2021 : le bon moment pour entreprendre ?

Par Philippe Beco  - 9 mars 2021 à 08:03 | 1237 vues

[interview]

Pour le CEO de Degroof Petercam, l’entrepreneur de demain émergera par sa force de caractère et sa liberté d’innover. Même si le « tout en ligne » nuit au nécessaire choc des idées …

L’environnement actuel est-il porteur pour créer son entreprise ? 

Je ne suis pas très rassuré pour 2021. Avec la crise sanitaire qui se prolonge, on semble vivre une situation d’ensablement qui n’est certainement pas favorable. Mais pour les personnes qui ont du caractère – la vertu des temps difficiles selon De Gaulle –- , c’est le bon moment. Si un nouveau business parvient à survivre aujourd’hui, dans des conditions si difficiles, il n’en sera que plus profitable quand nous aurons retrouvé des temps plus heureux.

Pourtant, le climat n’est pas propice à l’audace…

C’est vrai, mais l’entrepreneuriat est basé sur la confiance en la confiance. Il faut croire en l’avenir, avoir un stamina, une endurance qui nous pousse à nous dépasser. Certains peuvent perdre le « feu sacré » en ces moments compliqués, mais ceux qui trouveront la force de caractère pour surmonter cette période en sortiront gagnants, j’en suis certain.

Nos sociétés ont beaucoup évolué vers l’individualisation. Un peu partout, le rapport affectif employés – employeurs s’est délité. De quoi multiplier les initiatives entrepreneuriales ?

J’observe en tous tout cas que, dans un monde qui les accable de réglementations et de contrôles de toutes sortes, les grandes entreprises en sont réduites à devenir des certificateurs de processus. De plus, le travail à distance nous contraint tous aujourd’hui à utiliser les mêmes outils pour interagir et communiquer. L’homogénéisation des moyens et techniques engendre une uniformisation de la pensée et des comportements. Tout cela n’est pas de nature à générer de la créativité en interne. Voilà pourquoi, ici chez Degroof Petercam, nous engageons énormément de jeunes. Mais il y a là aussi une opportunité énorme pour ceux qui décident de créer leur activité en périphérie des grands groupes. Les entreprenants peuvent se dire qu’ils auront plus de chances de mettre en œuvre leurs propres idées en lançant leur start-up plutôt qu’à l’intérieur de grandes structures.  

Lancer son business, c’est donc insuffler de l’air frais dans le système ?

C’est aussi une très bonne façon de donner le meilleur de soi-même, y compris dans l’interaction avec les grands groupes. Pour ceux-ci, pendant des années, « engager » un indépendant était suspect. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Ces mouvements d’e in & out sont profitables à tous.

Si la crise a structurellement modifié les rapports au temps, à l’espace, au transport. Où aller chercher la valeur pour une entreprise qui se lance ? 

Je le redis, le contexte actuel réduit le champs mental, fait de nous des êtres répétitifs. Il freine le choc des idées à la base de toute croissance créative. Le confinement nous fait traverser un vrai stress-test psychique. Cela peut mener à un asservissement aux services et loisirs en ligne et à une sorte d’amollissement. L’entrepreneur est celui qui saura émerger par un recentrage et une pensée ou une idée différente. Le digital native trouvera peut-être plus vite son chemin. Mais il doit aussi pouvoir confronter son idée à d’autres via les rencontres, ce qui est rendu très difficile en ce moment.

Si la crise a affecté nos valeurs, un lanceur d’activités devra-t-il désormais accorder plus d’importance à la stakeholder value dans son business plan ?

Il faut bien sûr tenir compte des externalités de son entreprise, mais on doit garder le sens de priorités et ne pas faire d’angélisme à cet égard. On ne peut s’occuper des autres parties prenantes que si on a d’abord un business case qui tient la route pour ses actionnaires. Pour citer Milton Friedman, « The business of business is business ». 

Comment créer une culture d’entreprise à l’ère du télétravail ?

Pendant près de 6 mois depuis le début de la crise, j’ai envoyé quotidiennement une lettre à l’ensemble du personnel de Degroof Petercam pour partager des inspirations musicales ou autres. Nous avons aussi énormément poussé nos managers à maintenir un lien très resserré avec leurs équipes pour lutter contre la lassitude et maintenir l’enthousiasme. Mais dès que cela sera possible, il faudra que les gens reviennent physiquement au bureau,  au moins 3 jours sur 5. Il y a de la valeur dans le lien social et l’émulation positive est source de bonheur. Il ne faut pas que le télétravail tue cela. C’est vrai aussi pour les néo-entrepreneurs.

 

Une interview avec

Bruno Colmant, CEO de Degroof Petercam

 

 

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