Le Lean Management au service de votre productivité

Par Gaëlle Hoogsteyn  - 12 avril 2021 à 08:04 | 342 vues

[article invité]

Le Lean management a été créé par Toyota au Japon et introduit au sein de ses usines dans les années 1970. Il s’agit d’une méthodologie qui se concentre sur une gestion sans gaspillage. En effet, en anglais, lean signifie « maigre » ou « sans gras ». Utilisé initialement dans l’industrie automobile, le Lean management est une façon de penser et d’agir qui peut s’appliquer à tous types d’entreprises, d’industries et de services. Les explications de Lorenzo del Marmol, Fondateur & Manager de LeanSixSigmaBelgium.com.

Le Lean management ou la lutte contre le gaspillage…

La philosophie du Lean, c’est la recherche de la performance (en termes de productivité, de qualité, de délais et de coûts) grâce à l’amélioration continue et à l’élimination des gaspillages. Cette approche vise en effet à éliminer tout ce qui est inutile au sein du processus de fabrication ou de production. « Être Lean, c’est fonctionner de façon économe, sans gaspillage de ressources et notamment sans perte de temps. L’objectif est de produire ou de servir plus simplement pour satisfaire la demande. Le Lean management favorise aussi l’agilité des opérations et la capacité à livrer rapidement les clients », explique Lorenzo Del Marmol.

Le Lean management distingue sept sources de gaspillage très courantes :

  1. La surproduction : une production excessive par rapport aux besoins du client, ce qui engendre des stocks superflus.
  2. Les stocks inutiles : puisque les processus de production ne sont pas optimisés, on produit davantage pour ne pas manquer en cas de besoin.
  3. Les délais d’attente : attention aux temps improductifs (inoccupation) qui ralentissent les opérations.
  4. Le transport : optimiser les emplacements des lieux de production afin d’éliminer les convoyages inutiles.
  5. Les processus : éviter les surtraitements inutiles ou les processus trop lourds qui ne créent pas de valeur ajoutée.
  6. Les mouvements : rationaliser les mouvements et les déplacements des employés pour éviter les pertes de temps.
  7. Les défauts : il est important de faire bien du premier coup afin d’éviter les retouches et les rebuts. Cela vaut aussi dans les domaines des services.

Les sources de gaspillage étant très vastes, les problématiques sur lesquelles on peut travailler avec la méthode Lean sont aussi très variées. La méthode Lean s’applique par ailleurs aux entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Parfois, au sein d’une entreprise, seul un département spécifique peut être concerné.  

Viser des solutions durables

« On parle souvent de Lean management, mais le Lean est avant tout un processus de résolution de problème pour repérer les sources de gaspillage, pour ensuite les éliminer et fluidifier les opérations », précise Lorenzo del Marmol. 

Souvent, quand l’on rencontre un problème, le réflexe est d’y apporter directement une solution, sans passer par les autres étapes. « Et c’est là que le bât blesse, car la solution n’est généralement pas la plus adaptée au problème et ne solutionne pas le problème à long terme. » Le Lean management permet de prendre du recul et d’implanter des solutions durables. « Son gros avantage est aussi qu’il est au service de toutes les parties prenantes : du business, bien sûr, mais aussi du client, des collaborateurs, de la société, de l’environnement, etc. » 

Le DMAIC (Définir – Mesurer – Analyser – Innover – Contrôler) est une méthode de résolution de problèmes qui permet de réaliser les objectifs du Lean Six Sigma (objectifs de satisfaction client, d’économie de moyens, de bonheur au travail ou encore de protection de l’environnement). « Il s’agit d’une méthode d’investigation expérimentale, analytique et scientifique exécutée en mode projet. C’est d’ailleurs la démarche que tout bon praticien (qu’il soit médecin ou garagiste) applique afin de résoudre durablement un problème », explique notre expert.

Quid des résultats ?

En fonction du type de problème, les résultats seront visibles plus ou moins rapidement. « Comparons l’entreprise à un pommier dont les pommes représentent les problèmes. Les pommes qui sont par terre peuvent être facilement ramassées, cela résout  le problème. C’est ce qu’on appelle les quick-wins. Pour ceux-ci, on peut organiser, par exemple, des ateliers Kaizen qui, en 3 à 5 jours, permettent de trouver des solutions efficaces. Pour les pommes qui sont sur les branches les plus basses, tendre le bras suffira. Pour les autres, il faudra utiliser une échelle. On s’attaque donc toujours aux problèmes les plus faciles à résoudre pour aller de plus en plus loin. » 

Et ce processus est continu puisque chaque année, de nouvelles pommes poussent et tombent. Tout comme le business modèle d’une entreprise et les attentes des clients changent. Mais on en tire aussi de l’expérience et ainsi, on pourra par exemple placer un filet pour que les pommes ne tombent plus par terre. « C’est aussi notre philosophie en tant que consultant : dans un premier temps, on accompagne les entreprises dans le Lean management, mais nous les formons également afin qu’elles deviennent autonomes et ne doivent plus sans cesse revenir vers des consultants. L’objectif final est d’intégrer le Lean management dans la culture de l’entreprise grâce à la boîte à outils que nous lui avons fournie. » 

Bien placer le curseur…

« Si la méthodologie Lean vise à réduire ou à éliminer toutes les activités non rentables d’une entreprise, il faut éviter de l’utiliser uniquement pour faire des réductions de coûts, notamment au niveau du personnel », met en garde Lorenzo del Marmol. Réduire la masse salariale n’est pas la meilleure façon d’être plus rentable. « Si on a un processus qui est plus efficace, on crée plus de valeur ajoutée, on aura plus de demandes et il ne sera pas nécessaire de se séparer de certains collaborateurs. Il faut vraiment développer un raisonnement à long terme et le Lean devient alors un moteur de prospérité économique et sociétale ».

Bien appliqué, le Lean management doit aussi prendre en compte le bien-être des employés. Ainsi, l’objectif est d’augmenter la productivité tout en améliorant les conditions de travail. Travailler différemment peut permettre, par exemple, de réduire le stress ou de supprimer des tâches répétitives et peu valorisantes. « La majorité des gens aiment l’efficacité et la simplicité. Si les salariés sont impliqués à la fois dans la lutte contre le gaspillage et l’amélioration de leurs conditions de travail, ils n’en seront que plus motivés et deviendront acteurs du changement. Cette méthode a ses limites, mais si elle est correctement appliquée, elle permet de réconcilier productivité et qualité de travail », conclut Lorenzo del Marmol.

 

À propos de Lorenzo del Marmol

Fondateur & Manager de LeanSixSigmaBelgium.com

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