L’impact de la crise sanitaire sur les espaces de coworking

13 novembre 2020 à 11:11 | 375 vues

Davantage de flexibilité et de digitalisation à l’avenir

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur les espaces de coworking ? Le point avec M. Coworking, Edouard Cambier, co-owner de Seed Factory et président de la Belgian Workspace Association.

 

Les espaces de coworking, centres d’affaires et autres incubateurs ont figuré parmi les premiers à essuyer le confinement décrété en mars. Avec un effet immédiat, qui s’est traduit en mars, avril et mai par une dégringolade des réunions et événements. Le taux d’annulation a atteint 94 % en mars/avril. L’impact s’est atténué par la suite et on a observé une bonne tenue des bureaux privatifs. « Nous avons, à l’instar des 232 espaces que compte la Belgian Workspace Association (BWA), pris toutes les mesures sanitaires (distanciation sociale, masques, gels, etc.) qui s’imposaient afin d’assurer la sécurité des personnes qui utilisent ces espaces », confie Edouard Cambier. « Les membres de notre association ont consenti de gros efforts afin que les activités puissent se poursuivre pour les locataires. Aucun de nos bâtiments n’a été fermé. Ici, à Seed Factory, nous avions toujours quelqu’un à l’accueil. »

 

Après quelques mois très difficiles, on semble assister à un redémarrage des activités, mais la situation diffère selon les bâtiments. Ceux qui sont, par exemple, situés près des gares ou des aéroports souffrent particulièrement. En revanche, ceux qui sont localisés en périphérie de Bruxelles, Anvers ou Gand, s’en sortent un peu mieux. « Globalement, je dirais qu’aujourd’hui 25 % des 232 espaces ne vont pas bien, 50 % sont en break-even et 25 % vont bien », pointe Edouard Cambier.

 

Depuis la rentrée de septembre, quelques tendances se dessinent. « Nous observons », poursuit-il, « une forte réservation des salles de réunion, peu ou pas d’événements, un retour timide des coworkers, un gros retour des PME classiques, pas de retour des multinationales ni de l’Europe (lobbies dans le quartier européen), un difficile retour des boîtes IT (celles qui utilisent Slack par exemple) et une relativement bonne tenue des bureaux privatifs. » On note également que le télétravail reste encore la priorité pour nombre d’entreprises tant privées que publiques, pour autant qu’elles puissent se le permettre. Actuellement, les espaces sont plus grands pour permettre la distanciation sociale et favoriser le retour au bureau, mais il est clair que la crise a modifié la vision des entreprises.

 

« Selon Gartner, elles viennent de comprendre que la résilience digitale de leur personnel devra se construire dans la durée, pas seulement durant l’épidémie mais également après », souligne Edouard Cambier. « Ce qui explique la ruée sur les technologies à laquelle nous assistons et qui aboutit au smart workplace, caractérisé par 6 tendances :

■ Un espace exploitant la numérisation des objets physiques pour offrir de nouvelles méthodes de travail et améliorer l’efficacité ;

■ Un nouveau ‘noyau de travail’ combinant un ensemble d’outils personnels en mode SaaS, dans une seule solution basée dans le cloud (par exemple, Microsoft 365 ou Slack) ;

■ Des individus qui commencent à utiliser des outils personnels issus de l’Internet of Things (IoT), dans une tendance baptisée ‘bring your own thing’ (BYOT) ;

■ Le Desktop-as-a-Service, qui offre une expérience de bureau virtualisé à la demande ;

■ L’émergence rapide d’une économie à distance ;

■ Des services technologiques composés par les utilisateurs. »

 

S’il est plus que jamais difficile de prévoir l’avenir en cette période troublée et incertaine, il apparaît cependant que le télétravail concernera sans doute davantage de personnes mais que le travail au bureau demeurera essentiel pour de multiples raisons. « Ce sont les employés qui le disent : le bureau reste un lieu vital d’apprentissage, de socialisation et de collaboration. C’est la conclusion d’une enquête menée par le magazine britannique Property Week. Ainsi, plus d’un tiers (38 %) des 50.000 répondants estiment que le travail à distance ne permet pas d’interaction sociale informelle. Les employés continueront à dépendre du bureau pour des tâches essentielles à leur travail et à leur développement personnel, comme la collaboration et l’apprentissage. Mais personne ne va venir au bureau le lundi, pour interagir avec ses collègues de 9h à 17h, puis tenter de faire tout le reste en télétravail le lendemain. Il est naïf de penser que le travail puisse être segmenté de cette manière. En un mot, 30 % des espaces seront ‘Flex’ en 2030 », conclut Edouard Cambier.

 

À propos de l’auteur

Guy Van den Noortgate

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