dans le domaine de la mobilité est emblématique d’un mode de fonctionnement qui ignore les réalités socio-économiques de Bruxelles, qui ne prend pas la mesure de son rôle de capitale nationale et internationale, qui n’écoute pas ses employeurs ni ses travailleurs et ne consulte pas les partenaires sociaux ou ne le fait que pour la forme, quand les décisions sont déjà prises. 

« Comment le gouvernement bruxellois ose-t-il parler d’un plan de relance alors qu’il est ici question d’un projet à 500 millions de taxes nouvelles sans concertation alors que 25% des entreprises de Bruxelles sont virtuellement en faillite ? » déclare Olivier Willocx, CEO de Beci. A-t-il pris la mesure de la deuxième vague qui s’annonce avec un impact majeur sur les activités commerciales à Bruxelles d’ici la fin de l’année ? Est-il conscient à quel point la reprise s’annonce lente ? A-t-il pris en compte la perte durable de pans entiers de certaines de nos activités faute de réaction appropriée ? 

Tout cela, sans évoquer l’impact du Brexit, ni une probable augmentation de la facture énergétique, ou des pertes de compétitivité… « Il est grand temps que le gouvernement bruxellois entame avec les partenaires sociaux un véritable dialogue. » conclut Olivier Willocx.  

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