Nombre de citoyens demeurent vulnérables face à l’accélération numérique. Les entreprises ont un rôle à jouer pour renforcer l’accès et la confiance dans le digital.
La généralisation du smartphone pourrait laisser croire que tout un chacun est, aujourd’hui, devenu un citoyen connecté, capable de jongler avec les services digitaux contemporains. Les conclusions du Baromètre de l’inclusion digitale, un rapport publié tous les deux ans par la Fondation Roi Baudouin, sont pourtant bien différentes.
On apprend ainsi qu’au sein des populations belges plus paupérisées, près d’une personne sur cinq n’utilise jamais internet. Il apparait encore que 39 % des citoyen·nes disposent de faibles compétences numériques. Entre les geeks et celles et ceux qui peinent à apprivoiser les progrès de l’e-banque, e-commerce, e-administration et autres services de santé en ligne, le risque de fossé digital est donc bien réel !
Inclusion numérique
C’est pour y répondre que plus de 150 entreprises, organisations sociales et instances gouvernementales ont choisi de se rassembler sous la bannière de DigitAll, un projet initié par BNP Paribas Fortis.
Objectif : à travers une série d’initiatives et de bonnes pratiques, œuvrer à une meilleure inclusion numérique des plus fragilisé·es, des jeunes les plus vulnérables aux personnes âgées ou vivant sous le seuil de pauvreté.
IA : une solution et un problème
Un public dont il est encore difficile de dire aujourd’hui s’il sera davantage mis de côté par le déferlement de l’IA, ou au contraire mieux connecté. « D’un côté, l’IA et ses solutions de langage ont un impact positif quand il s’agit de communiquer ou générer une interaction compréhensible par tous sur un site web ou dans une application », explique Linde Verheyden, Director Public Affairs de BNP Paribas Fortis et initiatrice de l’écosystème DigitAll. « Mais de l’autre, l’IA mal utilisée pollue les réseaux de fake news et d’arnaques. Celles et ceux qui ne se sentent pas suffisamment confiant·es pour distinguer le vrai du faux peuvent avoir un réflexe de rejet. Dans ce cas-là, l’IA exclut ».
Environ 40 % des Belges âgé·es de 16 à 74 ans sont en situation de vulnérabilité ou à risque d'exclusion numérique
Catherine Bals, Group Sustainability Lead chez Proximus et partie prenante à DigitAll confirme. Pour renforcer la confiance dans les outils numériques, l’opérateur a d’ailleurs lancé il y a quelques mois « Smart en ligne », une nouvelle plateforme interactive qui arme les utilisateur·rices contre les abus potentiels. « En augmentant le sentiment de sécurité, on favorise l’accessibilité de tous aux outils numériques », plaide-t-elle.
Charte
Mais DigitAll compte aussi, et surtout, sur les entreprises et leurs représentant·es pour progresser dans son combat et propager ses messages. En guise de plan d’actions, la coalition a établi une charte en 9 points signée par toutes ces organisations membres. Outre BNP Paribas Fortis, Proximus et Accenture – les principaux sponsors du projet – on retrouve au nombre des signataires Beci, Actiris ou Agoria, mais aussi des entreprises bruxelloises de toutes tailles dont Bnode, Campfire ou Securex.
« Mieux vaut se renseigner auprès des autres organisations pour comprendre ce qui marche ou pas plutôt que de réinventer la roue » - Linde Verheyden.
Elles s’engagent par exemple à promouvoir l’inclusion numérique en interne mais aussi à l’extérieur de l’organisation et à introduire des procédures permettant d’évaluer dans quelle mesure cette inclusion est favorisée auprès des collaborateur·rices, des client·es et des bénéficiaires. « Nous avons évité de formuler des engagements trop détaillés de façon à ce que chaque entreprise puisse adapter ceux-ci à sa propre réalité », confie Linde Verheyden.
Autre résolution, celle d’échanger les expériences et meilleures pratiques. « L’inclusion numérique est un processus qui se fait pas à pas. Mieux vaut se renseigner auprès des autres organisations pour comprendre ce qui marche ou pas plutôt que de réinventer la roue », rappelle Catherine Bals.
Pas que de l’ESG
Les bonnes raisons de s’impliquer ne se limitent pas à des considérations sociétales, loin de là. « Une entreprise qui prend des initiatives démontre qu’elle est consciente que, même en interne, les nouveaux outils peuvent générer du stress digital chez les employé·es », poursuit la dirigeante. Elle ajoute encore que travailler à son accessibilité digitale ne profite pas qu’aux plus fragiles, mais à l’ensemble des clients, et notamment les seniors.
Pour les entreprises qui veulent faire le pas, DigitAll a ainsi développé le « Digital Inclusion by Design Index ». Cet outil leur permet d’évaluer dans quelle mesure un produit numérique est accessible et prodigue des conseils afin de réduire les obstacles pour les utilisateur·rices. Il est disponible sur : digitalinclusionindex.digitall.be
40 % des Belges à risque d’exclusion numérique
32 % d’entre elles et eux disposent de faibles compétences numériques
8 % n’utilisent pas internet du tout
Source : Baromètre de l’inclusion digitale 2024, Fondation Roi Baudouin
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