Corporate Social Responsibility, vecteur de développement durable de l’entreprise

18 mai 2021 à 08:05 | 328 vues

[article invité]

Dans une Société en pleine période de transition telle que nous l’expérimentons aujourd’hui, les rôles et les responsabilités des entreprises s’étendent et recouvrent désormais des domaines qui peuvent – à première vue – sembler éloignés de leurs activités industrielles. 

Il n’est plus envisageable en 2021 qu’une entreprise ne se préoccupe pas de thématiques comme l’inclusion sociale, la diversité, l’impact environnemental, la solidarité, l’intergénérationnel, l’enseignement et la formation, ou encore  le respect des Droits de l’Homme, la digitalisation, l’éthique, la lutte contre la précarité ou la fracture numérique.

Ces sujets qui représentent également des préoccupations citoyennes sont désormais adressées par les entreprises via des actions, des initiatives regroupées sous le dénominateur commun de « Responsabilité Sociétale / Sociale des Entreprises » (RSE ou CSR en anglais) et sont devenues au fil des deux dernières décennies des atouts que l’Entreprise a intégrés dans sa stratégie globale de croissance et de développement.

L’économiste Thomas PICKETTY a récemment souligné l’importance de cette modification (progressive) du « mindset » des entreprises qui se « réinventent » et veulent faire du « business » autrement, c’est-à-dire en développant un écosystème au sein duquel les aspects environnementaux, sociétaux et économiques sont de valeur égale pour mesurer la performance ou l’impact de l’entreprise. Pour preuve, les Rapports Intégrés qui constituent l’épine dorsale du développement des entreprises, en y intégrant des KPI (Key Performance Indicators) financiers et extra-financiers.

Cette volonté affirmée de développer des modèles « durables » est l’étape suivante dans l’évolution de la CSR, celle que d’aucuns appellent d’ores et déjà « Corporate Sustainable Responsibility », mettant en pratique quotidienne les 17 ODD (Objectifs de Développement Durable) répertoriés par les Nations-Unies en 2015.

Le concept même de « Développement durable » – erronément associé uniquement à l’aspect environnemental au début des années nonante – s’entend désormais comme un fil conducteur, une trame qui traverse toutes les composantes de l’entreprise. Il est question d’achats durables, de ressources humaines durables, de mobilité durable, bref de modèles socioéconomiques basés sur la capacité des entreprises à se réinventer pour assurer d’une part leur pérennité, et d’autre part garantir leur adéquation avec l’évolution de la Société au sens large.

Certes, cette vision quelque peu « idéalisée » de la CSR peut sembler étonnante dans un monde où les réflexes industriels et capitalistes semblent avoir la dent dure, mais elle constitue une lame de fond qui démontre l’aptitude des entreprises à faire preuve d’agilité et d’adaptabilité. La période actuelle de crise de la covid-19 est un excellent révélateur de cette capacité à la résilience et à la flexibilité.

Les futures générations de managers formées dans les Management Schools et dans d’autres institutions devront intégrer cette nouvelle philosophie et ce nouveau mode de fonctionnement. L’importance de l’enseignement et de la formation continue se révèle capitales dans ce domaine. Il est le garant du fait qu’une entreprise « ne peut se développer dans un désert social ». il faut donc qu’elle se préoccupe (et qu’elle agisse) aussi en faveur des aspects durables de son « business ».

 

À propos de l’auteur

Jacques Spelkens, Senior CSR Advisor ENGIE Benelux 
Professeur à l’ICHEC et à l’EDHEC en « Sustainability Management »

 

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