Jean-Philippe Mergen: l’international à hauteur d’hommes

5 mai 2026 par
Jean-Philippe Mergen:  l’international à hauteur d’hommes
Beci, Era Balaj

Entré en 1987 à l’Union des Entreprises de Bruxelles, Jean-Philippe Mergen s’apprête à boucler ses valises. Retour sur le visage du département international de Beci, au service des entreprises et de leur ouverture au monde.

« 1er avril 1987. » Il le précise d’entrée, avec un sourire. Comme si tout commençait là, dans ce détail un peu léger. Une façon, peut-être, de rappeler que, même après près de quarante ans de carrière, il ne prend pas tout à fait la posture qu’on pourrait attendre.

Jean-Philippe Mergen n’est pas de ceux qui racontent leur parcours en grand. Il le déroule par touches, au fil des souvenirs, sans jamais forcer le trait. Pourtant, en filigrane, c’est une bonne partie de l’histoire de Beci qui affleure.

Quand il arrive à l’Union des Entreprises de Bruxelles, l’international n’a rien de ce qu’il est aujourd’hui. Pas d’Internet, pas d’e-mails. « On n’avait même pas de fax au début. » Alors on se déplace, on prend contact, on construit des relations. Très vite, il reprend le service Promexport, chargé d’accompagner les entreprises bruxelloises à l’étranger, bien avant les structures actuelles.

Le terrain, toujours

Puisqu’il fallait commencer sans mode d’emploi, autant aller voir de plus près. Les missions économiques, les visites d’entreprises, les rencontres qui s’enchaînent. « Aller sur place, ça change tout.» Au fil des années, le directeur internationalisation accompagne des profils très différents : une société alimentaire, un bureau d’architecture, une société informatique… Des univers qui n’ont rien en commun, si ce n’est cette envie d’aller voir ailleurs. « Ce sont surtout des rencontres », résume-t-il.

Certaines relations s’installent dans le temps. Trente ans parfois. Des entreprises qui reviennent, pas forcément souvent, mais au bon moment. Avec une question précise, un marché à explorer, un doute à lever. « Elles savent qu’elles peuvent nous appeler. » Le Bruxellois n’ajoutera rien de plus, se gardant de revendiquer quoi que ce soit : « Je ne dirais pas que c’est grâce à nous qu’elles se développent. » Mais l’accompagnement, lui, est bien là.

Jean-Philippe évoque les pays traversés sans chercher à les compter. Une cinquantaine, peut-être plus. Néanmoins, ce qui reste, ce sont les moments. Une discussion qui s’étire, une visite d’entreprise, un détail qui change tout. Et puis les visages. Ceux des dirigeant·es rencontré·es au fil des années. Des parcours suivis parfois sur plusieurs décennies. « On garde des contacts… on voit les entreprises évoluer. » Certaines ont changé de mains, d’autres ont grandi.

Essayer, ajuster, continuer

Le métier change, forcément. L’arrivée d’Internet, bien sûr, les outils, les échanges et les projets aussi. Il y a ceux qui marchent, et ceux qui résistent un peu plus. Il évoque ce responsable export partagé entre plusieurs PME. Une idée pragmatique : mutualiser les moyens pour se lancer à l’international. Sur le papier, tout tient. Dans la réalité, les intérêts divergent, les marchés aussi. « Ce n’était pas évident. Le principe était bon… », reconnait-il, lucide. Il s’arrête là.

Aujourd’hui, il parle davantage « d’internationalisation » que d’export. La nuance compte. « Il s’agit d’aider les entreprises à être présentes à l’étranger, pas seulement à vendre. Certaines importent ou cherchent de nouveaux fournisseurs ». Comprendre les règles, trouver des partenaires, naviguer dans les réglementations. À travers le réseau Enterprise Europe Network, il s’appuie sur des relais dans des dizaines de pays. « On aide, on oriente, on met en contact. »

Le travail, au quotidien

Quand il aborde son quotidien, le ton change à peine, mais le rythme s’accélère et les demandes s’enchaînent de la part des entreprises, des institutions, parfois de l’étranger. « Il faut répondre, ou au moins orienter et trouver le bon interlocuteur ». Il n’insiste pas, mais on devine l’exigence : ne pas laisser une demande en suspens, prendre le temps, même quand il manque.

Jean-Philippe a connu plusieurs époques d’une même maison : il a vu Beci se transformer de l’intérieur. Le rapprochement entre l’UEB et la Chambre de commerce, les équipes qui apprennent à travailler ensemble, les repères qui bougent. « Ce n’était pas évident au départ », glisse-t-il. Puis là encore, le temps a fait son œuvre.

Ce qui reste, en fil continu, c’est le lien avec les entreprises. Alors il se concentre. « Je suis peut-être très pris par mon travail… » Il esquisse un sourire. « Mais c’est parce qu’il y a beaucoup à gérer. » Une explication pudique, à son image. Elle suffit.

Merci, Jean-Philippe !

Le 1er mai, Jean-Philippe Mergen a bouclé ses valises. Une date qui a du sens. La fête du travail, pour clore la carrière de quelqu’un qui aura passé près de quarante ans à accompagner celle des autres.

Il passe le relais à Ekaterina Clifford, responsable de la communauté internationale de Beci. Les grands discours, ce n’est pas son style. Néanmoins, s’il devait laisser un mot, griffonné sur un post-it, ce serait sans doute quelque chose comme ça : rester à l’écoute, prendre le temps de comprendre, et garder le lien.

Parce qu’au fond, c’est peut-être ça qui marque le plus dans son parcours : cette façon d’être présent, sans jamais chercher à prendre la lumière… ou plutôt de prouver, sans jamais le dire, que les rôles les plus discrets sont souvent ceux qui tiennent le tout. Toute l’équipe de Beci lui souhaite bon vent !


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