Moins de trafic automobile, c’est positif pour l’économie

16 novembre 2020 à 10:11 | 335 vues

Il y a compatibilité entre l’économie et la mobilité. Les pouvoirs publics et le secteur privé doivent d’ailleurs mieux collaborer en matière d’open data, de bornes de charge et de logistique plus verte et plus efficace. C’est ce qui est ressorti du débat Brussels Meets Brussels relatif à la mobilité, en présence de la ministre Elke Van den Brandt.

 

Interpellée par Laurent Willaert de la Febiac, la ministre bruxellois de la mobilité Elke Van den Brandt a reconnu qu’une technologie telle que le Cooperative Intelligent Transport System (C-ITS) devrait être utilisée davantage pour résoudre l’engorgement du trafic. Elle a mis en exergue que le vaste plan de mobilité Good Move comporte déjà quelques initiatives comparables, telles que la mise en œuvre de feux de circulation intelligents.

La ministre a également souligné la nécessité d’un transfert modal. Il faut sensibiliser les gens aux alternatives à la voiture si on veut qu’ils changent de comportement. La mobilité partagée jouera un rôle décisif dans cette évolution. À la question de Laetitia Gutierrez Martinez de Poppy quant à un soutien financier dont les acteurs de ce secteur pourraient bénéficier de la part du gouvernement bruxellois, la ministre a toutefois répondu par la négative, déclarant que, de son point de vue, Poppy et les autres applis devraient être intégrés dans le budget mobilité. La ministre estime par ailleurs que les pouvoirs publics devraient créer un cadre juridique solide autour des systèmes de mobilité partagée.

 

Accords sur les espaces de transbordement

Stefaan De Ganck de Total a rappelé l’engagement pris par les pouvoirs publics bruxellois d’implanter 11.000 bornes de charge électrique publiques d’ici 2035. Il y a ajouté que leur installation dans les parkings a généré des problèmes de sécurité incendie. Une task force travaille avec les pompiers à la résolution de ces problèmes, a répondu la ministre. Elle tient absolument à concrétiser cette ambition, mais elle est bien consciente qu’il faudra passer à la vitesse supérieure. Elle a aussi annoncé qu’elle allait simplifier la procédure administrative de demande, beaucoup trop longue.

 

Philippe Lovens, CEO d’Urbike, la coopérative qui propose des vélos cargo, a posé la question de l’efficacité logistique. Un budget européen de 5 millions d’euros y a été consacré, a répondu la ministre. Ce à quoi Jan de Brabanter de Beci a rétorqué que ce n’était pas la première fois que de belles promesses de ce genre circulaient. Pour preuve, le Plan de Transport Marchandises qui avait annoncé cinq centres logistiques tout autour de la ville. « Nous déplorons que ceci soit resté sans lendemain, mais les initiatives qui figurent dans Good Move, par exemple pour la création d’espaces de transbordement, vont de pair avec des engagements concrets », a répondu la ministre.

 

Davantage de concertation

La ministre Van den Brandt a décidé en avril de soulager les transports en commun de la capitale en pleine crise du coronavirus en remplaçant les voies de stationnement le long des grands axes par une quarantaine de kilomètres de pistes cyclables extra larges. Les commerçants locaux n’ont vraiment pas apprécié. Il s’agissait de terminer rapidement le réseau de voies cyclables prévues par le précédent ministre Pascal Smet, a expliqué Madame Van den Brandt. Elle a admis que cela n’aurait pas dû se faire sans concertation et a promis d’instaurer un dialogue pour procéder à des ajustements.

 

Et puis, il y a eu ce cri de détresse, au cours du débat : des entrepreneurs déclarent qu’ils vont quitter Bruxelles en raison de problèmes de mobilité. La ministre a reconnu que la congestion du trafic exerce un impact négatif sur l’économie. Ce problème génère un coût annuel de 4 à 8 millions d’euros depuis 2004, sans prendre en compte les dommages infligés à la santé. Il est grand temps d’opter pour une approche rationnelle. Et il faut continuer à investir dans les transports en commun. « Si nous parvenons à convaincre une partie des gens de se détourner de la voiture, ceux qui dépendent réellement de leur véhicule pourront se déplacer plus facilement. Une bonne concertation entre toutes les parties prenantes doit permettre d’évoluer vers 30 % de réduction du trafic automobile. C’est à la fois faisable et bénéfique pour l’économie. »

 

 

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Mobilité pour un Bruxelles plus résilient

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