BREXIT : l’insécurité s’éternise

2 décembre 2020 à 10:12 | 337 vues

Le référendum du Brexit a eu lieu il y a plus de quatre ans déjà. La période de transition convenue entre l’Union européenne et le Royaume-Uni prendra fin au 31 décembre. Malgré cela, le flou persiste aujourd’hui quant aux futures relations commerciales entre les deux parties. Verrons-nous un retour aux règles de l’OMC ? Embourbées dans l’instabilité, les entreprises britanniques et européennes s’efforcent d’en atténuer l’impact potentiel. Pourtant, la dépréciation de la livre sterling a déjà raboté les bénéfices et la compétitivité des exportateurs belges.

Selon un rapport du Comité des Régions, la Belgique devrait être l’un des États membres de l’UE les plus impactés par le Brexit. La Flandre sera tout particulièrement touchée, en raison des liens commerciaux étroits que ses ports entretiennent avec le Royaume-Uni. Bruxelles n’est pourtant pas à l’abri des conséquences négatives, dans la mesure où le Royaume-Uni constitue son quatrième partenaire commercial. Nous avons débattu de tout cela avec Kris Mercelis, Country Manager d’Ebury en Belgique, pour découvrir comment les entreprises font face à ce problème. « L’incertitude constitue encore et toujours le principal impact. »

Quartier général à Bruxelles après le Brexit

Ebury est une société de services financiers basée au Royaume-Uni. Elle possède 25 bureaux dans le monde entier, dont 17 dans l’Union européenne (hors Royaume-Uni). « Le principal impact du Brexit est que nous avons dû trouver un siège européen post-Brexit », explique M. Mercelis. « Si nous voulions continuer à proposer nos services financiers dans l’UE, il nous fallait une licence dans un autre État membre – et un passeport de cet État membre vers le reste de l’UE. Tous nos clients UE qui font actuellement appel aux services de l’entité britannique doivent être transférés ici avant la fin de l’année. »

On espérait que Bruxelles attirerait les entreprises basées au Royaume-Uni et qui cherchent à se délocaliser. « Nous avons retenu Bruxelles au terme de recherches approfondies. Ce choix se justifie principalement par l’engagement important du régulateur ici », révèle M. Mercelis. Parmi les autres facteurs, citons encore la proximité géographique, les liaisons de transport avec le Royaume-Uni et le multiculturalisme et de la population belge. « La main-d’œuvre est hautement qualifiée, à Bruxelles. Elle est multilingue et reflète une grande diversité culturelle, ce qui constitue un atout pour tout employeur étranger. »

Réduire les coûts

Les entreprises belges qui exportent vers le Royaume-Uni ont connu une baisse de leurs bénéfices en raison du recul de la livre sterling par rapport à l’euro. Alors que se profile la fin du Brexit et que la crise sanitaire fait des ravages, de nombreuses entreprises s’efforcent de réduire les coûts. « La livre sterling est l’une des principales devises que les PME belges utilisent », confie M. Mercelis. « Ebury ne peut pas accélérer le passage des frontières ou esquiver les droits de douane, mais nous pouvons faciliter les paiements transfrontaliers et nous montrer agressifs lors de l’achat et de la vente de devises étrangères. »

Préoccupante instabilité

Il n’est pas possible de prédire l’impact à long terme du Brexit tant que les négociations commerciales n’ont pas abouti. « De nombreuses entreprises sont aujourd’hui mieux préparées qu’il y a un an. Mais le problème principal reste l’incertitude. Un Brexit dur serait douloureux pour tout le monde, mais avec suffisamment de temps pour nous préparer, nous pourrions élaborer des solutions pratiques. »

Ebury a engagé quatre personnes à Bruxelles dans le cadre du Brexit. M. Mercelis déclare pourtant que l’impact positif du Brexit se limite à peu de choses. « L’insécurité et des charges supplémentaires ne sont jamais positives pour les activités commerciales. Je crois que nos clients et nous-mêmes espérons simplement un bon accord commercial, avec le moins de restrictions possibles. »

 

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