Défendre et influencer

13 janvier 2023 à 14:01 | 84 vues

Responsable de l’Union des Entreprises de Bruxelles (UEB), Jan de Brabanter est en charge du pilier lobby de BECI, qui défend les intérêts des entreprises bruxelloises et les représente auprès des différentes parties prenantes. Il explique ici son action, les leviers disponibles et comment une organisation patronale 3.0 contribue à son efficacité.

Comment la représentation des entrepreneurs est-elle assurée dans les décisions publiques ?

La Région de Bruxelles Capitale dispose de son propre Conseil économique et social, appelé Brupartners. On le sait peu, mais le Gouvernement bruxellois est légalement tenu de recueillir l’avis de Brupartners sur tous les avant-projets d’ordonnance qui ont une incidence socioéconomique sur la Région. Brupartners, qui assure une mission de concertation entre les interlocuteurs sociaux et le gouvernement bruxellois, est également sollicitée par celui-ci pour contribuer aux projets ou ‘chantiers partagés’ inscrits dans la Stratégie ‘Go4Brussels 2030’ du Gouvernement. Via l’UEB, BECI figure au banc des organisations qui composent Brupartners. Nous sommes donc aux premières loges, et même intervenants du processus démocratique qui influence la vie des entreprises.

Qui d’autre est représenté dans Brupartners ?

Nous partageons le banc patronal avec « Brupartners Entrepreneurs Indépendants » où la Chambre de Commerce figure parmi les autres organisations représentant les indépendants, très petites (TPE) et moyennes entreprises (PME) et professions libérales bruxellois, de même que Bruxeo, l’organisation représentative des employeurs du ‘non-marchand’. Le banc syndical, lui, regroupe les trois organisations syndicales. Chacun des représentants est membre du conseil d’administration, qui est aussi l’organe exécutif. Nous nous rencontrons lors d’assemblées plénières mensuelles.

Il s’agit donc d’un réel organe d’influence ?

C’est en tous cas un lieu où sont actés les accords ou désaccords avec les représentants des travailleurs. Les avis de Brupartners sont transparents, publiés et rendus entre la première et la deuxième lecture au gouvernement. Brupartners peut aussi proposer des lois à celui-ci. Mais bien évidemment, ce n’est pas le seul endroit où se décident les choses. Bien en amont, au moment de l’élaboration des avant-projets, nous discutons avec les différents cabinets ministériels et faisons valoir les positions des entreprises bruxelloises.

Sur quels sujets ?

Ils sont très variés. On parle de décisions économiques, d’emploi et de formation bien sûr. Mais aussi d’environnement, d’énergie, de mobilité et d’aménagement du territoire. Et puis aussi de fiscalité, d’égalité des chances ou de dossiers internationaux. Nous avons rendu par exemple des avis sur l’obtention facilitée des permis d’urbanisme, les aides aux entreprises pendant la COVID ou plus récemment la crise de l’énergie, le plan bruxellois d’inclusion des personnes LGBTQIA+, la promotion de l’électricité verte, les primes de formation en alternance, la taxation automobile intelligente… parmi beaucoup d’autres.

Être membre de BECI, c’est donc pouvoir peser sur ces différents sujets ?

Nous sommes en tous cas disponibles à la discussion avec chacun de nos membres. Même si des compétences clés demeurent au niveau fédéral, on n’imagine pas le nombre de choses qui impactent la vie des entrepreneurs, qui se décident au niveau régional et sur lesquelles nous pouvons relayer les opinions de nos membres, voire, lorsque cela est possible, les mettre directement en contact avec les décideurs. C’est là un de nos très grands atouts. Nous connaissons mieux que quiconque les arcanes institutionnelles bruxelloises, les individus qui comptent, les dynamiques politiques et les processus d’influence et de décisions. Et cela vaut aussi au niveau communal, où nous avons également de nombreux relais.

BECI dispose-t-elle encore d’autres leviers ?

Absolument. BECI participe à de nombreuses instances, où elle siège parfois au sein du conseil d’administration. Les décisions et actions de ces entités ont un impact direct sur les entreprises, leur environnement et leurs capacités de développement. CityDev, le Port de Bruxelles, Actiris, Bruxelles Formation ou HUB.Brussels sont au nombre de ces organisations où BECI peut se faire un écho influent de la voix de membres qui nous sollicitent.

En quoi le passage à une chambre 3.0 sertil votre fonction ?

Le rythme législatif est tel qu’il faut être très réactif pour être efficace. Pour répondre au mieux aux besoins de la communauté d’entreprises que nous représentons, nous devons être en mesure d’anticiper toutes les évolutions qui peuvent influencer le chiffre d’affaires mais aussi la valeur ajoutée de l’économie bruxelloise. En facilitant l’échange au sein et pour la communauté d’entreprise, BECI 3.0 nous permettra de mieux cerner les attentes des entrepreneurs et de répondre encore mieux à ce besoin d’anticipation. Concrètement, nous allons lancer une plateforme numérique et confidentielle où une centaine d’ambassadeurs pourront identifier et signaler des risques éventuels. La Communauté pourra dès lors réagir de manière proactive et interactive et adopter une position commune sur des sujets importants tels que la fiscalité ou encore la mobilité.

 

à propos de l’auteur

Philippe Beco, BECI Journalist

Partager