Loin d'être une simple formalité individuelle, la reprise après une longue maladie transforme tout l'écosystème d'une entreprise. Décryptage d'une démarche qui se prépare bien en amont.
Une absence de longue durée ne concerne jamais uniquement la personne absente. Elle touche aussi l’équipe, le manager et l’organisation, et, dans une PME, peut rapidement bouleverser tout un équilibre. Pourtant, le retour au travail est encore souvent envisagé comme un événement ponctuel : le jour où le collaborateur revient, avec l’idée que tout va pouvoir « reprendre comme avant ».
Ne pas attendre le premier jour
Pendant une absence prolongée, les tâches sont redistribuées, les collègues prennent le relais et l’organisation s’adapte. Lorsque le retour se profile, il faut donc préparer un nouvel équilibre.
En effet, revenir ne signifie pas nécessairement pouvoir retrouver immédiatement son rythme, sa charge ou ses responsabilités d’avant. Une période de réadaptation peut être nécessaire : reprise progressive, adaptation temporaire de certaines tâches ou horaires, ou simplement temps nécessaire pour retrouver ses repères et sa confiance. L’objectif ? Passer d’une logique de « retour comme avant » à celle d’un retour réaliste et durable.
Maintenir le lien, sans mettre de pression
Cette préparation commence dès l’absence. Maintenir un contact respectueux avec le collaborateur permet de conserver un lien humain et professionnel, sans jamais lui demander de justifier sa situation.
Lorsque la reprise devient envisageable, un échange peut ensuite avoir lieu autour du travail : quelles seront les priorités ? Faut-il prévoir une montée en charge progressive ? Certaines tâches doivent-elles être temporairement adaptées ? Quel accompagnement sera utile ?
« Les aménagements mis en place pour accompagner une reprise doivent être clairement définis dès le départ, mais aussi régulièrement réévalués. L’objectif est de pouvoir ajuster le cadre en fonction de l’évolution de la situation », explique Vera Vanhaastert, Coordinatrice de retour au travail, formée au disability management
Le manager et l’équipe ont aussi un rôle à jouer
Le manager occupe une place centrale, alors qu’il est rarement préparé à accompagner ce type de situation. Son rôle est de savoir écouter, clarifier les attentes, adapter lorsque c’est nécessaire et suivre l’évolution de la reprise.
L’équipe doit elle aussi être préparée. Après plusieurs mois d’absence, les rôles et responsabilités ont souvent évolué. Il faut donc expliquer ce qui change concrètement, tout en respectant strictement la vie privée du collaborateur.
Faire du retour au travail un sujet de prévention
Pour une PME, anticiper ne signifie pas mettre en place une procédure complexe. Une feuille de route d’une page peut déjà faire la différence : identifier une personne de référence, préparer les managers, connaître les ressources externes disponibles et prévoir les différentes étapes de la reprise. Une reprise durable ne dépend pas uniquement de la volonté de la personne, elle dépend aussi de l’environnement dans lequel elle revient.
C’est précisément l’un des messages portés par l’asbl Baob, qui accompagne les personnes touchées par la maladie ou une longue absence dans leur parcours de rebond, mais aussi les entreprises confrontées à ces réalités. Parce que le retour au travail n’est pas qu’une question individuelle : c’est aussi un enjeu humain, managérial et organisationnel.
Cette vision sera au cœur du Bounce Back Festival, organisé par Baob les 2 et 3 octobre à Bruxelles : deux journées pour parler de l’après, du rebond et du retour à la vie professionnelle, en réunissant personnes concernées, experts et entreprises.
« Dans une PME, chaque collaborateur compte. La question n’est pas seulement de savoir comment gérer son retour, mais ce que l’on peut mettre en place, dès aujourd’hui, pour qu’il se passe dans les meilleures conditions, pour la personne comme pour l’entreprise », conclut Juliette Berguet, fondatrice de Baob et du Bounce Back Festival.