Des premiers jobs d’étudiants jusqu’à l’entrée de plein pied dans la vie active, Student.be accompagne les jeunes tout au long de leur premier parcours professionnel. La plateforme vient de signer un partenariat prometteur avec Beci.
Quand en 2014, Florence Loumaye cofonde Student.be, c’est avant tout pour combler une absence. Si les réseaux sociaux – Facebook en particulier – sont déjà là pour animer les conversations « peer to peer », il manque encore d’une plateforme reliant jeunes, propriétaires de kots, employeurs et institutions académiques. « Nous voulions rassembler ces communautés pour faciliter un moment de vie rempli de choix importants », explique-t-elle. La dirigeante a vu juste. Aujourd’hui, Student.be compte 600.000 membres et enregistre 450 nouvelles entrées… par jour.
Interview
La plateforme a-t-elle beaucoup évolué technologiquement ?
Énormément. Depuis les débuts, nous comptons trois développeurs qui l’améliorent en permanence. Cette année, nous avons lancé le « CV checker », qui permet à un étudiant de faire analyser et améliorer son CV par l’IA avant qu’il ne l’envoie à l’employeur. Nous avons cette ambition, un peu utopique, de contribuer à l’égalité des chances sur le marché de l’emploi. Un tel outil peut aider à réduire les différences.
Plus largement, comment l’IA vous impacte-t-elle ?
Les IA imposent aujourd’hui comme un canal additionnel à Google, qui assurait jusque-là une énorme partie du trafic. Un utilisateur d’IA va souvent beaucoup plus loin dans sa recherche avant de cliquer sur un site. Mais lorsqu’il arrive chez nous, nous constatons que ce clic est de meilleure qualité et qu’il convertit davantage, notamment en création de compte. L’enjeu est donc de faire en sorte que Student soit également présent dans ces nouveaux parcours de recherche. C’est une nouvelle manière de travailler notre visibilité, en complément de Google.
Le marché du travail des jeunes est-il devenu plus difficile ?
Certains ont commencé des études - notamment en IT ou en graphisme - en pensant qu’un emploi les attendrait presque automatiquement à la sortie. Pour eux, l’IA a changé radicalement la donne. À l’inverse, les métiers en pénurie le sont encore davantage. En plus, le vieillissement de la population fait qu’il y a moins de personnes qui arrivent sur le marché du travail que de personnes qui en sortent. On se retrouve donc avec un marché à deux vitesses. Dans certains métiers, l’IA réduit la pression sur les employeurs et rend l’accès au premier emploi plus compliqué. Dans l’électricité, l’électromécanique ou les soins infirmiers, les besoins restent très importants alors que peu de jeunes s’orientent vers ces formations.
En douze ans, comment avez-vous vu évoluer la relation entre jeunes et employeurs ?
La génération Z, qui accorde beaucoup plus d’importance au sens, à l’authenticité et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, a changé la donne. Les entreprises en tiennent davantage compte et on voit se développer une relation beaucoup moins impersonnelle. Ce ne sont plus seulement les entreprises qui communiquent : ce sont les personnes qui y travaillent. Certaines produisent des vidéos TikTok dans lesquelles des employés racontent leur métier au quotidien. Cette transparence n’existait pratiquement pas lorsque nous avons commencé.
L’employer branding a donc lui aussi beaucoup changé ?
Complètement. Les entreprises ont compris qu’il ne suffit plus de publier une annonce et d’attendre les candidatures. Tout ne passe d’ailleurs pas que par le digital. Les salons de recrutement sur les campus continuent d’attirer, notamment les étudiants en dernière année.
Vous développez aussi des initiatives autour des startups. Pourquoi ?
Tous les jeunes ne veulent pas nécessairement créer leur propre startup, mais beaucoup apprécient aussi un environnement et un état d’esprit entrepreneurial. Avec les Belgium Startup Awards et d’autres événements, nous voulons les inspirer et leur permettre de découvrir des opportunités de stage ou de premier emploi dans cet univers.
Student.be concurrence-t-elle les bureaux d’intérim ?
Ces agences sont plutôt des clientes. Beaucoup publient leurs jobs étudiants chez nous. Notre rôle est davantage de connecter ces différents acteurs que de nous substituer à eux.
Intégré aujourd’hui dans la plupart des cursus, le stage est un puissant levier d’employabilité pour les jeunes et de recrutement pour les entreprises. Mais dans certains métiers, décrocher un premier stage demeure un défi. Student.be et Beci ont donc décidé de nouer un partenariat afin de sensibiliser les entreprises bruxelloises et brabançonnes.
Au programme : la création dans les prochaines semaines d’une mini-plateforme mettant en lien employeurs, candidats et structures d’accompagnement ainsi qu’une foule de vidéos et informations utiles sur les différentes formules et compétences disponibles.
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