Animateurs de communautés

13 janvier 2023 à 14:01 | 122 vues

La mutation 3.0 de BECI s’inscrit dans un monde entrepreneurial qui change. Nouvelles attentes, nouvelles pratiques, nouveaux enjeux… Les autres grandes organisations représentatives livrent leur vision.  

 

Olivier de Wasseige, Administrateur délégué et Directeur général de l’Union Wallonne des Entreprises

 

Les entrepreneurs interagissent-t-ils différemment aujourd’hui ? OdW : Oui. Il y a certainement une évolution générationnelle. Au sein de l’UWE, nous avons créé il y un an un « comité des jeunes entrepreneurs » qui regroupe fondateurs de start-up et entrepreneurs familiaux de moins de 40 ans, et qui fonctionne très bien. Mais leurs modalités de participation aux processus de réflexion et de décision dans les instances sont différentes. Aujourd’hui, une réunion sur deux est en full présentiel, l’autre en full distanciel. Le taux de participation s’en est vu fortement augmenté.

Et pour ce qui est du networking ? Même si la tendance est de réduire les grands événements, tirer la quintessence de la COVID ne doit pas vouloir dire « passer au tout digital ». Les réunions en visioconférence sont hyper factuelles. Un groupe WhatsApp peut parfois suffire à prendre des décisions mais pour présenter son business et le développer, rencontrer des gens et « sentir » ses interlocuteurs, rien ne remplace le contact humain. Cela, même les jeunes générations d’entrepreneurs le comprennent.

Le concept de co-construction est partout, et à l’UWE ? Notre récente initiative Odyssée 2068 trace, pour les prochaines décennies, un projet sociétal bien au-delà du monde des entreprises. Nos ateliers ont formulé les trajectoires souhaitables dans plusieurs domaines : emploi et formation, gouvernance démocratique, environnement, climat et société, et innovation et investissement. Entreprises, syndicats, universités, fonctionnaires, … en tout, ce sont plus de 800 acteurs de terrain qui ont été impliqués. L’inverse d’une réflexion « en chambre » entre une poignée d’entrepreneurs.

Partager, collaborer… entre organisations patronales également ? BECI, Voka et FEB échangent constamment via notre comité de contact mensuel. Nous partageons avec BECI la thématique communautaire de l’enseignement et de la formation. La Fondation pour l’Enseignement, que nous avons créée conjointement avec les pouvoirs organisateurs, est une matérialisation de cette collaboration. Je souhaiterais aussi discuter du problème aigu des places de crèche. Il y a aussi représentation des entreprises à l’étranger, en particulier les pays francophones. Enfin, de nombreuses entreprises ont leurs sites de production en Wallonie et leur siège à Bruxelles…

On pense aussi à la mobilité Pour les 144.000 wallons qui travaillent à Bruxelles, la mobilité est un réel problème. Des entreprises wallonnes souhaiteraient développer leur business dans la capitale mais sont entravées. L’occasion de rappeler le soutien de l’UWE à un système de prélèvement kilométrique intelligent. Il nous faut aussi œuvrer ensemble à la suppression d’aberrations issues de trois codes de la route différents pour un même pays. Certains camions ne peuvent emprunter le ring à cause d’un tronçon de… 1,5 km !

 

Hans Maertens, Gedelegeerd bestuurder, VOKA-Vlaams netwerk van ondernemingen

 

Netwerken de nieuwe generaties ondernemers anders dan hun voorgangers? Wat verwachten ze ervan? Hans Maertens: Vooral bij starters en scale-ups in sterk innoverende sectoren (digitalisering, gezondheidszorg …) merken we een nieuwe aanpak van netwerken. Die jonge ondernemers werken regelmatig thuis en hechten belang aan de work/life balance. Netwerken vinden zij belangrijk, maar liefst kwantitatief wat minder en kwalitatief beter. Het zijn kieskeurige mensen, hoor, en ze willen een doel bereiken. Zo bijvoorbeeld hun soortgenoten ontmoeten of in contact treden met een potentiële partner. En als dat kan rond een gezellige pint of een glaasje bubbels, zeker doen, maar ‘having fun’ is maar zelden de target. Wij bij Voka netwerken doelgericht en gefocust. In het woord ‘netwerken’ horen wij vooral ‘werken’. Mensen ontmoeten, contacten leggen, bijleren: ook dat is werken!

Welke synergieën ziet u tussen VOKA en BECI? Tussen Beci en Voka bestaat er in dit verband een afspraak. Wij leggen vooral de klemtoon op networking, o.a. om Vlaamse bedrijven warm te maken voor kansen in Brussel. Wij lobbyen dan ook voor die ondernemingen. En we overleggen met Beci over wat we via lobbying willen bereiken. Dan hebben we het over vraagstukken als de mobiliteit, de Brusselse Ring, de luchthaven, bedrijfszones enz. Hoe meer we lobbyen, hoe meer we nadien kunnen netwerken over concrete inhoud.

