WorkLAB: Telenet opte pour une formule de travail hybride après la crise sanitaire

20 mai 2021 à 08:05 | 794 vues

Les entreprises réfléchissent activement à la façon d’organiser le travail lorsque la crise du coronavirus sera finalement derrière nous. Quasi aucune n’envisage un retour à la situation d’avant la pandémie. Elles optent plutôt pour une formule hybride qui combine présence au bureau et télétravail. La solution qui allie trois jours en entreprise et deux jours à la maison semble recueillir le plus de suffrages.

Beci lance le projet WorkLAB en collaboration avec l’agence Spacious à la fin avril en vue de constituer un écosystème bruxellois composé d’acteurs privés et publics chargés d’optimiser les effets positifs du télétravail, tout en relevant les défis propres à ce nouveau mode de fonctionnement. WorkLAB veut proposer des solutions face aux nouvelles situations qui résultent de la crise sanitaire, et plus spécifiquement dans les domaines du travail, de l’immobilier et de la mobilité.

Des questions sans réponse 

Toutes ces habitudes (de travail) en pleine mutation auront irrémédiablement un impact sur de nombreux secteurs de notre économie. Le télétravail structurel implique de remettre de l’ordre dans les bâtiments de bureaux, dont la moitié est actuellement inoccupée.

Les entreprises pourraient être tentées de déplacer leurs bureaux hors des grandes agglomérations urbaines. Un tel mouvement générerait immanquablement des répercussions négatives sur le commerce local, fortement dépendant des travailleurs qui se rendent uniquement à Bruxelles pour leur boulot. Les navetteurs sont nombreux à déjeuner dans les commerces et établissements du Quartier européen et autour de la Gare du Nord.

La mutation des modes de travail et de déplacement alimentera les discussions entre les employeurs et leur personnel. Cela doit en principe se faire au sein des comités paritaires.

Une CCT télétravail chez Telenet

Tout le personnel de Telenet travaille actuellement à domicile : au total 3500 salariés et 3000 collaborateurs liés à l’opérateur télécom par l’un ou l’autre contrat. Telenet se prépare à officialiser le télétravail dans sa structure de fonctionnement. 

« Nous allons pérenniser ce mode de travail après la crise sanitaire. Nous sommes même la première entreprise à avoir scellé cette évolution dans une convention collective de travail », déclare Martine Tempels, Senior Vice President de Telenet Business. « Nous disposons ainsi d’un outil légal pour mettre cette mesure en œuvre de manière effective et efficace. » 

Ce choix s’est opéré au départ de l’expérience acquise au terme d’une année de coronavirus. « Le travail à distance nous convient très bien. Nos collaborateurs restent beaucoup plus concentrés sur leur activité. Et les voilà débarrassés de la navette fastidieuse entre leur domicile et l’entreprise. » 

Mme Tempels tempère pourtant son enthousiasme : il reste des problèmes à régler. « Notamment le contact social. Les gens ont besoin de la compagnie des autres. Mais cela peut fort bien se faire par des promenades en groupe à l’heure du midi. Ce n’est là qu’un exemple. Il faut bien admettre que les gens se fatiguent plus vite en effectuant exclusivement du travail virtuel. » 

« Les circonstances du télétravail constituent un autre facteur important. Tous les collaborateurs ne bénéficient pas de bonnes conditions de travail à la maison. La fermeture temporaire des écoles impose à de nombreux collègues de combiner travail et accueil des enfants. Tous ne disposent pas de suffisamment de pièces chez eux pour s’isoler et travailler au calme. » 

Les promenades sont importantes pour Telenet. On les considère comme des walkietalkies. Elles s’organisent avec des collègues qui habitent à proximité. « Nous organisons aussi des marches thématiques, ainsi que des défis, via l’appli Strava. Nous ambitionnons de parcourir à pied et à vélo une distance égale au tour de la Terre, soit plus de 40.000 km au compteur commun. L’incitation à l’activité physique fait partie intégrante de notre politique. » 

« Nous avons ramené d’une heure à 50 minutes toutes les réunions de l’entreprise. Ces réunions sont mentalement très éprouvantes pour nos assistantes et le personnel du backoffice. Nous avons supprimé les réunions du jeudi matin, pour les remplacer par du temps à consacrer à nos collaborateurs. Nous souhaitons maintenir ce mode de fonctionnement lorsque nous reviendrons tous au bureau. » 

Madame Tempels s’inquiète du bien-être mental du personnel. « Nous interrogeons anonymement nos collaborateurs à ce sujet. Ils peuvent formuler des suggestions. Et nous incitons le management à débattre de ces aspects. Nous libérons une demi-heure en matinée pour favoriser les contacts. Tout responsable remarque rapidement le mal-être éventuel d’un membre de l’équipe. » 

Fermeture de bâtiment

« Nous organisons des ‘secret coffees’ pour le personnel subalterne. De quoi permettre des rencontres fortuites et aléatoires au cours desquelles des gens qui ne se connaissent pas passent une heure à discuter de tout et de rien, sauf du boulot. » 

Inutile de demander si Telenet a déjà réfléchi à la façon de travailler après la crise sanitaire. « En fait, des décisions sont déjà prises », répond Madame Tempels. « Nous optons pour la formule qui combine trois jours à la maison et deux jours au bureau. » Telenet s’aventure donc plus loin que la grande majorité des entreprises. « Ce choix se fonde sur une enquête au sein du personnel. Nous avons respecté leurs préférences et procéderons à une évaluation trimestrielle. » 

« Les équipes peuvent convenir entre elles des jours auxquels chaque collaborateur sera présent au bureau. Et rien n’empêche nos collègues de répartir les jours en question. Il devient ainsi théoriquement possible d’aller travailler pendant un mois quelque part en Espagne. C’est autorisé par le cadre légal. Seule condition : il faut que cela se fasse en concertation avec l’équipe. » 

La démarche est susceptible d’être modifiée. « Par exemple si le système se révélait décevant en termes d’efficacité ou de productivité. Ou en fonction du nombre de collaborateurs dont nous disposons. » 

Telenet veut être un employeur novateur, nous dit Madame Tempels. « Quelle est encore la pertinence d’une présence au bureau ? Nous ne sommes plus partisans des modes de travail du passé. Ce qu’il est possible de faire à la maison représente une valeur ajoutée, sans sacrifier l’expérience. En réalité, le travail est à présent bien mieux exécuté qu’auparavant. » 

Fallait-il la crise du coronavirus pour que Telenet arrive à ces conclusions ? « Oui, aussi étrange que cela puisse paraître », admet Madame Tempels. « Les entreprises estimaient que les gens devaient venir au bureau pour qu’on puisse leur faire confiance. Il fallait que les dirigeants voient les gens assis devant leur écran. » 

Une étude conduite par l’agence d’information-entreprises Wildlane au sein du secteur technologique démontre le non-fondé de cette approche. « Nos clients et fournisseurs le confirment. Dans le domaine des livraisons par exemple, il n’y a aucun recul de la fiabilité par rapport à précédemment. » 

Telenet va réorganiser ses espaces de bureaux. L’opérateur dispose de deux bâtiments pour son siège à Malines. Le bâtiment Malines-Sud sera fermé parce que cet espace est devenu superflu. Les départements établis à Zaventem, Gand et Wommelgem sont maintenus.

 

À propos de Martine Tempels

Senior Vice-President de Telenet Business

 

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