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Entre incitants fiscaux, évolution du budget mobilité et attentes des salarié·es, la mobilité douce s’installe progressivement dans les politiques d’entreprise.
À l’heure de pointe, Bruxelles hésite encore entre klaxons et sonnettes. Pourtant, le paysage change. Le vélo s’impose peu à peu comme une réponse crédible aux embouteillages, à la pression climatique et aux nouvelles attentes des travailleur·euses. Reste à savoir si la capitale est prête à passer à la vitesse supérieure, et si les entreprises sont prêtes à suivre. Entretien avec Joule* et Mbrella**.
Une ville qui apprend à pédaler
Bruxelles n’a pas grandi avec la culture du vélo chevillée au corps. La comparaison avec la Flandre surgit vite dans les conversations. Là-bas, le deux-roues fait partie du quotidien depuis longtemps. Ici, la dynamique est plus récente, plus fragile aussi.
Les pistes cyclables se sont multipliées et les aménagements progressent, mais l’infrastructure reste un sujet sensible : continuité des trajets, sécurité aux carrefours, stationnement sécurisé. « On avance, mais il y a encore du travail », reconnaît Jean-Baptiste Cayman, account manager & partnerships chez Joule. Ce qu’il observe, en revanche, c’est une évolution nette à Bruxelles, plus marquée qu’en Wallonie. Dans une ville dense, où les distances domicile-travail sont souvent courtes, le vélo devient une alternative logique : « Le potentiel est énorme », dit-il simplement.
Les chiffres nationaux vont dans le même sens. Selon le SPF Mobilité & Transport (2025), l’usage du vélo continue de progresser en Belgique, notamment grâce aux vélos à assistance électrique. La Région suit la tendance, même si le rythme reste mesuré.
Les entreprises face à une nouvelle équation
Depuis 2019, le budget mobilité permet aux salarié·es de troquer leur voiture de société contre une enveloppe utilisable pour d’autres solutions de déplacement. Le mécanisme, d’abord accueilli avec prudence, est progressivement entré dans les pratiques. Selon les annonces fédérales relayées notamment par Securex, il devrait devenir obligatoire pour les entreprises qui intègrent un véhicule dans leur package salarial.
À Bruxelles, la logique séduit. « Beaucoup de collaborateur·rices n’ont pas réellement besoin d’une voiture au quotidien », constate Amaury Gerard, CEO de Mbrella. Le budget est calculé sur le coût total de la voiture, et peut ensuite être redistribué vers des abonnements de transports en commun, un vélo, voire un logement plus proche du lieu de travail. « L’essayer, c’est l’adopter : nous n'avons vu aucun cas de retour en arrière vers une voiture de société une fois le budget mobilité activé », assure-t-il.
Le vélo comme avantage salarial
Dans ce contexte, le leasing vélo trouve naturellement sa place. Chez Joule, le vélo est financé par le·la collaborateur·rice via son package salarial (brut, prime de fin d’année ou budget mobilité) dans un cadre fiscal avantageux. L’employeur, lui, n’assume pas de coût direct supplémentaire.
« C’est une formule gagnant-gagnant », résume Jean-Baptiste Cayman. Le·la salarié·e bénéficie d’un vélo assuré, entretenu, avec un accompagnement complet. Les équipes RH, de leur côté, sont déchargées de la gestion opérationnelle grâce à l’intégration avec les secrétariats sociaux.
Au-delà de l’outil financier, les entreprises ont aussi un rôle culturel à jouer : parking sécurisé, valorisation de l’indemnité vélo (voire piétonne), communication interne. La mobilité devient un élément structurant du package salarial, au même titre que les autres avantages. Pour Amaury Gerard, « il s’agit d’aider les employeurs à construire une politique de mobilité cohérente. »
Les deux approches sont d’ailleurs compatibles. Budget mobilité et leasing vélo peuvent se combiner, élargissant les options sans complexifier la gestion.
Une transition plus large
Les deux entreprises partagent un actionnaire commun, D’Ieteren Group. Un détail qui dit beaucoup. Le groupe, historiquement associé à l’automobile, investit aujourd’hui dans des solutions qui dépassent largement la voiture.
Au-delà de la mobilité douce, la transition veut repenser les déplacements dans leur ensemble. Chez Mbrella, la gestion des flottes électriques fait désormais partie de l’offre. À Bruxelles, cette mutation se joue à plusieurs niveaux. Elle s’inscrit dans une évolution plus large des politiques salariales, des obligations légales et des attentes sociétales.
Le vélo n’est peut-être pas encore roi, mais il n’est plus marginal. La capitale n’a pas encore l’allure d’Anvers ou de Gand aux heures de pointe, mais les sonnettes se font plus nombreuses.
*À propos de Joule Créée à Gand et active dans toute la Belgique, Joule est spécialisée dans le leasing vélo en B2B. Elle permet aux collaborateur·rices d’accéder à un vélo, classique ou électrique, via leur package salarial. L’entreprise accompagne les organisations de l’implémentation à la gestion administrative, en lien avec les secrétariats sociaux.
**À propos de Mbrella Fondée en 2021, Mbrella développe une plateforme de gestion des avantages de mobilité destinés aux employeurs. Budget mobilité, abonnements de transports en commun, indemnités vélo ou piétonnes, gestion de la recharge des flottes électriques : l’objectif est de centraliser l’ensemble du trajet domicile-travail dans un seul outil.
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