Hoe vullen het Vlaamse en het Brusselse Gewest elkaar economisch aan? Vlaanderen is een land van industrie, productie, logistiek, KMO’s en familiebedrijven. Het Brusselse Gewest zit economisch heel anders in elkaar, met een hoge concentratie aan diensten en hoofdzetels van grote ondernemingen. De economische complementariteit is vanzelfsprekend. Toch is niet alles koek en ei. Denk maar aan de mobiliteit. De Brusselse initiatieven op dat gebied zijn vooral voor de Brusselaars bestemd, maar een nevenverschijnsel is dat Vlamingen – voornamelijk de vele pendelaars – zich niet meer welkom voelen in de hoofdstad. Verder hebben we moeite met de hoge belastingen waaronder bedrijven in Brussel gebukt gaan. Vandaar het belang van lobbying

Bestaat er wederzijdse hulp en uitwisseling van kennis en vaardigheden tussen VOKA-leden? Voka heeft in dat verband al een aantal succesvolle stappen gezet. We hebben een kennis- en lobbycentrum opgericht dat meerdere bronnen van expertise inroept: onze lokale Voka-kamers, sectorale federaties en ook de deskundigheid die de bedrijven zelf te bieden hebben. Deze aanpak vertoont gelijkenissen met de Beci 3.0 strategie, maar laten we focussen op resultaten die voor beide gewesten voordelen opleveren, bijvoorbeeld wat betreft mobiliteit, kennis, fiscaliteit enz.

 

Pieter Timmermans, Administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique FEB/VBO

 

Comment la FEB s’inscrit-elle dans les changements que connaît le monde économique aujourd’hui ? P.T : EN 2020, nous avons redéfini notre stratégie et établi deux centres de compétence supplémentaires – l’un consacré au digital et à l’innovation, l’autre à la transformation de l’économie et le circulaire.  Mais notre approche est aussi bottom-up. Nous créons un maximum de synergies avec nos membres que sont les fédérations sectorielles, ou les entreprises qui les composent.

Pourquoi cette approche ? Nous utilisons le plus efficacement possible nos ressourceslimitées. Notre but est d’assurer un va-et-vient permanent d’analyses et d’informations entre nos experts, le sectoriel et l’intersectoriel. Nous préférons mener un débat sur l’intérim avec l’apport des experts de Federgon. Idem pour le développement d’un deuxième pilier de pension, où nous collaborons avec Assuralia. Sur la cybersécurité, nous travaillons avec des partenaires comme Febelfin, Agoria et d’autres encore. Nous collaborons aussi avec les universités via des chaires académiques. L’ampleur de notre expertise s’étend donc bien au-delà des 40 experts de la rue Ravenstein…

Au-delà des secteurs, comment assurer un lien direct avec les besoins des entreprises ? Nous visitons de nombreuses entreprises. Je tiens beaucoup à ce contact de terrain. Et puis cette proximité est inscrite dans notre gouvernance. Si notre Conseil d’Administration regroupe les fédérations, notre comité stratégique est composé de CEO de premier plan, du Nord, du Sud et du Centre du pays.

Comment travailler avec les autres organisations patronales sur des dossiers communs ? Ce qui nous importe avant tout, c’est l’intérêt des entreprises. Et même s’ils peuvent être parfois plus aigus de l’un ou l’autre côté du pays, les soucis de tous les entrepreneurs belges sont communs. Les principaux sont connus : l’inadéquation entre offre et demande sur le marché de l’emploi, la formation, la mobilité, la compétitivité. Mais je souhaiterais aussi une collaboration renforcée sur la transition environnementale et l’énergie car le défi climatique est commun. La répartition des compétences rend parfois la résolution de ces problèmes complexes mais il ne faut pas embêter les dirigeants avec cela. L’institutionnel doit rester de l’ordre du back-office.

La FEB a récemment plaidé pour une Belgique plus influente en Europe. Avoir Bruxelles comme capitale est-il un atout ? Absolument. Mais il faut aussi pour cela que Bruxelles soigne son image. Je reste effrayé par l’impression que donne l’arrivée à la gare du Midi à tout visiteur en provenance de Paris, de Londres ou d’Amsterdam. Les retombées du port d’Anvers, pôle économique le plus important du pays, ne peuvent être sous-estimées. Je souhaite que Bruxelles, dont le nom est connu partout dans le monde, puisse jouer un rôle identique.

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