L’économie des freelances

Par Gaëlle Hoogsteyn  - 9 décembre 2021 à 06:12 | 729 vues

[article invité]

En Belgique, les travailleurs freelance représentent environ 20 % des entrepreneurs. Actifs principalement dans le domaine des services, ils sont recherchés par les entreprises. Ces dernières années, le marché des freelances a littéralement explosé. Quelles sont leurs spécificités ? Pourquoi les engager ? Comment les trouver ? Le point avec Stéphanie Reniers, CEO de Gentis Recruitment.

Un marché en plein boom

Malgré une croissance exponentielle du nombre de freelances, un certain mystère entoure encore leur statut. Qu’est-ce qu’un freelance et que fait-il réellement ? « C’est un professionnel indépendant. Il n’a ni CDD, ni CDI. Il exerce son activité professionnelle sous la forme de missions qu’il facture à ses clients», explique Stéphanie Reniers. En Belgique, les freelances sont essentiellement actifs dans cinq grands domaines : les activités des sièges sociaux et conseils de gestion, les conseils en affaires, les services IT, les activités créatives et de communication ainsi que les prestations artistiques et de spectacle. « L’interim management est aussi un type de prestations pour lequel l’offre et la demande montent en flèche », précise notre experte.

Ces dernières années, le nombre des freelances a augmenté de façon importante et constante (4 % rien qu’en 2021). On estime qu’ils représentent 20 % des entrepreneurs actifs en Belgique. Et cette tendance n’est pas typiquement belge. Leur nombre a triplé en dix ans en France et ils représentent près de 50 % de la population active aux États-Unis.

Pourquoi engager un freelance?

Une nouvelle forme d’organisation du travail se met en place dans les entreprises : l’externalisation. « Le principe est de faire appel à un freelance qui travaillera sur des tâches précises et à des moments donnés plutôt que d’engager un employé pour lequel l’entreprise n’aura pas forcément de travail correspondant à un temps plein », explique Stéphanie Reniers. D’autres raisons poussent aussi les entreprises à recourir aux freelances, comme le besoin temporaire de main-d’œuvre spécialisée, la flexibilité, la simplification administrative et les pics de travail temporaires.

Le collaborateur freelance présente de nombreux avantages pour une entreprise, notamment sur le plan financier. « L’entreprise ne paye que les heures réellement prestées. Même si le tarif horaire d’un freelance est généralement plus élevé que celui d’un salarié, sur l’ensemble de sa mission, le freelance coûtera toujours moins cher.» Au niveau administratif, c’est également beaucoup plus simple. Le freelance envoie une facture par mois, point barre. Par ailleurs, le freelance s’investit à 100 %, jour après jour. Sans compter son regard neuf sur les challenges de l’entreprise et la créativité de ses solutions (souvent) inédites.

Pourquoi cet engouement?

Le statut de freelance attire de plus en plus de travailleurs. Et Stéphanie Reniers d’expliquer : «Nous sommes dans l’ère de la consommation. Les employés ne restent plus vingt ans dans la même société. Ils cherchent davantage de diversification. » Le statut de freelance offre la possibilité de travailler 3 mois dans une petite SRL, puis 6 mois dans une multinationale ou encore de combiner plusieurs missions simultanées. Grâce aux durées de préavis très courtes, ce statut offre une grande liberté. « Attention toutefois au revers de la médaille : le client peut aussi mettre fin rapidement à la mission et la stabilité de l’emploi n’est pas du tout garantie», met en garde notre experte. Malgré tout, le freelancing a le vent en poupe! L’argent est évidemment une motivation. Mais c’est loin d’être l’explication principale ! «Les travailleurs deviennent avant tout freelances pour leur liberté. Ils choisissent quand ils travaillent, avec qui et comment. Même si cela a un prix, c’est celui de la liberté », avance notre experte.

Comment trouver un freelance?

« Trouver un freelance est relativement simple », explique notre experte en recrutement. Dans les grandes lignes, il suffit de suivre les étapes d’un recrutement classique : définir le profil recherché, la mission, publier l’offre en interne et

en externe sur les sites de recrutement ou faire appel à un cabinet de recrutement qui propose ce service. De nombreux sites, plateformes et applications tels que Malt.be, Upwork. com, FreelanceNetwork.be, CreativeSkills.be, Beelance, etc. mettent aussi en relation les freelances et les employeurs. Dans le milieu du freelancing, le bouche à oreille et les médias sociaux sont aussi très efficaces, tant pour trouver un freelance que pour dénicher une mission. LinkedIn et Twitter sont les deux réseaux sociaux reconnus pour tout ce qui touche à sa vie professionnelle. « Aujourd’hui, c’est vraiment ce qui marche le mieux», commente Stéphanie Reniers.

Pour conclure, notre experte donne deux conseils aux entreprises désireuses de travailler avec des freelances : « Dans votre description de mission, n’oubliez pas d’expliquer le contexte. Recrutez-vous un freelance pour remplacer une personne absente? Pour renforcer une équipe? Pour finaliser un projet existant dans les temps ou au contraire pour travailler sur quelque chose de tout nouveau ? Plus le freelance en saura, plus vous aurez de chance de tomber sur la perle rare ! Je recommande aussi de ne pas mentionner de fourchette de prix au risque de passer à côté du candidat idéal ou de rater un prix concurrentiel. »

 

À propos de l’auteure

Stéphanie Reniers, CEO & Co-founder de Gentis Recruitment

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