Les statuts des travailleurs doivent évoluer

3 janvier 2022 à 06:01 | 350 vues

Que ce soit à titre d’activité principale ou complémentaire ou en tant que pensionnés actifs, les indépendants sont de plus en plus nombreux. Dans le même temps, le pourcentage de travailleurs salariés parmi la population active stagne à 85 % depuis plus de 10 ans. Si le statut d’indépendant attire de plus en plus car, par définition, synonyme d’indépendance, il présente également des inconvénients…

Choix de vie, besoin sociétal

Devenir indépendant procède d’abord le plus souvent d’un choix : un autre style de vie synonyme de plus de liberté, notamment dans l’organisation de son activité et de son temps de travail. Ce n’est pas le seul avantage : l’indépendant dispose d’un meilleur salaire poche que le salarié… mais il perd le plus souvent une garantie de revenu.

La croissance du nombre d’indépendants correspond aussi à un réel besoin; en 2021, les nouveaux indépendants sont encore plus nombreux qu’en 2019. Et soyons clairs : depuis le Covid, beaucoup d’employeurs en ont assez du système du salariat dans sa forme actuel ! Il les contraint à octroyer de nombreux avantages aux employés : 13e et 14e mois, voiture de société, chèques-repas, etc. En bout course, compte tenu des multiples charges patronales, le salaire net d’un employé est multiplié par plus que trois. Même si s’il est essentiel de maintenir une certaine protection des salariés, il faut aussi trouver un juste équilibre. Dans le contexte actuel, « l’uberisation de l’économie » est un fait ; à situation inchangée, le nombre d’indépendants ne fera que croître.

De nombreuses contraintes

Devenir indépendant n’est évidemment pas de tout repos. Diverses enquêtes auprès des indépendants relèvent leurs doléances : charge de travail énorme, manque de protection sociale, manque de temps pour la formation continue, sentiment d’être mal représenté voire invisible… Mais ce sont surtout les lourdeurs imposées par l’administration et le manque de droits octroyés aux indépendants qui sont pointés du doigt.

Ces dernières années, un chemin immense a été parcouru dans le bons sens mais cela reste insuffisant. Les lois sont tellement compliquées que l’indépendant est notamment dans l’obligation de facto de s’adjoindre les services d’un expert fiscal pour s’en sortir. S’il ne le fait pas, il prend le risque de lourdes sanctions, par exemple s’il commet une erreur involontaire en matière de TVA. Et un comptable coûte cher au « petit » indépendant. Tout cela n’est pas normal !

La vie des indépendants doit être facilitée. De même, le système salarié doit évoluer s’il ne veut pas signer son arrêt de mort. Enfin, un nouveau statut devrait être mis en discussion pour tous ceux qui désirent n’être ni salariés ni indépendants… ou les deux en même temps !

Olivier Willocx, Administrateur Délégué chez BECI

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